‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 257 sur 339 · LE SAHARA · texte numérisé non relu

LE SAHARA

NOMENCLATURE PHYSIQOE

Latitude. — Bengale, Tonkin, golfe du Mexique, grandes Antilles.

Longitude. — Europe centrale et occidentale.

Climat. — Grande s(fcheresse. Chaleur extrême le jour, nuits parfois très froides.

Montagnes. — Plateaux du Ahaggar et de Tassili ; — monts Tummo et Tarso.

Dépressions au-dessous du niveau de la mer. — Chott Melrir, cO m., oasis d'Adjila, 52 m.; de Siouah 29,

Rivières desséchées. — Oued Draa, oued Rhig formé de ''oued Miah et de l'oued Igharghar.

Oasis. — Tafilet, Figuig, VouedRhig, le Mzab, Ghadamès, Ghat, Mourzouk, Koufra.

NOMENCLATURE POLITIQUE

Superficie. — Toute la région physique à laquelle s'applique le nom de Sahara a une superficie d'environ 9160 000 lui. car. (Eu rope : 10 millions).

Divisions politiques. — 1» Les côtes au Sahara sur la Méditerranée forment le vilayet turc de Tripoli. — Capitale : Tripoli (aO), port important, centralisant le commerce des caravanes.

2° La partie septentrionale du Sahara dépend de VÉgypte (oasis de Siouah) ; — de Ti-ipoli (oasis d'Audjila, de Koufra, de Mourzouk, de Ghadamès) ; — de l'Algérie (oasis de l'Oued Rhig, du Mzab); — du Maroc (oasis d'Aïn-Salah et du Tafilet).

3° Le centre est peuplé pardes tribus mahométanes indépendantes, pour la plupart nomades : les Tihbous, dans les oasis des monts Tarso et deBilma; — les Touaregs, dans le oasis de Ghat et de l'Aïr; — les Maures, dans l'oasis d'Adrar.

Population totale du Sahara. — Environ 3 millions d'habitants.

Commerce. — Le commerce se fait par caravanes, qui vont du Soudan à la Méditerranée, ou vice versa, en traversant le Sahara; les principales étapes sont celles AUn-Salak et du Tafilet, par où l'on va au Maroc et en Algérie; de Ghat, de Ghadamès et de Mourzouk, par oii l'on va à Tripoli.

-^.^ Zone tles ilésci*ts« de Tancîcii continent. — Les déserfs de l'ancien continent s'étendent transversalement siii' la surface de TAfriiiiie et de l'Asie depuis l'océan A[lanti(jue jusqu'au golfe de Petchili.

Le Sahara, VArabir, Vîran, l'Asie centrale forment, au Nord des péninsules méridionales de l'ancien continent, une zone stérile que n'arrosent ni les pluies péi iodiques des régions équatoriales, ni ies pluies inlotrnillcntes des régions tempérées. L'absence de pluies a déterminé la

formation du plus vaste désert qui existe à la surface du globe, le Sahara.

■-/w^ Tua. vérité sni* le Sïibara.

— Le Sahara n'est pas, comme on l'a cru longtemps, le fond d'une ancienne mer desséchée. Les dunes de sable ne couvrent guère que les régions les plus voisines du massif de l'Atlas, c'est-à-dire la dixième partie environ du Sahara tout entier.

Le soleil, la gelée nocturne, la rosée désagrègent les rocbes; leurs débris emportés par le vent s'accumulent en dunes; mais sous ce sable on retrouve un terrain solide.

Enfin le désert n'est pas absolument dépourvu de toute autre végétation que celle des oasis* (fig. 93), etc'est lesa6/e, qui, dans le Sahara, comme dans nos landes de Gascogne, conserve le plus longtemps l'humidité et nourrit la végétation la moins rare.

Fig. 93. — Une oasis dans le Sahara algérien.

-^-^ lie relief du Saliara. —

Toutes les erreurs accréditées autrefois sur le Sahara ont été dissipées grâce aux nombreuses explorations qu'a suscitées la conquête de l'Algérie.

Le Sahara est, au point de vue durelief, un pays comme un autre ; il a ses montagnes, ses plateaux, ses vallées, et même ses rivières, bien que le lit en soit le plus souvent à sec.

Nulle part son niveau n'est inférieur au niveau de la mer ; on avait cru à l'existence d'une dépression entre le cap Bojador et Tombouctou, le voyageur autrichien OscftrLe?i3(IS80)a détruit cette hypothèse.

Le Sahara forme un vaste plateau d'une hauteur moyenne de 300 mètres. Relié par de hautes terres aux massifs berières, vers la frontière du Maroc et de l'Algérie, il est séparé de ces massifs à l'Ouest, par la vallée de VOued-Draa, à l'Est, par la dépression des cholts cdgériens et tunisiens, dont le fond est au-dessous du niveau de la Méditerranée.

Il s'étend (ont d'une masse, — vers l'Ouest où il s'avance dans l'Allantiqne, avec les dunes du cap Blanc, — vers le Nord, oii il ne laisse sur la côle do Tripolitaine qu'une étroite lisière d'oasis, — vers l'Est, où il est coupé par la vallée abrupte du Nil et par la faille plus large

mais tout aussi brusque de la mei Rouge.

Le centre du plateau est le massif granitique du Ahaggar qui a des cimes de 2 000 à 3 000 mètres, quelquefois couvertes de neige tout l'hiver: ce massif se prolonge vers le Sud-Est, dans la direction de l'Abyssinie, parles monts Tibesti (2 000m.).

lies eaux du Sahara.. — Si cette immense surface de près de iO millions de kilomètres carrés, égale à celle de l'Europe, est un désert, cela ne tient pas à la nature propre du sol, mais à la sécheresse de l'atmosphère. Avec des pluies plus fréquentes et plus régulières, le Sahara serait aussi fécond que la plupart des pays tempérés.

