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CHAPITRE XVII

CHALEUR SOUTERRAINE. — SA PUISSANCE DÉMONTRÉE PAR LES ONDULATIONS DE L'ÉCORCE TERRESTRE.

MOUVEMENTS LENTS DE L'ÉCORCE TERRESTRE DANS LES TEMPS HISTO- * RIQUES. — VOIES ET TEMPLES ROMAINS SUBMERGÉS DANS LA BAIE DE BAÏES. — TEMPLE DE JUPITER SÉRAPIS. — SINGULIER ÉTAT DE SES COLONNES. — PREUVE D' AFFAISSEMENT ET D'EXHAUSSEMENT SUBSÉ- QUENT. — MARQUES d'un SECOND AFFAISSEMENT QUI s'EFFECTUE AC- TUELLEMENT. — ^^ EXHAUSSEMENT GRADUEL DE LA CÔTE DE SUÈDE. — EXPOSÉ SOMMAIRE DES PREUVES DE CE FAIT. — AFFAISSEMENT DE L'ÉCORCE TERRESTRE SUR LA CÔTE OCCIDENTALE DU GROENLAND. — RÉCAPITULATION.

Jusqu'ici, nous avons parlé des changements produits dans récorce terrestre dans les temps modernes, par des convulsions violentes et soudaines. Mais il est des phénomènes bien connus du géologue, dont il n'est pas possible de se bien rendre compte, à moins de supposer que la surface de la terre ait été souvent élevée et déprimée dans les temps anciens, sans aucun choc brusque, mais par un mouvement lent et presque insensible. Aussi ces ondulations entrent-elles pour une grande part dans la théorie générale de la géologie que nous avons essayé d'esquisser et de démontrer. On peut donc nous demander s'il nous est possible d'appuyer cette partie de notre système sur des exemples de phénomènes semblables datant de la période historique. En réponse à cette question, nous nous efforcerons d'établir, aussi brièvement que possible, quelques-unes des

preures que ron a récemment découvertes sur ce sujet et qui ne nous paraissent pas moins concluantes qu'elles sont intéressantes et inattendues.

Dans la baie de Baïes, à l'ouest de Naples, deux anciennes voies romaines sont actuellement reconnaissables au-dessous des eaux qui les recouvrent perpétuellement jusqu'à une distance considérable. Dans le même voisinage se voient aussi les ruines d'un temple de Neptune et d'un temple des Nymphes, tous les deux également immergés. « Les colonnes du premier édifice reposent debout à l^'^ôO sous l'eau, et leurs parties supérieures atteignent juste le niveau de la mer (1). » On suppose que les piédestaux de ces colonnes sont enterrés dans la vase. De l'autre côté du golfe de Naples, près de Sorrente, « on a découvert une route avec quelques fragments de constructions romaines, à une certaine profondeur sous la mer (2) ». Dans l'île de Capri, à l'entrée de la baie de Naples, l'un des palais de Tibère est également sous l'eau. Il est donc clair que le sol s'est affaissé en cet endroit sur un espace considérable, puisque ce qui est maintenant le lit de la mer était, du temps des Romains, une terre ferme, traversée par des routes et enrichie de constructions. Que cet affaissement ait été lent et graduel, c'est ce qui résulte en partie de l'absence de tout récit et de toute tradition concernant la convulsion soudaine qui eût produit un tel changement, et en partie aussi de ce que les monuments eux-mêmes ne sont ni ébranlés, ni dérangés en aucune façon.

Mais cette conclusion, qui s'adapte si bien à notre objet, semble donner lieu à une difficulté très .sérieuse. Car, tandis

(1) Principes de Géologie^ t. II, p. 226.

