FLEUVES EUROPÉENS
NOMENCLATURE
Océan Glacial : Kara, Petchora.
Mer Blanche : Dvina, formée de la Vitches,'da et de la Soukhoiia.
Baltique : Rivières suédoises : Tornéa, etc., — Néva,— Duna, — Niémen, — Vistule, — Oder.
Mer du Nord : Glommen (Norvège), — Gotaelf (Suède), — Elbe, — Weser, — Rhin (voir, p. 64), — Meuse, — Escaut, — Tamise, — Humber, — Forth.
Manche : Somme, — Seine.
Mer d'Irlande : Mersey, — Clyde.
Atlantique : Shannon, — Loire, — Gironde,
— Douro,— Tage, — Guadiana,-Guadalqiiivir.
Méditerranée occidentale : Ebre, — Rhône,
— Arno.
Mer Trjrrhcniennc : Tibre.
Adriatique : Pô, — Adige.
Archipel -.y ■AxA'AX, — Maritza.
Mer Noire: Danube, — Dniester, — Dniéper. Mer d'Azov : Don, — Kouban.
Caspioine : Volga, — Olia, — Oural, — Manytch, — Térek.
Caractère général tic Fécoulemcnt des eaux: eu E^uroite.
— La ligne départage des eaux en Europe ne suit pas, comme on le supposerait en examinant certaines caries, une série de collines et de montaf^nes dominanttoutela péninsule et la partageant en deux versants, l'un du Nord-Ouesl, l'autre du Sud- Est. Laréalité est tout autre. Dans la plaine, les eaux hésitantes se sont souvent confondues ensemble avant de se diriger vers l'une ou l'autre mer. Dans les pays accidentés, elles se sont aménagé elles-mêmes leur écoulement, sans grand souci de l'inclinaison générale, cédant souvent à des obstacles insignifiants, plus souvent encore perçant et traversant les barrières montagneuses les plus élevées, au lieu de les tourner.
liCS fleuves aljiestres. — Si la masse alpestre est par son étendue, son élévation, l'abondance des eaux qu'elle reçoit, le véritable centre, le cœur hydrographique de l'Europe, les premiers fleuves européens, le Danube, le Pô et le Rhône, ressemblent à de grandes artères par oîi les eaux, qui sont le sang et la vie des continents, s'échappent du cœur vers les extrémités.
Le Rhin et le Rhône paraissent seuls naître en pleines Alpes (dans la région du Gothard) ; mais le Danube et le Pô n'en sont pas moins deux fleuves alpestres aussi, car leur source n'est pas seulement dans la Forêt-Noire (Danube), ou au mont Viso (Pô), mais dans toutes les fissures des grandes Alpes, oi!i quelque filet d'eau suintant d'une roche, s'échappant d'un glacier, .contribue à former quelqu'un de leurs affluents.
Ils sont même plus alpestres que le
Rhin et le Rhône ; le Rhin ne reçoit que les eaux du plateau suisse réunies dans le lit de l'Aar, et ses autres grands tributaires, le Main, le Neckar, la Moselle, ne viennent pas des Alpes : le Rhône, malgré l'importance de l'Isère et de la Durance, qu'alimentent les glaciers des Alpes du Dauphiné, doit une grande partie de son volume à la Saône et aux petits affluents qui s'échappent du massif central français.
Le Pô, au contraire, longe les Alpes au Sud pendant plus de la moitié de leur longueur, et du col de Genèvre au col du Brenner (p. 103), en reçoit toutes les eaux méridionales par le Mincio, l'Adige, etc.
De môme pour le Danube (p. 103), qui du Voralberg aux Balkans recueille toutes les eaux septentrionales des Alpes par le Lech, rinn, la Brave, la Save, etc.
v-,-^ Les fleuves de la moyenne Europe. — Les fleuves entièrement étrangers aux Alpes et qui sortent des hauteurs moyennes de l'Europe, sont la Garonne (rive droite) et la Loire, alimentées par le Plateau central français, — la Seme, — VEscaut, — les affluents moyens du Rhin, — le Weser, né dans les montagnes de la moyenne Allemagne, — l'Elbe, VOder, la Vistule et le Dniester, qui coulent il est vrai dans la plaine, mais qui viennent des montagnes de la Bohême ctdesKarpathcs; — la.Theiss et les tributaires transylvaniens du Danube, qui ont une grande analogie avec les tributaires allemands du Rhin.
Presque tous ces fleuves coulent vers le Nord, parce que les Alpes, très rapprochées de la Méditerranée ne lui envoient guère leurs eaux que par le Rhône, le Pô et le Danube, tandis qu'au Nord s'étend une large plaine oii de nombreux cours d'eau peuvent se donner carrière.
.yv~^ Lies fleuves de la pSalne.
