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CHAPITRE X

Peintre-vitrier. — Le Port-du-Salut transformé en nécropole. — - La pensée habituelle de la mort. — Ouvrages du frère de Géramb sur ce sujet et ses autres principales dévotions : la Sainte Vierge, la Passion de Notre- Seigneur, l'Eucharistie. — Ses premiers ouvrages.

Après les essais infructueux, dans divers emplois, dont on a parlé dans le chapitre précédent, le bon frère de Géramb devait, dans sa profonde humilité, se juger incapable de rendre aucun service dans sa communauté, lorsque vint au R. P. Abbé la pensée de lui confier une charge qui, pouvait-il espérer, répondait cette fois à ses goûts : celle de peintre-vitrier.

« Le peintre-vitrier à la Trappe, — nous empruntons au P. Irénée (i) le joli portrait de cet important fonctionnaire — est un homme à part. C'est lui qui blanchit les corridors et les cloîtres, qui peint les statues, les voitures et les portes, qui pose les carreaux des fenêtres partout où il en manque, et dont l'art a pour sujet une foule d'autres travaux difficiles à classer, mais qui font qu'on a besoin de son minis-

tère à toute heure, et que, dans la maison, il n'est peut-être pas de personnage plus affairé que lui. Quand on le rencontre, dans le jardin, dans les cloîtres, n'importe où, avec son pot de couleur à la main et sa robe bariolée et tatouée comme la peau d'un sauvage, il est superflu de lui demander qui il est et ce qu'il fait : son bizarre accoutrement en dit plus que la parole, et au besoin sa figure marbrée de rouge ou de vert le dirait mieux encore. »

En lui confiant cet emploi Dom de Girmont avait recommandé au frère Marie- Joseph, après avoir refait la toilette des murs, d'y peindre, çà et là, soit quelque pieux emblème, soit quelque texte tirée de la sainte Ecriture ou des Pères et approprié à l'esprit de la Trappe. On peut dire que jamais mandat ne fut mieux rempli. Sous le pinceau plein de verve et d'imagination, et qui ne manquait pas d'une certaine habileté (2), l'hôtellerie du Port-du-Salut devint comme un grand sépulcre : de quelque côté que l'on se retournât on découvrait partout des têtes de mort, des ossements croisés, avec des sentences appropriées. Aussi les hôtes de la maison, peu accoutumés à un si lugubre appareil, en étaient parfois glacés de terreur et s'empressaient d'abréger leur séjour.

Après l'hôtellerie, ce fut le tour du dortoir. Chaque cellule eut son ornementation plus ou moins funèbre. Celle de l'artiste fut particulièrement soignée : cou-

(2) Outre les peintures dont nous allons parler on conserve ail Port-du-Salut, plusieurs petits tableaux du P. de Géramb qui dénotent un certain talent. Ainsi une vue intérieure de l'église du monastère (qui fut Ii.thographiée), une très curieuse Tentation de saint Antoine, une vue du Cimetière, etc.. etc..

La plupart des illustrations qui ornent ses ouvrages sont, aussi, croyons-nous, dues à son pinceau.

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verte toute entière d'une épaisse couche noire, le frère y peignit en blanc sur ce fond ténébreux un tombeau qui supportait une croix de bois : c'était la croix même qu'il destinait à être placée sur sa tombe après sa mort et il y avait gravé ces mots :

F. Maria- Joseph die... decessit, i8..

Enfin la petite fenêtre de la cellule était fermée par un transparent sur lequel se détachait la classique tête de mort.

Le réfectoire même eut son tour. A droite en fntrant, le visiteur s'arrêtait devant deux énormes tibias, surmontés d'une tête de mort de dimension monstrueuse, avec ces mots en exergue : A-t-il clé pâtre ou, l'oi?

Le P. de Girmont, trouvant que ce genre de décoration était très propre à entretenir les religieux dans la pensée de la mort, si souvent recommandée dajis la Règle (3), laissa faire le frère rsIarie-Joseiih ; et Dieu sait s'il s'en donna ! En moins de deux ans, le monastère avait pris l'aspect d'une nécropole. C'est ainsi encore que la salle de lecture fut ornée d'une peinture dont la vue donnait le frisson : c'était un cercueil entr'ouvert, laissant apercevoir le haut d'un squelette d'où par la cavité d'une orbite sortait un serpent (4).

