‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 244 sur 339 · I.Stewariù · texte numérisé non relu

I.Stewariù

OEOUUAPUlJi GUwJilULt

OCÉANIE

l'or, el qu'elle l'eût entravé si ces deux pays étaient restés sous sa dépendance.

Celte rivalité n'est pas éteinte ; des lignes douanières séparent les six Etats; dans l'intérieur même de chaque colonie l'harmonie est loin de régner entre les divers territoires, et de nouvelles séparations sont probables.

Acti^'ité et puissance grénérales, — Malgré ces dissentiments, les États australiens se ressemblent par des caractères communs : — par leur fidélité envers l'Angleterre (loyalisme) — par leur esprit aclif et entreprenant, — par la hardiesse du colon à s'emparer du sol et à l'exploiter partout. En outre, la crainte de voir la France ou l'Allemagne mettre la main sur les archipels circonvoisins, fait actuellement taire les inimitiés réciproques; c'est aux frais communs des six Etats que le pavillon anglais a été planté sur les côtes Sud-Est de la Nouvelle- Guinée, et ils ne tarderont pas à former une confédération pour empêcher dans le Pacifique toute nouvelle conquête européenne.

L'Australie possède aujourd'hui plus de 8 000 kil. de voies ferrées et 40 000 kilomètres de télégraphes, y compris la grande ligne transcontinentale, longue de 3 379 kilomètres qui complète entre l'Angleterre et Adélaïde une ligne télégraphique de plus de 20 000 kilomètres.

La valeur totale du commerce a été, en 1S81, de 2 milliards 200 millions de francs, dont plus de la moitié pour l'exportation.

Déjà s'élèvent des villes qui s'intitulent les reines du Sud. Melbourne a 300 000 habitants, Sydney 22o 000, Adélaïde, 40 000.

En même temps que les agriculteurs, les pasteurs, les mineurs se disséminent sur les vastes surfaces de l'intérieur.

Secondée par l'importation de travailleurs chinois, et surtout par l'émigration allemande devenue considérable dans les colonies du Sud, la race anglo-saxonne, a fondé aux antipodes un empire nouveau qui témoigne à la fois de son génie et de sa vilahté.

Originalité de la flore et de la faune australiennes. — On retrouve dans ce continent dont le» plantes et les animaux forment une sorte de règne à part,quelqucs espèces analogues à celles du monde ancien et du nouveau monde ; mais beaucoup y sont entièrement inédites. Si la plupart de ses acacias ressemblent aux ndltea^V Eucalyptus est purement australien. Un des caractères les plus singuliers de cet étrange pays, c'est qu'avant l'arrivéo des Euro- ^r-ens, tous l';8 animaux supérieurs y manquaient : i\ a fallu y introduire le cheval, l'âne, le bœuf, le rnouton, la chèvre, le chien, etc., qui, du reste, s'y sont propagés à merveille. Mais l'Australie possède en propre : le kangourou qui porte ses petits vivants dans une poche, sous le ventre, le rfa.sy«re Carnivore, ou chat indigène, l'ai ou paresseux qui ressemble au Bingii, mais est fort loin d'en avoir l'agilité, le casoar, Bcrte il'iiutrue/ie, Voruil/ior/iynque qui a quatre pattes et un bec de canard. Les perroquets différents de ceux d'Amérique ou d'Afrique y sont très nombreux et remplissent certaines forets de cris asdourdissaiits.

Les minéraux de l'Australie.

■w^A, Importance de l'or dans le développement des colonies australiennes. — C'est l'or qui a fait la fortune de l'Australie, moins en renrichissant qu'en la faisant connaître et en y attirant à Dots les émigrants.

L'exploitation aurifère, bien que très productive encore, a cessé d'être la principale industrie du pays ; elle est aujourd'hui reléguée au second rang par les industries agricoles, surtout l'élevage des bestiaux; mais c'est elle qui a suscité toutes les autres, et donné ainsi l'essor au plus jeune des empires coloniaux de l'Angleterre,

vN,vx Production de l'or. — En 1851, un certain Margraves découvrit le long d'un affluent du MacgMane un gisement aurifère large de 160 kilomètres et en proposa l'achat au gouvernement.

Bientôt après, on trouva à Bathurst deux pépites de 300 livres contenant 160 livres d'or pur. A la fin de l'année 50000 chercheurs d'or étaient à l'œuvre : l'émigration se porta en masse vers le pays de Victoria, cette nouvelle Californie, et dans le seul mois de décembre 1852, 152 vaisseaux amenèrent à Port-Philipp 12 000 passagers.

Cette année-là on exporta pour 400 millions d'or. La production se développa encore l'année suivante par la découverte de gisements nouveaux : elle fut de 500 millions.

Maisdeux causes la firent bientôt diminuer; d'une part les alluvions fluviales où la recherche se fait facilement et à peu de frais s'épuisaient; d'autre part, l'abandon de tout autre travail produisait une telle augmentation dans le prix des vivres, qu'un grand nombre quittèrent peu à peu les mines pour revenir à l'agriculture et au commerce ordinaire.

