JEAN GERVAISE ÉPOUSE ANNE ARCHAMBAULT
“ I] arriva même que M. de Maisonneuve étant revenu de France deux ans après, avec sa recrue, l’undes principaux colons qu'il amena,Jean Gervaise de la paroisse de Souvigné, près d'Auzon,
diocèse d'Angers,homme grave et censé que nous verrons dans la suite marguiller en charge, substitut du juge et procureur fiscal, crut s’honorer lui-même en la prenant pour épouse. 1l est à remarquer que M. de Maisonneuve avait amené à Villemarie, de très vertueuses filles pour les établir et que le mariage de Gervaiseavec Anne Archambault eut lieu le 8 février 1654, c'est-àdire qu’il fut le quatrième des treize mariages qui eurent lieu cette année à Villemarie, preuve de la grande estime dont Anne Archambault jouissait dans le public. M. de Maisonneuve en donna bientôt lui-même un nouveau témoignage. Jean Gervaise étant attaché au service des seigneurs recevait des gages tous les ans et Monsieur de Maisonneuve, le jour de l’'Annonciation, 25 Mars suivant, promit par contrat de donner à Anne Archambault les mêmes gages que touchait son mari et de nourrir Charlotte Chauvin, sa fille, tout le temps qu'ils seraient l'un et l’autre au service des seigneurs. Anne Archambault ayant mis au monde une fille, le parrain fut M. de Maisonneuve et la marraine la sœur Bourgeois qui imposa à l'enfant le nom de Marguerite qu’elle-même portait. Enfin quelque temps après, elle eut une autre fille et celle-ci fut tenue sur les fonts de baptême par
M. Lambert Closse et par Madame D. A. D’Aillebout. Le choix si sage et si chrétien de Jean Gervaise en donnant la préference sur toutes les jeunes personnes venus à Villemarie pour s'établir édifia autant la colonie que la conduite criminelle de Chauvin l'avait scandalisée et fut béni de Dieu dans les enfants issus de ce mariage. C’est le témoignage que rendait en 1672 M. Dollier de Casson dans son histoire de Montréal où faisant tristement allusion à ce fait il s'exprime en ces termes : Le sieur Gervaise donna par le mariage qu’il contracta un bon et heureux exemple. Aujourd'hui il a une famille nombreuse qui jouit du privilège d’unir avec le jeune âge la vieillesse des mœurs. Nous ajouterons que Charlotte Chauvin n’excita pas moins l'intérêt de toute la colonie, que ne l'avait fait sa vertueuse mère Anne Archambault. À l’âge de douze ans et demi elle fut mariée à Jean Beaudoin, le 19 novembre 1663, et, dans cette circonstance, tout ce qu'il y avait de plus honorable dans la colonie: le clergé, les religieux, les officiers de la justice, les militaires, la noblesse et les plus notables citoyens se firent un plaisir d'assister à son contrat de mariage à titre d’amis (greffe de Villemarie, acte de baptème) en sorte que jusqu'alors il n’y avait eu aucun mariage à
Villemarie qui eut été honoré par un concours si universel de personnes considérables.” Faillon 2 Vol. page 208.
Vers mil sept cent cinquante, le premier curé de St-Antoine, ma paroisse natale, fut un Mr. Gervaise, homme d'ordre et de capacité admi- “nistratives comme il est facile de le voir par l'inspection des registres et cahiers de délibérations de la fabrique et qui fit faire de grands progrès à cette paroisse naissante. Il avait une sœur ou nièce — Grervaise — qu'il maria avec Joseph Cartier, marchand de St-Antoine, qui : fut père de Jacques Cartier, père de sir Georges- Etienne Cartier et d’Emerance Cartier, épouse de mon ami. J.-B. Desrosiers, médecin, père de Joseph Desrosiers, avocat de Montréal. Ce Monsieur Gervaise ne serait-il pas le petit-fils de Jean Gervaise et d'Anne Archambault ?......Je laisse ce doute à étudier à notre ami Joseph Desrosiers.
Mgr Tanguay ne faisait pas connaître de quelle partie de la France était Jacques Archambault ; je suis heureux d’avoir trouvé dans le 2e Vol. de l'abbé Faillon (histoire de Villemariel la notice ci-dessus sur Anne Archambault, fille ainée de Jacques Archambauli ; notice qui, en outre de la valeur et
em
de la haute considération dont jouissait la famille Archambault nous fait aussi connaître le lieu de sa provenance. Cette famille venait de la paroisse de Dompierre,pays d’Aunis, dont la ville de La Rochelle était la capitale ct aujourd'hui dans {a Charente Inférieure, département formé de la Saintonge, de l’Aunis et de quelques portions du Poitou.
(Dompierre, village à deux lieues d’Aunnay,
canton de l'arrondissement de St-Jean d'Angely, département de la Charente Inférieure.)