La verve macabre du pinceau du P. de Géramb

(3) On peut croire cependan-t que la représentation des emblèmes de la mort doit son grand épanouissement dans les Trappes au P. de Géramb. Cf. l'Appendice I.

(4) Toutes ces peintures ont aujourd'hui disparu, faute de pouvoir les entretenir. Celle seule du monastère d'Œlenberg, on le dira plus bas, a été conservée.

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montre qu'à l'exemple des saints, l'image de la mort lui était non seulement familière (5), mais faisait ses délices. Aussi en même temps que son pinceau la reproduisait, avec une profusion évidemment exagérée, sur les murs de son couvent, sa plume l'expri. mait dans presque toutes ses lettres. Nous l'avons déjà constaté : en voici quelques nouveaux témoignages. Le 22 mars i8i9 il écrivait à ses tantes ces quelques mots : « Chères tantes, je vous envoie un petit bonbon de la Trappe que je vous prie d'accepter. S'il ■manque de douceur, il est certainement plus sain et plus utile que ceux de tous les confiseurs possible. » C'était une image dessinée par lui et représentant une tête de mort, avec, au bas, ces mots : Cette nuit peutêtre (6).

Au préfet de Laval qui, on ne sait trop pourquoi, s'était inquiété du séjour dans son département (7) de l'ex-chambellan de l'empereur d'Autriche, et avait écrit au P. Abbé pour avoir des renseignements sur son compte, il répondait (8) avec une certaine ironie nuancée d'une sorte de dédain

(5) Rappelons quel avait été le costume militaire du baron de Géi^amb : dolraan à fourrure attaché sur la poitrine pai une tête de mort en argent, et soutache où se répétait, sur un fonds de velours noir, la tête de mort et les tihias en sautoir. C'était, si nous ne nous .trompons pas, l'uniforme des hussards de la mort. Cf. le portrait de la page 5i de ce volume.

(6) Au verso de cette curieuse image, que j'ai sous les yeux, le P. de Géramb avait ajouté quelques textes saisissants sur la brièveté de la vie, l'incertitude du momenit de la mort... etc.. Voir aussi l'Appendice I.

(7) A son arrivée à Laval, en janvier 1816, le baron de Géramb était allé se présenter au préfet de Laval. Et celui-ci, en en faisant part le 5 janvier, au ministre de la police générale, ajoutait qu'il avait pus des mesures pour le surveiller. (Arch. nat.. pièces 29, 30, 31.)

(S) Cette lettre nous a été conservée dans l'ouvrage cité de M. Maignan, p. 42.

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pour ce qu'il pouvait considérer quelque peu comme une tracasserie administrative :

Monsieur le Préfet,

« Mon R. P. Abbé venant de me dire que vous désirez quelques renseignements sur ma personne, je m'empresse d'autant plus de lui obéir que cela paraît vous être agréable.

« Je suis seulement désolé que n'ayant pu prévoir une pareille demande, je ne serai peut-être pas à même de vous satisfaire autant que je le désirerais; mais son excellence M. le général baron de Vincent, ambassadeur d'Autriche en France, si vous daignez vous adresser à lui, vous contentera sans doute parfaitement.

(( Il m'était impossible de prévoir que je serais obligé, un jour, du fond de mon tombeau, de prouver que le corps que j'habitais dans le monde, était vraiment le corps d'un général, d'un chambellan, d'un homme de distinction.

« On lit dans notre réfectoire, écrit en grandes lettres sous quelques ossements : Ces ossejnents sontils d'un monarque ou d'un pâtre?

a J'ai l'honneur d'être connu du Roi et de son auguste famille. J'ai l'honneur surtout, d'être connu de leurs AA. RR. ]\îesdames les duchesses de Berry et d'Orléans (9). »

Puis il ajoutait un petit présent qui ne fut peut-être

(9) On se rappeUe que le baron de Géranib avaLt vu ces princesses à Naplès, et avait même assisté, en 1809, au mariage de la duchesse d'Orléans.

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pas grandemcnl apprccié par le premier fonctionnaire de la Mayenne, mais le détermina sans doute à ne plus essayer de troubler la solitude du P. de Géramb :

« Oserai-je, Monsieur, vous prier de vouloir bien -accepter le portrait de la chose — c'était une tête de mort — qui fait mon unique espérance? C'est moimême qui l'ai dessinée avec cette maladresse qui me caractérise et que vous excuserez sans doute.