Dans la Nouvelle-Galles et Victoria, la valeur de l'or produit en vingt-sept ans, de 1851 à 1878, a été de 5618750000 dont 4 806 250 000 pour Victoria seulement, qui possède les riches mines de Ballarat.

Dans Queensland où l'or fut découvert en 1857, et dont les mines de Gympie, trouvées en 1867, sont comparables à celle de Ballarat, la production de l'or a été de 135 millions en quinze ans (1860 -1875). Depuis, en une seule année (1878), elle s'est élevée à 30 millions, et il est probable qu'elle se développera encore.

Exploitation de l'or. — On rencontre l'or en Australie, tantôt à la surface du sol, tantôt dans des alluvions profondes ; mais le plus souvent il faut l'extraire des masses rocheuses du quartz .

Les premiers chercheurs d'or, travaillant isolément ou réunis en petites associations semblables à celles de la Californie, eurent bientôt récolté tout l'or superficiel et épuisé les alluvions par le lavage. Il fallut alors attaquer la roche : cette nouvelle exploitation, entraînant des frais considérables, fit passer la recherche de l'or entre les mains de com- ]ingnies puissantes qui s'en occupent seules aujourd'hui, môme dans les pays comme (Jucenslund où le quartz; est à peine entamé.

vCoiidiiite avec méthode et dirigée par des procédés scientifiques, la recherche de l'or n'excite plus la fièvi'e des premiers jiurs et n'attire plus la foule des aventuriers ; elle n'en

donne pas moins des résultats presque aussi satisfaisants qu'aux premiers jours.

En 1866, il y avait 2 029 filons dor exploités dans le quartz, et ils occupaient une superficie de 2 030 kilomètres carrés. Ces filons sont plus ou moins riches: généralement leur rendement baisse d'année en année, mais, comme leur nombre s'élève, la production atteint toujours des chilfres considérables : diminuant dans Victoria, elle augmente dans la Nouvelle-Galles et dans Queensland, et n'est pas près de cesser.

Le cuivre etl'étain. — L'Australie du Sud est fort riche en cuivre. Les mines exploitées sont dans le voisinage du golfe de Saint- Vincent (Burra-Burra, Wallaroo, etc.) ; d'autres, plus au Nord, forment la réserve de l'avenir.

L'exportation de cuivre, métal et minerai a été en 1874 de près de 20 millions de francs. Vétain est exploité dans Queensland et dans la Tasmanie. Queensland en a exporté en 1878 pour plus de 2 millions, et la Tasmanie, en 1876, pour 2 500 000 fr.

La houille. — Un des plus puissants éléments de prospérité de l'Australie, et dont l'exploitation survivra certainement à celle de l'or, c'est la houille.

On n'a commencé à l'exploiter dans la Nouvelle-Galles qu'en 1863, et depuis, sa production s'est considérablement développée. En 1878, 28 mines ont produit 1500 000 tonnes valant 23 millions. Les deux tiers en ont été exportés dans la Nouvelle-Zélande, dans les autres colonies australiennes, dans la Malaisie et jusqu'à Chang-ha'i (Chine).

Tant que les gisements chinois et ceux de Bornéo ne seront' pas exploités sérieusement, il est certain que Newcastle d'Australie sera le grand marché houiller de l'extrême Orient et du Pacifique.

Les explorations australiennes.

Caractère particulier de ces explorations. — Située presque aux antipodes, la jeune Australie ne pouvait exercer sur les Européens la même attraction que notre vieille voisine l'Afrique. Son exploration, commencée en ce siècle même, est presque exclusivement l'oeuvre de voyageurs que leurs choix ou leur naissance avaient faits Australiens.

Qu'y avait-il derrière les côtes bordées de montagnes où s'étaient fondées les premières colonies ? L'intérieur était-il peuplé ? Ofifrait-il à l'agriculture des terres nouvelles, au commerce, à l'industrie, des débouchés ou des aliments nouveaux? Ces problèmes australiens n'ont tenté que les fils de l'Australie. Ceux-ci ont d'ailleurs travaillé à les résoudre avec opiniâtreté, et, bien que l'intérêt ait eu plus de part que la science dans leurs entreprises, ce n'en est pas moins un beau spectacle que cette lutte de quatre-vingts ans contre l'inconnu austral qui a dû livrer à la longue et un à un tous ses secrets importants.

•wv^ Le Murray et ses affluents. — Sydney, premier établissement de la colonie (1788), fut naturellement le point de départ des premiers voyageurs; les officiers qui accompagnaient le capitaine Pliillipp firent des levés topographiques dans la basse vallée Je la rivière Hawkesbury ; mais on s'en tint là pendant longtemps : les difficultés de la haute vallée et l'étrangeté de la nature australienne

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