CHAPITRE VII
i8iZi-i8i6.
Le baron de Géramb s'arrête à Lyon auprès de sa mère qui meurt peu après. — Il apprend la fondation d'une Trappe en France et renonce à son projet de Terre- Sainte. — Trait de foi envers le Très Saint Sacrement. — Ministère d'apostolat : la danseuse d'opéra. — La Val-Sainte, Darfeld, le Port-du-Salut.
La mère du baron de Géramb, devenue veuve en i8o4, s'était retirée à Lyon, son pays natal, nous l'avons raconté précédemment (i). Elle avait bien l'intention de retourner un jour à Vienne auprès de ses enfants, dès que les temps seraient redevenQs plus calmes, les routes plus sûres et l'avenir moins* menaçant. Mais le départ de ses deux fils, l'un, Ferdinand pour la Sicile, l'autre, Fleury, pour l'armée, puis la guerre continuelle qui durait entre la France et l'Autriche, l'avaient contrainte malgré elle, à ajourner son départ. Et lorsqu'en iSio la i>aix entre les deux nations belligérantes, cimentée par le mariage de Napoléon avec Marie -Louise, semblait aplanir les voies de son retour à Vienne, Dieu lui envoya
LE PERE DE GERAMB 8l
une de ces maladies qui, avant de précipiter leur victime dans la tombe, la clouent parfois pendant de longs jours, sur un fauteuil ou sur un lit (2).
Le baron de Géramb trouva donc en arrivant à Lyon, sa bonne et digne mère dans un état grave de souffrance physique. Elle y vivait avec deux de ses sœurs, Victoire et Mariette, la première que la Révolution avait fait sortir du Camiel, dans une solitude tranquille qui rappelait celle d'un couvent et que l'arrivée de Ferdinand vint un peu troubler. La tante Mariette surtout ne cessait de gémir et de se plaindre du flux et du reflux de visiteurs que la présence du général amenait au paisible logis. Elle patientait, escomptant le prochain départ pour les Lieux-Saints de son neveu, resté turbulent et exubérant malgré sa conversion, quand celui-ci, à l'heure même où il se disposait à partir pour aller s'embarquer à Marseille, changea tout-à-coup de dessein. Il avait appris par les feuilles publiques que le roi Louis XYIII avait autorisé le rétablissement des Trappistes en France d'ovi ils avaient été chassés par la Révolution, u Se disant avec raison à lui-même que puisque ce ne sont pas les lieux qui sanctifient les hommes mais les hommes qui sanctifient les lieux, la vie religieuse en France aurait pour lui autant d'avantages qu'à Jérusalem, avec l'incommodité d'un long voyage en moins, et la»consolation en sus de se voir plus rapproché de ses enfants, de sa mère et des autres membres de sa famille. La grâce lui fit aussi comprendre que, justiciable envers Dieu de responsabilités sans nombre, par rapport à ses habitudes de luxe, de mollesse, de sensualité et d'intem-
(2) Un caDcer.
Sa GÉNÉRAL ET TRAPPISTE
pérance de la langue, la Trappe, telle que les premiers Pères de Citeaux et M. de Rancé l'avaienl faite, était le seul institut qui, avec ses traditions de silence perpétuel, de travail des mains, de jeûnes et d'austérités de tout genre, fût en état de répondre non seulement à l'activité dévorante de son tempérament mais à ses besoins d'expiation (3). Le curé de la paroisse où habitait sa mère et les parents de celle-ci, les abbés La Sausse (4), consultés à cet égard, furent unanimes à penser comme lui.