« Je me recommande, Monsieur, à votre protection,ainsi que notre monastère, et suis, avec le plus profond respect, Monsieur le Préfet, votre très humble et très obéissant serviteur.

« Frère Marie- Joseph, trappiste très indigne, {( dans le monde général baron de Géramb.

(( Trappe, i8 octobre 1817. »

La gaîté du frère Marie-Joseph n'était point altérée, comme on le voit, par la pensée de la mort qui lui rappelait « le moment le plus désirable de la vie (10)», pour nous servir de la belle expression de Bossuet, et qui allait, quelques années plus tard, lui inspirer (( deux des plus beaux livres qui soient sortis de sa plume » et dont nous allons dire un mot, puisque nous sommes sur ce sujet.

Le premier est intitulé : L'unique chose nécessaire ou réflexions, pensées et priées pour mourir sainte-

(10) Personne ne sut jamais mieux que le P. de Géramb que « pour apprendre à vivre de la vraie vie, il faut toujours penser à la mo!l. » Notice sur Marie PcUechcl, ]i. lej.

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ment (ii). C'est, comme le titre l'indique clairement, un recueil de pensées sur la mort, avec des prières et. des pratiques, sans plan bien déteniiiné. Le pieux auteur nous y donne non seulement ses propres ré flexions sur ce grave sujet de la mort, mais y ajoute des traits empruntés aux ouvrages qu'il lisait le plus habituellement, a J'ai choisi, dit-il dans la préface, le vendredi surtout pour m 'occuper uniquement de ce grand jour, de ce jour terrible où paraîtra ce Juge irrité, ce Juge outragé, ce Juge alors inflexible qui, animant les cendres des tombeaux, foicera les morts à se rendre au pied de son trône, d'où il sondera leurs cœurs et fixera leur destin. Jour redoutable où la vue de la Croix fera frémir le pécheur consterné, où le juste lui-même ne sera pas sans crainte ! Jour où disparaîtront pour toujours ces vaines chimères, ces objets d'un sacrilège amour, et où ces fléaux du genre humain, ces oppresseurs de leurs frères, ces héro« lant célébrés, ces hardis fabricateurs d'arguments sophistiques, ces i-aisonneurs qu'on appelle esprits forts, croiront alors à une éternité de supplices...

« Pour fixer mon attention sur un sujet si important, j'ai rassemblé quelques réflexions et prières dont je fais principalement ce jour-là ma lecture ; j'y ai joint plusieurs passages tirés des plus grands piaîtres dans la science du salut ainsi que de différents autres auteurs. Bien plus jaloux de les faire connaître que de mettre au jour mes,' propres pensées, moins avide de la gloire d'être auteur que de celle

(11) J'ai sous les yeux la i' édition, Paris, Leclère, 1862.

1-52 de 315 pages. La lettre d'approbation de Mgr Brumaiid ■ ' Beauregard, évoque d'Orléans, est datée du 16 décembre "?8. — Sur ce.t ouTrage, voir l'Ami de la religion, t. f.

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d'être utile, heureux do trouver dans les richesses des autres un supplément à mon extrême indigence, et de pouvoir, avec leur secours, contribuer à diriger nos pensées vers nos fins dernières : c'est ce que j'espère des saintes dispositions de ceux qui liront cet ouvrage, uniquement entrepris par cette confiance et consacré à la gloire de Jésus-Christ (12). »

Dans ce qui est de lui, il y a dans ce beau livre, — sans parler de « quelques pièces de vers très bien composées (i 3) » — plusieurs passages de la plus haute inspiration. « Les prétendues conversions à la mort sont d'affreux problèmes que la charité seule empêche de résoudre ; mais, bien que je me sois fait une règle constante de ne condamner aucune personne, qu'elle périsse d'une fin subite et imprévue, qu'elle périsse même après avoir mal vécu, mon cœur aimant à se dire : Peut-être a-t-elle demandé pardon? peut-être l 'a-t-elle obtenu? cependant je ne peux m 'empêcher de demander avec effroi si les der-

(12) Pages 26-28.

(13) Petite vie, p. 112. On nous saura gvé d'en citer une ici qui montre qu'il savait aussi envisager la mort sous un aspect moins lugubre : n'eut-il pas aussi un jour l'idée de la représenter non plus avec un faux, mais avec une clef d'or; non plus avec les mots quelque peu effrayants : Cette nuit peut-iftie, mais avec ceux-ci plus consolants : O mort, ouvre-moi la porte du ciel.