Autrefois, avant les déboisements qui l'ont dénudé, il pleuvait abondamment dans le Sahara et les eaux alimentaient des fleuves dont il ne reste plus aujourd'hui que les lits desséchés, comme celui de Voued Igharghar, affluent des chotts algériens.

Encore ces fleuves ne sont-ils pas tout à fait indignes de leur nom : sous les sables que les vents roulent en dunes vers le Sud-Ouest, l'eau circule en nappes abondantes.

Les indigènes savent depuis longtemps creuser des puits dont les eaux jaillissantes viennent donner la vie a.uxpalmiersdattiers des oasis.

Depuis la conquête de l'Algérie par la France, le forage de ces puits se fait mieux et plus rapidement : l'ancien lit de Voued Rhig s'est couvert d'oasis nouvelles : les taches noires des flots de palmiers et de jardins tigrent comme une peau de panthère la surface fauve du Sahara algérien.

vwv. Lia végrétatîoii du Saliai*a.

— La végétation des oasis n'est pas la seule qui verdoie dans le désert : il y a, il est vrai, beaucoup de hamadas, plateaux pierreux absolument nus, et personne n'a pu traverser les mornes solitudes du désert deLibye;ma.\sïE7'g, région des dunes présente souvent l'aspect d'un steppe plutôt que celui d'un désert.

Non seulement les orages accidentels font naître une flore éphémère qui fleurit et fructifie en quelques jours, attendant qu'une pluie nouvelle vienne féconder ses graines, mais Valfa couvre les hauts plateaux, le driss, sorte de chiendent, fixe la surface mobile des sables, le jujubier épineux pousse dans les vallées, et ses buissons protègent la croissance dn pistachier sauvage, seul arbre du désert.

Le Sahara enfin est, en bien des endroits, un lieu de pâturage où les gazelles, les moutons et les chameaux trouvent une nourriture suffisante.

Populations et commerce du Sahara. — Aussi le Sahara n'est-il pas seulement une arène ouverte aux Tûuare<^ nomades, mais sur les 3 millions

LE SOUDAN

d'habitants environ qui y vivent un grand nombre sont sédentaires.

Tandis que les Touareg sont les pirates du désert que traversent tous les ans d'innombrables caravanes, reliant les marchés du Soudan aux pays méditerranéens, les Mzahites, au contraire , descendant peutêtre des habitants prijnitifs, sont répandus dans presque toutes les oasis ; ils centralisent entre leurs mains et dirigent le commerce de transit.

De Tombouctou et du lac Tchad, les caravanes se dirigent vers Ghat et Mourzouk et de là vers Ghadamès, Tunis et surtout Tripoli; ou bien par In-Salah, au pied du Ahaggar, elles vont au Tafilet et au Maroc.

La conquête de Y Algérie et l'interdiction de la traite des nègres les ont écartées en grande partie d'El Golea et de Ouargla, routes d'Alger autrefois très fréquentées. La France essaye aujourd'hui de réagir contre cet éloignement du commerce, elle a même songé à la construction d'un chemin de fer transsaharien, mais le massacre de la mission Flatters ne peut plus laisser de doute sur les dispositions hostiles des Touareg, et a éloigné pour longtemps la réalisation de cette idée.

•^■^ Conclusion. — En résumé, le Sahara n'est pas une plaine sablonneuse, il est possible en mainte région d'y faire revenir l'eau à la surface du sol, et il y pousse d'autres plantes que les dattiers des oasis. Le plus grand obstacle à la traversée du désert, est moins son aridité qu'on a souvent exagérée, que la barbarie et les habitudes de pillage de quelques mifliers de nomades.

Les Touareg (au singulier : Targui). — Les Touareg, désormais fameux par le massacre de la mission Flatters, sont les maîtres du Sahara. Us surveillent, le désert, toujours prêts à rançonner les caravani ou à les détrousser si elles résistent, fermement décidés à écarter toute influence étrangère qui ruinerait leur industrie et troublerait leur indépendance farouche. 11 y a chez eux plusieurs classes : les marabouts, personnages sacrés descendants de quelque saint ou du prophète lui-même, les nobles ou guerriers, les tributaires, les serfs, les esclaves. La vraie profession du Targui est la guerre. Il est monté sur un dromadaire de course ou méhari et, assis à califourchon près de son cou, il le gouverne avec ses pieds nus; il est vêtu de cotonnade bleu foncé; un voile noir couvre sa figure, ne laissant voir que ses yeux étincelants ; il est armé d'un sabre, d'un poignard, d'une lance et d'un boucher de bois recouvert d'une peau d'antilope.

En dehors de leurs occupations militaires, les Touareg sont aussi des politiques habiles et même des négociants avisés. Ils courent sans cesse le désert pour surveiller leur nombreuse clientèle, et ils font valoir leurs troupeaux de chameaux en les employant à des transports de marchandises. La femme noble a chez eux une certaine influence; elle s'occupe de l'éducation de ses enfants, reçoit elle-même quelque instruction et connaît la musique. A l'occasion elle donne son avis dans les cas difficiles. La France sera tôt ou tard obligée d'entrer en rapports avec les Touareg; ils auraient tout intérêt à devenir sous notre suzeraineté les gardiens de la paix publique du Sahara ; mais ils ne se laisseront persuader que par la force et jusqu'ici c'est leur duplicité féroce qui l'a toujours emporté.

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