Dès ce moment il chercha à s'habituer aux pratiques de son futur état, « en rompant secrètement son corps .à des abaissements coûteux, à des privations pénibles, parfois même à des austérités douloureuses; et surtout en foulant à ses pieds le monstre le plus redoutable que l'enfer oppose d'ordinaire aux transfuges du monde sur le seuil de la vie religieuse, le respect humain (5). »
Un trait raconté par lui-même, qui rappelle (6) sa loi profonde pour la sainte Ecuharistie en donne un beau témoignage. « Quelques mois avant d'entrer à. îa Trappe, me trouvant à Lyon, je rencontrai dans une rue très peuplée le Très Saint Sacrement. J'étais vdans le costume attaché au rang et à l'état que j'aA'ais
Ï3) p. Irénée, p. 112.
i,i) Ils étaient trois frères prêtres. L'un d'eux, sulpicien, ffist l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages de spiritualité. Cf. Bibliothèque sulpicienne, II, p. ££' — L'auteur de cette iï»marquable Histoire littéraire de Saint-Sulpice, M. Bertrand, îiion si regretté et si vénérable ami, dit que M. La Sausse «st le plus fécond de tous les écrivains de la Compagnie. {5) P. Irénée, p. 113.
'(6) On se souvient de l'épisode de sa vie militaire, raconté l)lus haut, où de Géramb donna également un beau V.émoignage public de sa foi à l'égard de la Sainte Eucharistie.
avant d'entrer en religion : dès que je l'aperçus, je me mis à genoux. Lorsqu'il passa devant moi, je fus extrêmement surpris et scandalisé de voir les deux enfants de chœur qui tenaient le dais, non seulement le porter sans respect, mais se disputer, se menacer, se pousser même. A cette vue, je me lève, m'approche de celui qui paraissait le plus mutin, m'empare du bâton du dais et le chasse; malheureusement personne ne s'étant présenté de l'autre côté, il fut porté très inégalement, mais au moins respectueusement. Le vénérable curé se retourna, et ne fut pas peu surpris sans doute, de trouver en place de l'un des enfants qui étaient sortis de l'église à ses côtés, un militaire d'un grade élevé. 11 me sourit avec une charité et une grâce inexprimables et nous continuâmes notre route, entourés d'un peuple peu accoutumé à un pareil spectacle. Dieu permit que je fisse de cette manière deux courses très longues, le curé ayant porté le viatique à deux malades éloignés l'un de l'autre. Je reconduisis le ministre du Très- Haut à l'église paroissiale, et il me remercia avec émotion (7). »
Non content d'affirmer ainsi sa foi à la face de tout le monde, notre nouveau converti se sentait poussé à procurer la gloire de Dieu par un véritable apostolat auprès des personnes qui l'entouraient. Sa correspondance intime nous fournit à ce sujet quelques détails
(7) Lettres à Eugène sur rEucharistie, p. 29.— -Le P. de Géramb ajoule encore cet intéressant détaU que, le lendemain, au moment où il se disposait à entrer à l'église, 11 fut abordé par un Monsieur, qui déclinant son nom, l'un des plus beaux noms de France — c'était le vicomte Matthieu de Montmorency, — le prit affectueusement par la maJn et le remercia au nom de la religion de sa belle action de la veille. — Depuis ils devaient rester amis. Cf. p. 145.
intéressants. Un jour, chez un ami (( jeune homme, riche, intelligent mais prodigue et dissipé » et qu'à plusieurs reprises il réussit à sauver du naufrage (8), on le fait asseoir à table à côté d'une personne d'une beauté iremarquable et richement parée. Géramb la prend d'abord pour la fille d'un des conviA'es et lui prodigue les attentions les plus délicates. A la fin du déjeûner, il apprend non sans surprise indignée, que ses prévenances et ses politesses ont pour objet une danseuse d'opéra, maîtresse de l'amphitryon. Sur le point d'éclater en reproches à l'adresse de ce dernier, le baron se contint. (( Qui sait, se dit-il, si cette mystification ne lui a pas été ménagée dans l'intérêt de la gloire de Dieu et pour le salut de cette pauvre âme dévoyée? Il revient donc à elle, et l'attirant dans une embrasure de fenêtre, il lui parle de ses projets de retraite, de l'impatience qu'il éprouve de rompre avec le monde, et de consacrer enfin à Dieu les restes d'une vie trop longtemps dépensée au service des hommes (9). » Emue de cette confidence dont elle ne devine point le but, la jeune personne, répond que pour elle son infortune la plus poignante est de ne connaître ni Dieu, ni la grâce, ni les joies secrètes de la vertu, et de confidence en confidence, touchée sans doute par l'intérêt que lui témoigne le général, elle lui raconte que, née pendant la Révolution, elle n'avait pas été baptisée. Elle ajoute qu'elle avait été mise dès le berceau sous la tutelle d'une femme sans mœurs (dont une lettre de Géramb donne le nom) qui l'avait élevée sans principes religieux, engagée comme danseuse au théâtre, et ven-
(S) Il devait lui écrire encore du Port-du-Snlut en mars 1815. (0) P. lr".néc, p. 115.