Je te salue, ô mort ! libéra.teur céleste

Tu ne m'apparais point sous cet aspect funeste

Que t'a piêté longtemps l'épouvante et l'erreur ;

Ton bras n'est point armé d'un glaive destructeur ;

Ton front n'est point cruel, ton œil n'est point perfide;

Au secours des douleurs un Dieu clément te guide.

Tu n'anéantis pas, tu délivres : ta main,

Céleste messager, porte un flambeau divin ;

Quand mon œil fatigué se ferme à la lumière,

Tu viens d'un jour plus pur inonder ma paupière,

Et l'espoir, près de toi, rêvant sur un .tombeau,

Appuyé sur la foi, m'ouvre un monde plus beau.

[L'uiriqun nécessaire, p. 29.)

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niers sacrements ne sont pas souvent les derniers crimes du pécheur mourant?

« Avare, rendras-tu à la mort l'argent mal acquis, le champ usurpé, auxquels ton âme tient si fort?

(( Voluptueux, abandonneras-tu celle qui s'est emparée de ton cœur, qui empêche que les ministres du Seigneur ne t'approchent et qui, d'une voix douce et affectueuse, tout en t 'égorgeant et t 'assassinant, éloigne de toi toute idée de mort?

« Incrédule, esprit fort, meurtrier de tant d'âmes, brûleras-tu, à ton premier et dernier baiser du crucifix, tes écrits, tes lettres, tes chansons, tes gravures? feras-tu une profession de foi solennelle et un désaveu public de tes erreurs à la face de la ville que tu as tant scandalisée?

« Toi qui sais beaucoup et qui ne sais rien, comment feras-tu à la mort des actes de foi, d'espérance et de charité?... (i4). »

« De quoi est capable une âme criminelle toute plongée dans ses douleurs, défaillante sous le poids et la multitude de ses maux et à qui il reste à peine assez de vie pour examiner son cadavre? Quoi ! vous voulez qu'avec une raison qui déjà s'enveloppe de ténèbres, une langue qui s'épaissit, une mémoire qui S3 confond, un cœur qui s'éteint, un pécheur vienne à bout de sonder les abîmes de sa conscience? Vous voulez qu'il approfondisse ce gouffre d'iniquités d'où il n'est jamais sorti? Vous voulez que cette âme, déjà liée des chaînes de la mort, sente l'horreur de ses égarements passés, elle dont les idées mourantes »e ressemblent plus qu'à des songes, elle qui ne

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pense plus que comme on pense en dormanl !... L'esl>rit le plus sain et la raison la plus entière pourraient à peine y suffire (i5). »

•Par moments cependant le P. de Géramb quitte ce ton austère pour égayer son sujet par quelque trait piquant. Ainsi ce qu'il appelle la prière du matin des gens du monde, a Voici comment elle devrait être conçue pour être vraie et sincère : a Mon Dieu, pour l'amour de vous et pour votre gloire, je donnerai aujourd'hui tout au monde et je ne penserai point à vous. Pour l'amour de vous, Seigneur, je m'habillerai d'une manière molle et superbe, j'aurai une table délicatement servie; je passerai l 'après-dîner dans l'oisiveté, à recevoir les compagnies qui ne manqueront pas de me venir , j'irai, sur le soir, à la comédie ou à l'opéra ; après souper, je jouerai ou j'irai au bal. En tout cela je garderai une manière de vivre aisée et sans contrainte, je chercherai à plaire aux personnes qui me plairont; je me divertirai aux dépens de celles qui me seront indifférentes. Mon unique soin sera de n'en point avoir, de ne me gêner en rien, d'éviter l'ennui, de me réjouir, et de m 'attirer, si je puis, l'estime et la considération du monde. Je vous prie, mon Dieu, que tout cela soit pour votre gloire et mon salut et je vous l'offre dans la douce confiance que vous m'accorderez un jour la vie éternelle. Ainsi soit-il (i6). »

« L'élégance du style, le choix des pensées, les nombreux témoignages tant en prose qu'en vers qui s'y trouvent invoqués », dit à propos de ce