(2) Ihid,, p. 227

que ces anciens monuments témoignent que le sol s'est affaissé dans cette localité, la structure de la côte, interprétée d'après les principes géologiques, indiquerait au contraire que Técorce terrestre s'est exhaussée. Il est actuellement, tout près de la mer, dans la baie de Baïes, une étendue basse et unie de terrain fertile, et à une petite distance dans l'intérieur des terres, une haute rangée de falaises escarpées, hautes de 25 mètres et parallèles à la côte. Cette plaine fertile, située entre le rivage et les falaises perpendiculaires, est élevée de six mètres environ au-dessus du niveau de la mer et composée de dépôts régulièrement stratifiés où abondent des coquilles marines d'espèces récentes, en même temps que des produits du travail de l'homme, tels que tuiles, pavé en mosaïque, fragments de briques et ornements sculptés. Appuyé sur ces faits, un géologue prononcerait sans hésiter : premièrement, que les eaux de la mer ont baigné le pied des falaises depuis que ie district de Naples est habité par l'homme; secondement, que les strates dans lesquelles nous trouvons maintenant les coquilles marines récentes et les traces du travail humain furent formées, à cette époque, par voie de dépôt au fond de la mer, et troisièmement, que dans un temps postérieur, par suite d'un exhaussement du sol, ces strates furent relevées de manière à former cette plaine où florissent maintenant l'agriculture et les arts.

Ne semble-t-il pas qu'il y ait ici contradiction flagrante entre les conclusions de la géologie moderne et celles qui se tirent nécessairement de l'état des anciennes constructions romaines ? Sans doute, elles s'accordent sur ce point, qui est précisément celui que nous voulons démontrer, que le sol a éprouvé des changements de niveau, dans les temps récents, sur les rivages de la baie de Naples ; mais si Ton s'en tient au témoignage des temples ro-

mains, actuellement submergés, ce changement a consisté dans un mouvement d'affaissement y tandis que, d'après les conclusions de la théorie géologique, il y a eu exhaussement Cette contradiction apparente semble réclamer un éclaircissement.

Si Ton était réduit, sur cette matière, à de simples conjectures, on pourrait présenter Thypothèse suivante comme une solution raisonnable. On pourrait supposer que depuis l'Empire romain, il y a eu deux mouvements successifs de Técorce terrestre dans le voisinage de Naples : d'abord un mouvement d'aflPaissement, par lequel les anciennes voies et les anciens temples romains furent plongés à une profondeur considérable sous la mer, puis un mouvement d'exhaussement, par lequel les strates marines furent relevées. Si ce second mouvement fut exactement égal au premier, il est clair que routes et édifices furent replacés à leur premier niveau. Mais supposons que l'exhaussement ait été un peu moins considérable que l'affaissement antérieur, alors ces routes et ces édifices resteront encore submergés, comme ils le sont réellement, sous quelques pieds d'eau. A l'aide de cette hypothèse, il n'y a plus contradiction, mais harmonie parfaite entre les deux classes de phénomènes.

Mais nous ne sommes pas dans la nécessité de recourir à des hypothèses. Il est maintenant démontré, en effet, par un genre de preuve extrêmement curieux, que l'écorce terrestre, à l'intérieur et aux environs de la baie de Baïes, a été successivement déprimée et soulevée depuis le troisième siècle de l'ère chrétienne ; bien plus, que l'affaissement, dans le premier cas, fut plus considérable que l'exhaussement subséquent. Près de Pouzzole, sur la plaine qui, comme nous l'avons dit, s'étend entre la mer et la haute rangée de falaises intérieures, se trouvent actuellement les ruines d'un splendide édifice romain, ordinairement appelé le

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310 GÉOLOGIE ET EÉVÉLATION.

temple de Jupiter Sérapis, bien que, selon quelques écrivains, ce ne fut pas un tepiple, mais un établissement de bains publics. Ces ruines attirèrent pour la première fois l'attention vers le milieu du siècle dernier. Trois magnifiques colonnes de marbre étaient encore debout, avec leurs parties inférieures enfouies dans les dépôts stratifiés déjà décrits, et leurs parties supérieures, qui apparaissaient au-dessus de la terre, en partie masquées par des broussailles. Lorsque le sol fut déblayé, il fdt facile de reconnaître le plan originaire de l'édifice. « H était de forme quadrangulaire et avait 21 mètres de diamètre; son toit avait dû être supporté par quarante-six majestueuses colonnes, dont vingt-quatre en granité et les autres en marbre. » Plusieurs des piliers, renversés par le temps, gisaient étendus et brisés sur le pavé. Les trois qui sont encore debout ont 12 mètres de haut, et chacun d'eux a été tiré d'un seul bloc de marbre ; niais ce qu'il nous importe surtout de constater, c'est qu'ils portent, curieusement inscrites à leur surface, les marques des changements physiques auxquelles ils ont pris part.