due pour un peu d'or à l'ami chez qui l'on venait déjeuner.
Très ému à ce récit, Géramb ne pousse pas plus loin l'entretien. Mais dans une seconde entrevue, avec un zèle tout apostolique, il fait comprendre à la jeune actrice combien sa position était terrible, que la fuite du monde s'imposait à elle, et que l'unique moyen de faire son salut était de se réfugier dans un couvent. « Mais quelle maison religieuse consentira-t-elle à donner asile à une danseuse de théâtre, » répond-elle toute retournée par les paroles du baron de Géramb. (v Reposez-vous sur moi de ce soin », réplique-t-il, et en effet le jour même, la porte du Refuge de Saint-Michel s'ouvrait devant la jeune convertie qui, deux mois après, recevait le saint baptême' sous le nom de Madeleine, et faisait sa première com-' munion.
Nul doute que, comme le dit l'historien dont nous suivons le récit (lo), « la conversion de cette danseuse d'opéra fut pour M. de Géramb, sa gloire la plus pure et la cause pour laquelle Dieu, qui a promis le ciel à un verre d'eau, lui fit la grâce de l'amener à la Trappe et d'y persévérer. »
Pendant les années qui suivirent, il ne cessa de s'occuper d'elle. Il craignit un moment de la voir retourner à sa vie criminelle (ii) puis fut rassuré finalement par son entrée dans la communauté qui l'avait accueillie, où elle devait faire profession en 1830 et dont elle devint l'une des plus ferventes religieuses.
, (10) P. Irénée, p. 117.
(11) Lettres à ses .tantes d'août 1816, de juillet 1817, de décembre 1818, de mars 1819... (Archives du château de Gourdan.)
Sur ces entrefaites, la santé de la mère du baron de Géramb, gravement atteinte depuis des années, s'altéra tout-à-fait et au bout de trois jours d'agonie la conduisit au tomBeaiî. Il l'assista avec tout le dévouement qu'on pouvait attendre de sa piété filiale, ne quittant pas le chevet de la mourante, lui suggérant de bonnes et saintes pensées et enfin lui ferma les yeux, le 21 février 181 5.
Presque au lendemain de ce douloureux événement de famille, Lyon se réveillait au bruit de l'incroyable nouvelle du débarquement de Napoléon à Cannes, et de l'accueil enthousiaste que lui faisaient les populations et les troupes du midi. Le baron de Géramb, que rien ne retenait plus à Lyon, se hâta de quitter cette ville pour s'acheminer par la Suisse vers la Trappe de la Val-Sainte, qui à ce moment, était comme le chef-lieu de la congrégation de la Trappe. Peu de jours après, de sa première étape, une jolie lettre annonçait à ses tantes son heureux voyage ; « Je viens, mes chères tantes, d'arriver à Genève sans avoir quitté Lyon. Mon âme, tout mon être est auprès de vous, mes chères, mes bonnes, mes excellentes tantes. Je pai-s dans un moment, mais je n'ai pas voulu quitter cette ville sans avoir dit à tante Victoire et à tante Mariette, combien je les aime. Je vous ai bien ennuyé, mais j'ai tant, tant et tant de chagrin, que je devrais vous faire pitié... Tout est oublié, n'estce pas, mes chères tantes? Ferdinand, le pauvre Ferdinand n'a jamais voulu vous peiner, et croyez que quand il avait fait quelqu'étourderie, il en souffrait plus que vous. Tantes, je vous le jure par tout ce que je connais de sacré, je vous porte dans mon cœur
LE PÈRE DE GÉRAMB Sj
et donnerais ma vie pour vous savoir bien, mais bien heureuses..,
« Cette lettre n'est tracée que pour que vous sachiez que je suis arrivé ici heureusement, et que je ne vous ai point oubliées; non, cela ne pourra jamais arriver. Adieu, adieu, je vous embrasse six mille quatre cents fois, sans en rien rabattre (12).