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volume le P. Irénée (17), font présumer que l'élaboration de cette œuvre dut lui prendre beaucoup de temps et exiger de sa part de sérieuses recherches. Et cependant nous ne sachions pas que la régularité de sa conduite en ait souffert quelqu'atteinte ou qu'elle ait eu recours à de faciles dispenses : personne même ne se douta, autour de lui, des soins qu'il y donnait. Toujours fidèle aux devoirs de son état, il se serait reproché comme un crime d'en omettre le moindre détail. La Règle n'était pas pour lui un vain niot et, comme on dit, une lettre morte, mais la voix amie de Dieu qui lui parlait au cœur ; il s'abandonnait à elle comme un enfant s'abandonne à sa mère. Le premier à la peine, il était aussi le premier au repos, et dès que la cloche signalait la fin du travail, on était sûr de le trouver à genoux dans sa stalle de l'église, ou modestement assis à sa place dans le cloître de la lecture... L'édification rayonnait de tous les points à la fois de sa tenue religieuse. »

Sous un titre encore plus caractéristique que le premier volume (18), le P. de Géramb devait en publier une suite quelques années plus tard. L'Eternité s'avance et nous n'y pensons pas (i9) est également un recueil de réflexions et de prières pour se préparer chrétiennement à la mort.

(!8) Dont, dans sa profonde humilité, il disait dans la préface (p. 8) : « Puisse la lecture de ce petit ouvrage aider au salut d'une seule âme, et j'oserai esi)érer, d'après l'assurance de l'Apôtre, qu'elle contribuera à couvrir la multitude des iniquités dont j'ai souillé mes ans »

(19) Paris, A. Le Clerc, ln-12. L'ouvrage eut trois éditions. Une nouvelle est en préparation à la librairie Téqui.

La première édition, d'après la Littérature française contc:nporainc. t. IV, serait de 1834.

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Mentionnons enfin les Litanies pour une bonne mort que le Père de Géiamb publia vers Ja même époque (20).

Depuis son entrée à la Trappe, le souvenir de la mort et des fins dernières, qui avait été comme le premier mobile de sa conversion, faisait donc comme « le point le plus saillant de la pensée du frère de Géramb, l'objet de sa joie, et comme le cri d'impatience jeté par son âme, avant l'heure où se dégageant de ses liens, elle serait rendue à elle-même, à son Dieu et à sa liberté (21). » Mais dans ses efforts de tous les jours pour tendre à la perfection de son état, le fervent religieux savait où trouver les secours nécessaires, et que d'abord une piété filiale envers la Très Sainte Vierge était le grand moyen.

A dire vrai, il l'avait apportée avec lui au Port-du- Salut, car sa mère Mme de Géramb l'avait inculquée avec soin dans le cœur de tous ses enfants, et, au milieu des écarts les plus grands de la première moitié de sa vie, le baron de Géramb y était resté fidèle. Aussi lui attribua-t-il toujours une large part dans l'œuvre de sa conversion. Une fois entré en religion, sa dévotion pour Marie prit un développement plus considérable, tout naturellement, puisque c'est la dévotion caractéristique des Trappistes.il adopta dès lors la pratique de faire ses actions en union avec Marie et de les offrir à Dieu par l'entremise de sa mère. S'il faisait l'aumône, c'était pour honorer Marie. Sa confiance envers cette Mère chérie était sans bornes;

(20) Paris, même librairie,. Une traduction allemande parut en 1838 à Strasbourg, chez Derivaux.

Cf. l'Ami de la religion, t. 56 (28) p. 223.

(21) P. Irénie, p. 186.

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il s'adressait à elle dans tous ses besoins. Lorsque la voûte de l'église du monastère qu'il avait fait consti-uire s'écroula, comme nous le raconterons bientôt, les murs et les colonnes avaient été fortement ébranlés et l'on craignait de les voir s'effondrer à leur tour. Le frère de Géramb se hâta d'aller prendre à sa cellule des images de la Sainte Vierge qu'il suspendit aux colonnes. A partir de ce moment, aucune pierre ne bougea, en sorte que les ouvriers purent reprendre leurs travaux qui s'achevèrent sans le moindre accident.