La base de ces hautes colonnes est actuellement un peu audessous du niveau de la mer. Leur surface est unie jusqu'à environ 3°',60 au-dessus de leurs piédestaux ; mais au-dessus, dans ime zone de 2™,70, le marbre est partout perforé par une espèce de moule bien connue qui ne peut certainement vivre que dans la mer. Au delà de cette zone de perforations, les piliers présentent de nouveau une surface polie jusqu'au sommet. La première conséquence que l'on tire de ces faits, c'est que les colonnes en question ont dû avoir été submergées autrefois jusqu'à une hauteur de 6™, 30 au-dessus des piédestaux; autrement, elles n'auraient pu être percées à cette hauteur par des espèces animales qui n'existent que dans l'eau de mer. Tl faut donc que, depuis ce temps,

la terre se soit élevée en cet endroit de 6"*,30. En outre, le temple de Jupiter ne fiit certainement pas bâti au fond de la mer, mais sur la terre ferme ; donc, depuis que le temple a été congtruitj récorce terrestre a dû s'affaisser de 6™, 30 au moins* De plas encore, comme le pavé du templo est maintenant un peu audessous du niveau de îa mer et qu'il n'est pas très vr«iisemblable qu'il ait été ainsi œnsÈruit au comme?! cernent, Ton peut en déduire f|ti'i! est aujourd'hui plus bas qu'il n'était originairement, et, en conséquence, que Vexhausgement total n'a pas été égal à r affaissement totaL Quoique nous ne puissions pas fixer la date exacte k laquelle commença Ta Abaissement, i! est prol>able qu'elle ne fiit pas antérieure au troisième siècle, car il est dans Tatrium du temple une inscription qui rappelle qu'il fiifc orné de marbres précieux par l'empereur Beptime-Sévère.

On ne peut supposer un seul instant que ces changements aient été effectués par une élévation ou une baisse du niveau de la raer, plutôt que par on mourement de récorce terrestre. Un cbangement permanent dans le niveau de la mer, dans une localité donnée, entraînerait nécessairement un changement de niveau sur toute son étendue : dès lors , ai les phénomènes qui se manifestent dans la baie de Baies avaient une telle cause, nous rencontrerions des phénomènes du même genre Bur tonte retendue de la côte italienne. Or, nulle part ailleurs on ne constate, de semblables changements de niveau. Il faut donc attribuer ceux de la baie de Baïes non à un affaissement et à un exhaussement de la mer, maïs à un exhaussement et à un affaissement de 4a terre*

Avant de quitter ce sujet , nous ne devons pas omettre de dire qu'Q est maintenant reconnu, grâce à une série d*ohserTatîons faites avec soin , que le sol de cette intéressante localité est de nouveau en voie d*affaissement lent et graduel» Au commencement du

Biècle, la plate-forme du temple était à peu près au niveau de la mer; elle est maintenant à plus de 30 centimètres au-dessous. Ce second affaissement paraît même avoir commencé avant le siècle actuel. « En Tannée 1813, » écrit un voyageur moderne, « je résidai quatre mois au couvent des capucins de Pouzzole, situé entre la route de Naples et la mer, à l'entrée de la ville. Dans les couvents de capucins, le plus vieux moine est appelé il molto révérende, et celui qui jouissait alors de ce titre au couvent de Pouzzole était âgé de quatre-vingt-treize ans. Il m'apprit que, lorsqu'il était jeune, la route de Naples passait entre le couvent et la mer, mais que l'on avait été obligé de la détourner par suite de l'affaissement graduel du sol. Pendant mon séjour au couvent, le réfectoire, aussi bien que la porte d'entrée, étaient recouverts de six pouces à un pied d'eau, toutes les fois qu'il régnait de forts vents d'ouest, capables de soulever les eaux de la Méditerranée. Trente ans auparavant, d'après mon vieux moine, jamais fait semblable n'avait Heu. Dans le fait, il n'est pas probable que le constructeur du couvent eût placé le rez-de-chaussée aussi bas qu'il Test aujourd'hui, de manière à l'exposer aux inondations (1). »