(( Ferdinand, n
De Genève, le baron de Géramb se dirigea donc ■vers la Val-Sainte, monastère perdu dans les montagnes de la Gruyère, 011 Dom Augustin de Lestrange avait réuni la plupart des Trappistes chassés de France par la Piévolution (i3). Gracieusement accueilli par le prieur de la maison, celui-ci confirma la nouvelle qu'une colonie de Darfeld (i4) venait de quitter la Westphalie pour aller fonder près de Laval le monastère du Port-du-Salut (i5). On ne pouvait annoncer à M. de Géramb une nouvelle qui lui fût plus agréable et qui lui vint plus à propos. Aussi dès le lendemain se remettait-il en route pour la Westphalie où, arrivé à Munster, il se faisait conduire de suite à Darfeld.
Le chef de cette maison était le R. P. Dom Eugène Bonhomme de la Prade, autrefois page à la cour de Louis XVI et ancien novice de la Trappe avant la Révolution. C'était un des plus saints religieux qui
(12) Genève, le 31 mars 1815.
{13) Aujourd'hui la Val-Sainte est une chartreuse. Cfr. la remarquable histoire ûe cette maison par Dom A. Courtrais.
(14) Notre-Dame de l'Eternité de Darfeld avait été fondé en 1795 par des religieux de la Val-Sainte.
(15) L€ Por.t-du-Salut est donc la première maison française, ~ la fille, comme on dit en style trappiste — de Darfeld." Cette dernière maison, tranférée à Œlcnberg, est la mère de toutes les maisons i\anccennes.
aient jamais porté l'habit de Citeaux, l'homme le plus doux, le plus humble, le plus pénitent religieux qui fût au monde (i6). Il accueillit charitablement le général de Géramb qui, sous la direction de cet homme de Dieu, fit à Darfeld comme un apprentissage de la vie de trappiste. « Quoique logé dans le quartier des hôtes, il voulut néanmoins prendre sa part des austérités de la maison, se levant et se couchant aux mêmes heures que les religieux, se nourrissant de leurs portions régulières et s'occupant, pendant les heures de travail, soit à éplucher des légumes, soit à balayer les chambres, soit même à laver la vaisselle. Ce fut, comme il le disait plaisamment sa veillée d'armes (17). »
Il la prolongea jusque vers la fin de l'année. Car une lettre à ses tantes, datée de Paris, du i®"" janvier i8i6, leur annonçait son prochain départ pour le Port-du-Salut où, disait-il, il espérait prendre l'habit de la religion au jour anniversaire de sa naissance (i4 janvier). Il ajoutait : « J'ai dû opter. Le
(16) « Son a'ttachement à la réforme de l'abbé de Rancé, loin d'être une tache dans sa vie est à nos yeux son plus beau titre de gloire. Cette réforme, ajoute très justement le P. Irénée, n'avait subi après une épreuve d'un siècle et demi aucune atteinte d'altération ou de relâ'Chement. La justice la plus élémentaire faisait donc un devoir de revenir à elle et de tenir à son égard, les promesses de fidélité qui lui avaient été fai.tes à la face des hommes et des autels. De plus, Dom de la Prade ne faisait ainsi qu'obéir aux ordres que dans une audience à Fontainebleau lui avait donnés S. S. Pie VII de reprendre sans retard l'œuvre tant de fois approuvée par le Saint-Siège et si féconde en résultats de sainteté, de celui que Bossuet avait . surnommé un autre S. Bernard. » P. Irénée, 127.
On a exagéré, ajouterons-nous à ce propos, ce que l'ordre de Citeaux doit à l'abbé de Lestrange, homme de Dieu s'il en fut, mais que son ressentiment contre l'observance de M. de Rancé (ce sont les expressions du P. Irénée, p. 479), devait empêcher de faire une œuvre durable.