Dans tous les ouvrages du P. de Géramb se trou vent des prières et des consécrations à la Sainte Vierge dans lesquelles il épanche affectueusement les sentiments de son cœur. Il lui consacra de plus exclusivement deux opuscules intitulés l'un : Marie aux pieds de la croix (22), et l'autre : Une journée consacrée à Marie (2.S). Le premier est un recueil de touchantes prières pour honorer les sept douleurs de Marie, suivies d'une traduction, en vers français très élégants, du Stabat Mater. Dans le second, le Père a composé des prières pour tous les exercices de la journée. Il y a ajouté les vêpres et les compiles de la Sainte Vierge dont tous les psaumes sont en vers français. Le tout se termine par une dizaine de poésies en l'honneur de Marie, puisées dans différents auteurs. Dans l'un et l'autre de ces opuscules, dignes d'un enfant de saint Bernard, l'âme du

(22) Paris, A. Leclère, in-18. avec une gravure et une couverture en taille-douce. L'ouvrage eut .5 ou 6 éditions et fut traduit en Allemand par M. l'abbé Spitz (Strasbourg, 1838.)

ïj'Ami de la religion du 17 mars 1830 fait un compte-rendu élogieux de cet ouvrage.

(23) M., ib

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pieux auteur reflète tout ce qu'il y avait en elle d'amour, de poésie et de délicate tendresse envers Marie (24).

Ce fut à l'ombre du patronage mystique de la Très Sainte Vierge que la dévotion du P. de Géramb s'accrut et se fortifia. On peut affirmer que son existence, depuis son entrée à la Trappe, s'écoula tout entière entre l'abandon filial qu'il fit de sa persojmft et de tous ses actes entre les mains de Marie, et la méditation presque continuelle des souffrances de Notre-Seigneur dans son douloureuse Passion (25). Cette dernière dévotion alluma en lui cette soif ardente de la pénitence, ce goût marqué pour tout ce qui tendait à mortifier son corps et à humilier son esprit dont nous avons parlé ; la dévotion à Marie en fit un homme qui pour plaire à sa Souveraine se dépouilla de tout, même de ses œuvres surnaturelles et satisfactoires, et qui, las des créatures, reporta sur elle ce que Dieu lui avait mis au cœur de dévouement et d'élans généreux.

(24) Plis tard, lors de son départ pour la Terre Sainte, le P. de Gé:"amb obtint une sorte de miracle, grâce à sa dévotion envers U T. S. Vierge. Nous raconterons ce trait édifiant (p. 211) i propos du quel le P. de Géramb écrivait ces touchantes paroles : « Aimer Marie; c'est le bonbeuri Je puis le dire après les Pères, c'est le sceau des élus. Nous sommes à JÉSUS par le baptême, nous avons été marqués du signe de la croix. N<us sommes à Marie, car Jésus nous a donnés à sa mère. J'aine beaucoup saint Bernard. Ab! qu'il aimait la sainte Vierge. Il disait souvent ; Aimez ce.tte tendre mère, aimez-la de toute la force de votre âme, de toute la vie de votre cœur. C'est le bon plaisir de Celui qui nous a tout donné par ele. Mes petits enfants, voilà l'asile des pécheurs; là est le fondînien.t d'une confiance que rien ne pourra ébranler. »

(25) On se 'appeUe que sa dévotion pour la Passion de N. S. lui avat fait choisir le jour du Vendredi-Saint pour sa profession nonastlque.

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Sa dévotion pour la Passion lui inspira également quelques très beaux opuscules, pleins d'admirables expressions de son ardent amour pour Notre-Seigneur. Ce furent d'abord les Aspii'ations aux Sacrées Plaies qui parurent pour la première fois en 1826 (26), et furent imprimées à l'insu de l'auteur (27). Remarquons la mention qui y est faite de la plaie de l'épaule causée par le portement de la croix, pour laquelle saint Bernard avait une particulière dévotion. Signalons-y encore une très belle belle prière au Sacré-Cœur de Marie. L'opuscule se termine par le Fragment da journal d'un ancien militaire (28; que nous avons déjà cité.

Vinrent ensuite successivement les Litanies à l'honneur de JÉsus-CiiRiST souffrant, modèle et soutien des âmes affligées (29), — A Jésus crucifié (3o), — • et Au tombeau de mon Seigneur (3i). Chacun de ces

(26) Et eurent au moins 8 éditions, sans parler d'une traduction en Allemand. (S-trasbourg, Deriveaox. 1838.)

(27) Ld première édition contenait aussi une belli prière (qui fut aussi imprimée à part) pour la famille roj'ale qui disparj>t des suivantes, après la chute de Charles X.

