‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 250 sur 339 · LA DÉCOUVERTE DE L'OCEANIE · texte numérisé non relu

LA DÉCOUVERTE DE L'OCEANIE

Fig. 92. 1. Malais. 2. Colon. 3, 4. Australien

mentnoirs et leur prognathisme est plusprononcé encore que celui des nègres africains.

Les Australiens. — Au dernier degré végètent les Australiens. Tous ne ressemblent pas cependant aux misérables créatures que les Anglais ont trouvées sur les côtes et que le contact d'une civilisation trop forte a presque tous fait disparaître.

Les Australiens de l'intérieur sont grands et forts, ils savent se fabriquer quelques vêtements et même se tatouer; au lieu de trous dans le sable, de grottes ou de huttes en branchages, ils habitent des tentes d'écorces ; ils ont inventé le célèbre boumerang , instrument tranchant qui revient à celui qui l'a lancé après avoir atteint son but; ils construisent des pirogues et pèchent, tandis que les Australiens des côtes se contentent des cadavres rejetés sur les plages.

Enfin, et c'est là surtout la différence capitale, ceux des côtes ne connaissent même pas la famille; ceux de l'intérieur au contraire vivent en tribus dont les territoires sont bien limités, et ils ont pu quelquefois opposer de sérieux obstacles aux explorations des Européens.

La découverte de l'Océanîe.

La Malaisie : Portugais, Espagnols, Hollandais. — Les premières terres océaniennes qui aient été suffisamment connues des Occidentaux sont les 'plus proches de l'Asie, celles du grand archipel malais, vestibule du monde australien.

Les moussojis qui avaient mis de bonne heure en rapport les côtes de l'Inde et l'Afrique orientale, favorisèrent aussi les relations des îles malaises avec la Chine et l'Inde. Les Arabes, ayant pris pied aux îles de la Sonde, y apportèrent le mahométisme, y recueillirent les précieuses «f/jîces, poivre, cannelle, clou de girofle, muscade, etc. Les Portugais n'y arrivèrent qu'à leur suite.

Albitquerque y parvint en 1510, tandis que ses lieutenants visitaient les Moluques. Peu de temps après, grâce à la découverte de l'Amérique, la Malaisie fut abordée par l'Est: en 1521, Magellan, après avoir traversé tout le Pacifique, débarqua aux Philippines, et, dans le même siècle, tandis que les Portugais continuaient à multiplier leurs comptoirs, et à découvrir des terres nouvelles (Célèbes en 1535, Bornéo en 1526), les Espagnols partis de la côte occidentale du Mexique, s'établirent

sur l'autre rive du grand Océan, dans les Philippines, en 1568.

La conquête hollandaise commença à dégager la carte de la Malaisie du vague oii l'avaient volontairement laissée les Portugais.

Toutefois la compagnie hollandaise des Indes orientales fit peu pour la géographie ; lorsqu'elle eut été dissoute en 1798, et que le traité de 1821 avec l'Angleterre eut assuré à l'État hollandais la possession de la Malaisie, la véritable conquête politique commença, et, avec elle la conquête géographique. D'innombrables voyageurs y ont cris part; la plupart sont des Hollandais.

L'Australie : Tasman, Cook, Flinders. — Avant que l'Afrique eut été doublée on se figurait qu'elle rejoignait au Sud une terre immense étendue surl'hémisphère austral; lorsque le doute sur ce point ne fut plus possible on donna encore à la terre australe inconnue des dimensions gigantesques, car on s'imaginait que l'équilibre du globe ne pouvait exister si les continents du Nord n'avaient au Sud un mutile poids.

Dans la première moitié du seizième siècle beaucoup de navigateurs prétendirent avoir aperçu les côtes mystérieuses. Le premier qui y ait abordé est le portugais Godinho de Eredia, qui, en 1601, toucha au cap Van Diemen.

Grâce au voisinage de la Malaisie, la côte septentrionale de l'Australie resta moins longtemps inconnue que les autres. Le contour en était à peu près déterminé lorsqu'en 1506 l'espagnol Torrès trouva le détroit qui porte son nom.

En 1641, Abel Tasman après avoir découvert la Tasmanie, extrémité méridionale de l'Australie, relia, au retour, par un périple complet toutes les découvertes partielles faites avant lui.

Un siècle après, Cook rendit à la géographie le même service pour la côte orientale (1770). Tasman et lui ont eu l'honneur de déterminer dans ses grands traits le profil des rivages australiens.

Le plus illustre de leurs successeurs est l'anglais Flinders. En 1798, il montra que la terre de Van Diemen (Tasmanie) était isolée ; en 1802, il reconnut qu'il n'y avait pas, comme on l'avait supposé de communication maritime entre les golfes du Sud et celui de Carpentarie, et que l'Australie n'était bien qu'wwe seule masse continentale. (Pour l'exploration de l'intérieur de l'Australie, voir (p. 178).

Les iles du Pacifique : Cook. — Dès 1513,

Balboa avait, le premier de tous les Européens, contemplé des côtes de Panama l'immensité du Pacifique ; Magellan y avait lancé bientôt après son navire et y avait rencontré l'archipel des Mariannes.

Beaucoup d'autres l'y avaient suivi, venus soit de l'Ouest soit de l'Est ; on s'était d'abord préoccupé de la route entre les Philippines et le Mexique, et l'exploration de l'hémisphère nord n'avait fourni que de rares découvertes.

Puis vint le tour de l'hémisphère sud beaucoup plus riche en îles, et, vers le milieu du dix-septième siècle, après le voyage de Tasman à la Nouvelle-Zélande, sauf les îles Sandwich, celles des Navigateurs, l'archipel Viti et la Nouvelle-Calédonie, il n'était guère de terre océanienne qui n'eût été vue et nommée.

Mais leur place n'avait pas été déterminée scientifiquement; il fallut les découvrir de nouveau. Cook y contribua plus que personne par ses trois voyages.

Dans le premier (1768-71), il visita l'île de Taïti et l'archipel de la Société, fit le périple de la Nouvelle-Zélande, vit le détroit qui en sépare les deux grandes îles et poussa jusqu'à l'Australie,

Dans le second (1773-74), il redécouvrit les Marquises, les îles Tonga et les Nouvelles-Hé brides, et le premier aperçut les îles Heney et la Nouvelle-Calédonie.

Dans le troisième (1777-78) il pénétra au delà du détroit de Kéring, dans l'océan Glacial, et il explora plus complètement les îles Tonga et aborda aux îles Sandwich, où il fut assassiné. «•

Les voyageurs du dix-huitième siècle. Lapérouse, D'Entrecasteaux, et Vancouver, du dixneuvième comme Duperrey et Dumontd'Urville n'ont eu qu'à suivre l'exemple de Cook, car le grand navigateur était aussi un savant : il n'avait pas seulement fixé la carte de ses découvertes, il avait toujours su joindre à ses observations nautiques l'étude de l'ethnographie et de l'histoire naturelle.

L'œuvre des géographes est en grande partie termmée; leur tâche consiste surtout aujourd'hui à surveiller le travail des coraux ou les mouvements volcaniques. Celle des naturalistes et des aathropologistes continue, elle a valu unepart de leur illustration à des hommes comme l'Anglais Darwin et l'Autrichiea Hochstetter. Que de précieuses révélations la faune, la flore, les races indigènes de l'Ccéanie réservent encore à la science 1

Page 1