(17) P. Irénée, 127.
LE PERE DE GERAMB oST
monde me criait : J'abandonne ceux qui m'aiment. La chair me criait : J'empoisonne ceux qui me flattent. Le diable crie : Je trompe ceux qui m 'écoutent. Jésus-Christ dit : Je console ceux qui me suivent. Je n'ai donc pas hésité. Je souffrirai beaucoup au commencement, mais la croix de JÉsus-CrmiST est la clé du paradis... Je me recommande à vos prières. Adieu... que les SS. Angles vous accompagnent dans toutes les occasions de la vie, qu'ils soient vos gxddes, vos protecteurs et qu'ils nous réunissent enfin au-delà du tombeau pour jouir d'une amitié pure et sainte, sans crainte d'êti'e jamais séparés.
« Ferdinand (i8). »
A Paris rien de ce qui autrefois l'eût attiré, n'eut cette fois grâce à ses yeux de converti. Je me plaisais pendant ce court séjour, a-t-il raconté lui-même (i9). à m 'éloigner des tabernacles des pécheurs et des esclaves du monde pour aller respirer, au cimetière du Père-Lachaise,... où l'on foule aux pieds la grandeur et la beauté, l'opulence et les vertus, les forfaits et les talents, cet air de mort qui dans ce séjour entre par tous les sens et que l'on saisit en quelque sorte sous toutes les formes... Je descendais en pensée dans les tombeaux oii reposent les ossements poudreux de tant de personnes, et il me semblait entendre au milieu de mes lugubres méditations des voix plaintives qui ne cessaient de me répéter : Anathème au monde, à sa grandeur du moment et à ses passions!.... Puis jetant les yeux sur Paris, cette reine des cités, qui étalait devant moi ses magnificences passagères,
(18) Archives cUi marquis de Leusse.
(19)' L'unique chose nécessaire, p. 17-20.
9o GÉNÉRAL ET TRAPPISTE
je me demandais avec effroi où étaient Ninive, Babylone, Tyr, Thèbes avec ses cent portes... Carthage..., etc., et la grande pensée que Dieu seul est étemel et qu'il ne faut s'attacher qu'à lui seul remplissait tellement mon âme et me montrait si visiblement le néant des choses d'ici-bas que si j'avais été le maître de tous les royaumes de ce monde, je les aurais échangés avec joie contre la vermine que rapportent quelquefois le pasteur, le missionnaire, le jésuite persécuté et méconnu, du grenier oii il a été consoler une vieille femme, infirme, étendue sur un grabat. »
Quelques jours plus tard, dans la matinée du 5 janvier, un violent coup de sonnette retentissait à la porte de la Trappe du Port-du-Salut (20), Le frère portier ouvrit et, selon l'usage, s'inclina profondément devant un homme de haute stature, à la mine fîère, à la démarche martiale, les pieds chaussés de bottes à l'écuyère et dont le reste du costume se cachait sous un ample manteau drapé autour de lui.
C'était le général baron Ferdinand de Géramb, qui venait se faire trappiste.
20 Ancien prieuré de Genovéfains, cette maison (appelée alors le PoM-Ringeard) est agréablement située, à dix kilomètres sud de Laval, sur la rive gauclie de la Mayenne, dans un des sites les plus pittoresques de la région. Cfr. maicnan, L'Abbaye de Notre-Dame de la Trappe du Port-du-Salitt, Laval, 1857. — Cette maison de la Trappe est bien connue en France et même à l'étranger à cause du célèbre fromage qui y est fabriqué. Sans avoir à faire ici une réclame en faveur de ce très estimable produit de l'industrie des moines du Port-du-Salut, certains de nos lecteurs nous sauront sans doute gré de leur apprendre que le seul fromage fabriqué à l'abbaye est celui qui porte, avec les armes de la maison le nom du Port-dit- Salut. Tous les autres Port-Salut du commerce ne sont que des contrefaçons, ordinairement peu réussies, du fromage de l'abbaye.