'L'Ami de la religion fit à deux reprises (16 août 1826 et 2 juin 1827) l'éloge de ce petit volume.

(28) « Nous n'avons pas besoin de dire, écrit l'imi de la religion, quel est ce militaire qui raconte avei feu une anecdote fort remarquable de sa vie. — Tou- ce récit, ajoute le journaliste, est plein de scn-timents de foi et de repentir qui conviennent à un trappiste pénitent, »

(29) In-18 de 36 pages. Il y eut au moins 3 édlions et une traduction allemande, à Strasbourg en 1838.

(30) In-18 de 36 pages. Egalement .trois éditiore et une traduction allemande. {Ami de la religion, 17 avril 1830.)

(31) In 18 de 52 pages. 4 éditions, une éditior en allemand (Strasbourg, 1838) et une édition en espagnol (Paris, 1846, trnd. par D. Celcst. de Caele).

L'Ami de la religion qui annonça ce petit volume ajoute (9 mai 1829) peut-être avec raison que l'auteif « se met luimême en scène avec un excès d'humi'.i.té, et iftconte d'anciens désordres dont il ne devait pas la confession /u public »

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pieux opuscules est précédé d'une dédicace à Marie, et les deux premiers d'une sorte de prière au lecteur, pleine d'admirables sentiments d'humilité. Du troisième, le saint évêque d'Orléans, dont nous retrouverons encore le nom, Mgr de Beauregard, disait dans son approbation : « Le pieux auteur de ce livre ne pouvait exprimer d'une manière plus touchante les sentiments d'un cœur blessé d'une douleur sincère ; sans doute sa vertu n'a pas besoin des accents du repentir, son cœur n'est rempli que d'un généreux amour pour Celui auquel il a tout donné en se donnant lui-même. Nous avons lieu de penser que la lecture de cet écrit peut être utile à la piété. » J'avoue, pour ma part, n'avoir pu lire ces opuscules sans émotion, et je l'espère, sans pro: fit pour ma pau%Te âme.

Il y a enfin à rappeler encore la grande dévotion que le P. de Géramb eut toute sa vie, même avant son entrée au cloître, même peut-on dire avant sa conversion, pour la sainte et adorable Eucharistie (82) et à signaler l'ouvrage remarquable qu'elle lui inspira, les Lettres à Eugène sur rEucharistie, ouvrage dont on a pu dire sans exagération (33~i qu'après les Visites au. Saint Sacrement de saint Alphonse de Liguori, il n'est pas de livre plus ca-

(3-2) Cf. chapitre III, p. 23, et chapitre VII, p. 82.

(33) P. Irénée, p. 210. Aussi ce volume publié pour la première fois pendant que le Père était au Mont-des-Olives et à son insu, a-t-il atteint 8 éditions. Il fut aussi traduit en allemand et édité à Strasbourg (en 1838).

— Le traducteur de tous ces ouvrages n'ét-ait pas autre que le célèbre abbé Spitz, curé de la cathédrale et le second fondateur des Sœurs de charité de Strasbourg. Cf. sa biographie, par M. le chanoine Schickelé.

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pable d'entretenir la fer'veur des âmes à l'égard de la Sainte Eucharitie ni plus en état d'intéresser et d'instruire les enfants qui se disposent à la première communion. » C'est du reste pour un jeune premier communiant que le R. P. de Géramb avait écrit les deux lettres (35) composant ce volume, à la prière de son frère, M. Eugène N..., du Mans, qui était venu plusieurs fois au Port-du-Salut et s'était lié avec le Père, alors hôtelier (36).

Le livre (37) s'ouvre par des maximes tirées de l'Evangile et qui indiquent comme en raccourci tout ce que l'auteur dira ensuite sur l'excellence du Sacrement de l'Eucharistie, sa nécessité et les dispositions qu'il exige dans ceux qui le reçoivent. Viennent à ce propos, confirmées par des exemples, quelques considérations sur la communion indigne. Les dispositions sur lesquelles il insiste sont que l'âme ait, pour retirer des fruits de la communion fréquente, un désir sincère et efficace de la perfection, de sorte qu'une communion soit la préparation de celle qui suivra et une action de grâces de celle qui l'aura précédée. De tout ceci l'auteur tire quatre conséquences : il faut respecter les églises où réside le Dieu de l'Eucharistie, les prêtres qui offrent le Saint Sacrifice, les évêques en qui se trouve la plénitude du sacerdoce, et enfin le Pape, sommet de toute la hiérarchie.