Sur les rivages de la mer Baltique, nous trouvons, sur une échelle plus étendue, un autre exemple qui vient confirmer notre théorie. Il y a un siècle et demi, le naturaliste suédois Celsius exprima l'opinion qu'un remarquable changement de niveau s'effectuait le long de la côte orientale de Scandinavie, et il attribuait ce changement à l'abaissement des eaux de la mer Baltique. Cette opinion fut d'abord reçue avec une profonde incrédulité ;

( 1) Lettre de 0. Hullmandel j voir Mantell, Wonders of Geology, appendice G, p. 470 ; pour une étude complète sur le temple de Sérapis, voir aussi Lyell, Principes de Géologie, t. II, ch. xxv.

ïtmm leâ ar^nimonts de Celsius étaient assez plaiisîlilêg et a^es attrayaQtB pour exciter une controverse, et la coiitroverse un** fois soulevée Bc s'apaisa pas aisément. Aussi, depnis ce temfH?, ks faits Buv lesquels elle reposait ont été Tobjet d'an examen pins attentif j des difficultés ont été émises et débattues, des faits uonyeauxj eu grand nombre, d'abord inconnus ou qui navajenfc pas attiré lattentloii, ont été révélés, et toute la question a été rigoureuserut^nt discutée par les savants . Ce serait s'exposer à fatiguer nos lecteurs que de laire rhiaboirÊ de cette tliscnssioo, de développer îcs argumenta que Ton a apportée à l'appui de la théorie j et de retracer la multitude d'observations minutieuses et de mesnrages délicats auxquels l'on a eu recours eu un gî^and nombre de contrées dont nous tairons les noms à cause de leur consoîiuance barbare. Maïs le résultat général peut être aisément exposé et aussi aisément compris. ^

Il paraît que de nombreux récifs sous-iuariuflj bien connus des navigateurs, sont devenue viaiblea au-dessus des eaux depuis deux siècles j que d'anciens ports sont maintenant des villes situées dans l'intérieur des terres ; qae de petites lies se sont réunies entre elles et attachées au continent par des plaines verdo jantes ; que des pointes de roeliers qui jadis apparaissaient à peine au-dessus des eaux et n* offraient de refuge qu'à Foiseau de mer, se sont transformées en petits îlots, et que d*aiiciena lieux de pêehe ont été abandonnés à cause de leur peu de profondeur, et même dans quelques cas ont été compiètement mis à sec- La conséquence de ces faits est assez claire ; ou l'écorce solide du globe s'est élevée, ou les eanx de k mer ont baissé* Il est certain, d*un côté, qu'il n'y a pas eu abaissement de la mer ; car nu tel abaissement, comme nous lavons dêjcu observée, s'il avait en lieu quelque part, eût été général. Or, il y a plusieurs

points des rivages de la Baltique, spécialement sur les côtes du Danemark et de la Prusse, où Ton peut prouver qu'il n'y a eu, pendant des siècles, aucun changement de niveau. Il faut donc attribuer les phénomènes décrits ci-dessus à un exhaussement de l'écorce terrestre (1).