— Les fleuves qui sont formés exclusivement par les eaux de la plaine, c'est-àdire les fleuves russes (Niémen, Néva, Duna, Volga, Don, Dniéper), se distinguent par la longueur, la sinuosité et la lenteur de leur cours. Presque tous aussi corncommuniquent soit ensemble, soit avec les fleuves de la plaine allemande et polonaise, Elbe, Oder, Vistule, par des marécages, des lacs ou des canaux qu'il a élé très facile d'établir; on pourrait aller aisément en bateau, de la mer du Nord à la mer Baltique et de la mer Blanche à la mer Noire et à la mer Caspienne. Ce réseau de navigation fluviale est le plus complet de l'Europe.
vv-vN. tiCS fleuves des îîes et des ïîrescfu'îles. — Parmi les îles, l'Angleterre seule possède une plaine assez large et reçoit assez d'eau du ciel pour avoir des fleuves véritablement utiles : la Tyjie, la Trent, la Tamise, la Serern.
Parmi les péninsules, la Scandinavie, trop abrupte, n'a que de longs torrents; l'Ralie et les Balkans n'ont que des plaines
étroites où le Tibre, le Vardar, la Maritza •ne sont que de très petites rivières: enfin le plateau espagnol ne reçoit pas? assez d'humidité pour que ses fleuves, sauf ÏÈbre, grâce aux Pyrénées, et le 'ruadalquivir, grâce à la Sierra-Nevada, soient autre chose que de grands filets d'eau.
•^^-^ Conclusion. — En résumé, l'Europe est trop petite pour pos-séder des cours d'eau comparables à ceux des autres parties du monde; mais, grâce à sa situation au milieu des mers, à la hauteur de quelques-unes de ses montagnes et à l'harmonie de son relief, ses voies fluviales sont, par l'abondance de leur débit et leur navigabilité, tout à fait appropriées aux besoins de l'homme. C'est là, parmi tant d'autres, une des raisons du grand développement de la civilisation européenne.
Le plus grand fleuve de l'Europe : le Volga ou la Volga. — La Volga dont le nom signifie en français • le fleuve Saint » et que les Russes appellent « la Mère » (Matouchka) a 3 800 kilomètres de long ; la superficie de son "bassin est de un million et demi de /diamètres carrés ; son débit moyen est de 4 300 mètres cubes par seconde. Le second fleuve de l'Europe, le Danube, avec une longueur de 1 000 kil. de moins (2 800 kil.) et un bassin presque moitié moindre en étendue (SOO 000 kil. car.), roule un volume d'eau deux fois plus considérable 9 000 m. c). La longueur de la Volga égale cinq fois celle de la Seine, son bassin est 19 fois plus vaste, et cependant son débit n'est que six. fois plus considéral)le que celui du fleuve français. Cette indigence relative de la reine des rivières moscovites tient à deux causes principales : elle coule constamment en plaine, et ne nait point comme le Danube, comme le Rhin, au cœur hydrographique de l'Europe, dans le grand Massif alpestre; elle traverse des régions continentales, au climat sec, et n'est point, comme l'artère du bassin parisien, abreuvée par des pluies fréquentes.
Elle sort du plateau marécageux de Vaklaï, à 65 mètres d'altitude à peine, et jusqu'à Kasan sa direction générale est celle de l'est. Enflée par le tribut de plusieurs lacs, elle franchit d'abord SSporojî ou seuils, qui d'ailleurs n'entravent pas la navigation ; à Tver elle est définitivement navigable et communique par divers canaux avec le versant de la Baltique. A Nijni-Novgorod, dont la foire est célèbre, elle s'unit à la grande rivière Oka longue de 1 500 kil., large de 1 300 mètres, qui vient du cœur même de l'ancienne Moscovie et dont l'affluent principal, la Moskova, arrose Moscou.
En aval de Kasan, dans une vaste dépression que ses alluvions ont comblée, la puissante Kania lui apporte les eaux limpides, les neiges fondues de la r'gionde l'Oural; dès lors, elle se dirige vers le sud, et comme elle ne reçoit plus aucun grand affluent, qu'elle traverse des contrées sèches et soumises à une active évaporation, le ■volume de ses eaux n'augmente pins sensiblement jusqu'à son embouchure. A l'orient, se déroulent les steppes plats et secs; sur sa rive droite au contraire elle longe, elle ronge des escarpements calcaires ou argileux, boisés et pittoresques qui, sur certains points, dépassent 300 mètres. Dans cette partie de son cours, elle arrose Samara et Saratov. A Tsaritzin commence son delta, à 500 kil. de la mer Caspienne ; à partir d'Astrakan, grande ville et marché central de toute la basse Volga, les iles, les bancs de sable deviennent innombrables : des canaux bordés d'herbages et d'arbres circulent en tous sens, mais il en est p;u de navigables. La Volga qui alimente en grande partie la Caspienne sans réussir à en maintenir lo niveau, lacomble aussi peu à peu. Elle est extraordinairement poissonneuse et fournitainsi à la nourriture de multitudes d'hommes. Ses crues printanières qui submergent tout le delta atteignent souvent 3 mètres.
EUROPE