V. — MERS ET COTES
■'^'^ Situation et avantages maritimes de la France. — Au point de vue maritime, la France est le pays le plus heureusement sitxié de la péninsule européenne : elle est baignée à la fois par la Méditerranée et par l'Océan, ce qui n'est le cas ni de l'Allemagne, ni de l'Autriche, ni de l'Italie. La percée de la Manche et du Pas de Calais, à une époque géologique relativement récente, a plus que doublé l'étendue primitive des côtes océaniques de la France; et elle a ouvert en quelque sorte à notre pays une fenêtre sur la mer du Nord, ce qui la rapproche des pays Scandinaves.
La France a la partie la plus large de la Méditerranée et la partie la plus libre de l'Océan , entre ces deux mers, elle possède les routes transversales les plus courtes de l'Europe, celle du Havre à Marseille, et celle de Bordeaux à Narbonne. Elle est donc, sans conteste, la puissance continentale qui jouit de la situation maritime la plus favorisée.
■"■'^ Nature des côtes. — Los Pays- Bas français. — Si de l'ensemble on passe au détail, on voit que la configuration des côtes de la France résulte de la nature même du relief du sol. En effet, lorsque le littoral est un pays de plaines, celles-ci sont basses et se prolongent sous la mer en pente douce ; de là, peu de profondeur. Si, au contraire, le littoral est un pays de montagnes, celles-ci descendent plus ou moins rapidement dans la mer; elles forment des falaises ou des anfractuosités rocheuses bordées seulement de plages étroites, et les grandes profondeurs ne sont pas éloignées du rivage.
En partant de la frontière belge, on longe d'abord une partie des départements du Nord et du Pas-de-Calais qui n'est que le commencement occidental de la grande plaine maritime où s'étendent l'Allemagne du Nord , la Hollande et une partie de la Belgique. Comme dans ces divers pays, la côte française de la mer du Nord jusqu'à Calais est extrêmement basse et bordée d'une zone tort large, que le flux couvre et que découvre le reflux. Ce sont à proprement parler les Pai/slias français, tourbières et dunes, que des levées faites de main d'homme protègent contre les hautes marées. Autrefois la mer y avait fait des ravages semblables à ceux des côtes de Hollande et de Frise (carte, p. 123); elle pénétrait jusqu'à Saint-Omer.
Côtes d'Artois et de Picardie. — Au delà de Calais, Véperon septentrional des collines calcaires de l'Artois forme les caps Blanc-Nez, Gris-Nez et abrite en partie Boulogne, puis les dunes delà côte picarde s'allongent vers le sud jusqu'à l'embouchure de la Somme : rivage monotone et sans ports, où la zone que couvre le flux et que découvre le reflux, Vest7-an, est parfois large d'un kilomètre.
■^^^ Côtes du pays de Caux et de Normandie. — Entre la Somme et la Seine, le plateau du pays de Caux tombe à pic sur la Manche, en falaises hautes de 6U à 8U mètres; la mer les ronge par la base, les fait reculer et emporte leurs débris écroulés vers le Pas de Calais et la mer du Nord.
C'est seulement après cette côte impropre aux grands établissements maritimes, que l'embouchure de laSe^we apermis l'installation d'un grand port, le Havre.