Telle est la méthode de raisonnement que Ton a suivie dans cette recherche. On peut donc maintenant considérer comme un fait étajbli qu'un exhaussement lent et graduel s'opère tous les jours sur les rivages de la mer Baltique, dans la mesure de 60 centimètres à 1°',20 par siècle, et cela sur ime surface d'une largeur inconnue et d'une longueur qui dépasâe 1,600 kilomètres. En revanche, il paraît que la terre s'affaisse graduellement sur le rivage opposé de l'océan Germanique (mer du Nord). Nous avons déjà parlé des envahissements de la mer sur la côte de Hollande, envahissements qui ont considérablement réduit la terre ferme depuis les vingt derniers siècles; sans doute, ils sont dus en grande pfiartie à la dénudation produite par les eaux; mais il y a de bonnes raisons de croire que l'affaissement graduel de la terre au-dessous de son premier niveau est aussi pour beaucoup dans la cause de ces phénomènes. Cette idée, émise par M. Élie de Beaumont, est appuyée sur des faits nombreux (2). Il nous suffira d'observer que, [dans le voisinage de Katwik, les ruines d'une ancienne forteresse romaine bâtie par l'empereur Claude se voient au-dessous des eaux de la mer à 550 mètres du rivage (3).

Des raisons semblables ont amené à croire que la côte occidentale du Groenland s'affaisse actuellement sur une étendue de

(1) Lyell, Principes de Géologie, t. II, ch. xxxi.

(2) Géologie pratique, t. I, p. 260 et 316.

(3) Vogt, Lehrbuch der Géologie, t. II, p. 128.

plus de 900 kilomètres du nord au sud, d D'auciennes cou&fcmctioBS élevées sur de basses îIcb rocheuses et sur le rivage du continent ont été graduelleraeiit submergées, et rexpérieuce a appris aux abi>ri gènes groënlandais qu'ils ne devaient jamaîfl bâtir leurs îiutfceB près da bord de Teaii- Plus d'une fois les colons TGoravieus ont été obligés d'avancer dans Tintérieur des terres les pieux sur lestj^uels étaient posés leurs bateaux, laissant les anciens sons l'eau, où, comme des témoins muets, ils attestent les cbangemente q^ui se sont o^jérés (1). s

L'écorce terrestre n'est donc polntj comme on serait porté à le croire j une masse fixe et immobile de l'oche inébraulablei Quelle que soit la force prodi^^icuse qui réside dans rintérieur du globe et qui semble se manifester d'une manière ou d'une autre j souvent même de plusieurs manières à la fois, cette force exerce, d'âge en âge, une influence conaidérabîe sur la forme extérieure de notre planète. Comme le vent, elle souffle oii cUe Teutj et nous ne piouvons dire d'où elle vient, ni où elle va ; mais nous pouvons l'entendre ; nous pouvons être témoins de ses effets, soit qu elle éclate tantôt dans une partie du monde, tantôt dans l'autre, brisant les roches massi?ea et vomissant avec fureur des montagnes entières de cendres bridantes et de minéraux en fusion; soit que, ne pouvant trouver d'issue » elle ébmnle les fondements des collines et réduise en pièces les œuvres les plus durables de Thomme, — châteaux, temples, palais, — rempli ssant tous les coeurs de teireur et d'épouvante ; soit, enfin, qu'elle exhausse lentement le fond de la mer ou que, retirant son appui ^ elle laisse Técorce terrestre s'aifaisser, avec un mouvement si

(l) LyeU, Principes de Géalû^ie^

graduel et si insensible qu'il échappe à la connaissance des multitudes qui vaquent à leurs affaires dans les populeuses cités de sa surface. Que des phénomènes de ce genre aient eu lieu à tous les âges passés, c'est ce qui est universellement admis en géologie ; qu'ils se continuent encore actuellement, c'est ce que nous avons essayé de démontrer par le simple exposé des faits. Si nous 7 avons réussi selon notre attente, le lecteur doit être prêt à admettre que, sur ce point du moins, ce n'est pas le géologue qu'il faut accuser d'avoir recours aux inventions de son imagination, mais plutôt ceux qui, prenant pour principe que la géologie est fausse, ferment opiniâtrement les yeux sur les changements physiques qui s'opèrent autour d'eux.

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