(34) Datées l'une du 2 novembre 1826, la seconde du 3 janvier 1827.

(36) Dans la longue préface de ce volume, l'éditeur nous rappor.te plusieurs circonstances intéressantes de la vie du P. de Géramb. Nous en citerons l'une ou l'autre.

(37) 'L'Ami de la religion annonça ce volume à deux reprises. Je 2 juin 1827 et le 9 juin 1830.

LE PÈRE DE GÉRAMB l/j^

Le plan du livre est simple, le style agréable quoique un peu diffus. De très nombreuses citations montrent dans l'auteur une mémoire admirablement dotée, et un travail de recherches considéra ble. Le tout s'enchâsse parfaitement dans le texte et le tout marche avec entrain vers un but déterminé. Mais, dit ave-c raison le P. Irénée (38), « ce qui plaît par-dessus tout dans la lecture de cet intéressant opuscule, ce qui, par moments, remue le cœur jusqu'aux larmes, c'est l'accent de profonde conviction qui y règne d'un bout à l'autre, c'est le cri d'amour qui s'échappe de tous les points à la fois du récit. On sent que la plume qui a écrit ces pages, a obéi à autre chose qu'à un sentiment d'enthousiasme factice, et que le feu qui y brûle, s'alimente à un brasier réel. ))

Le lecteur se rappelle le trait de foi raconté plus haut, du baron de Géramb accompagnant le Viatique porté à un malade (39). La chose avait fait du bruit (4o) : un général remplissant le rôle d'un enfant de chœur n'est pas, en effet, une chose que l'on voit tous les jours. Le lendemain, comme le baron de Géramb allait entrer dans .l'église Saint-François de Sales, un Monsieur l'aborde, lui prend affectueusement la main et le félicite de l'édification qu'avait donné son action de la veille. C'était l'illustre Ma-

(39) En 1814. Cf. p. 82.

(40) Un trait de sa vive aévotion envers U sainte Vierg© aurait dû trouver sa place plus haut. Un jour, à la même époque, o>t probablement pour demander la guérison de sa mère, le baron de Géramb monta à Fourviôre, en costume de général, nu-pieds et les mains jointes. Toute la ville en fut édifiée, dit le P. Irénée (p. 250). Vingt ans après les prédicateurs en parlaient en chaire et le souvenir s'en est conservé jusqu'à ce jour. » (1879.)

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thieu de Montmorency. De ce jour s'établit entre eux une amitié que l'entrée à la Trappe du baron de Géramb ne devait point refroidir : le livre que nous venons d'analyser en donne un touchant témoignage a Toi qui, malgré la mort, vis toujours dans mon cœur, et qui maintenant dans le ciel, contemples face à face Celui dont tu fis les délices sur la terre; toi que je vis au sacré Banquet t'enivrant de bonheur ; toi qui me parlais de ce Sacrement d'amour et qui après m'en avoir parlé des heures entières, m'en parlais encore, ô Mathieu de Montmorency, que ne puis-je te montrer à l'univers entier, assis à la Table sainte, recevant ton Dieu, ce Dieu qui permit que le même jour et à l'heure même où il consomma l'œuvre de la Rédemption, tu rendisses ton dernier soupir sur son tombeau, comme pour lui rendre vie pour vie et amour pour amour (Zji). »

A la Trappe, on le devine, la dévotion du P. de Géramb envers la divine Eucharistie put prendre une plus grande extension, un plus grand essor, et, depuis son entrée en religion jusqu'à son dernier soupir, ce fut dans ce foyer divin qu'il puisa la force, la joie, la lumière et cette paix incomparable qui repose l'âme au milieu même des souffrances du corps et des épreuves de la vie. Ceux qui pouvaient le voir au chœur, étaient pénétrés de son attitude si profondément recueillie ; mais quand on le voyait revenir

(41) Lettres à Eugène, p. J66. — Le duc Matthieu de Montmorency était mort le 24 mars 1826 dans l'église Saint-Thomasd'Aquin de Paris, agenouillé devant le tombeau du Vendredi- Saint.

Ce passnge ne ?e trouve pas dans toutes les éditions des Lettres sur l'Eucharistie.

de la Table sainte, il paraissait transformé : il semblait que la terre eût disparu à ses yeux et que son âme entrevoyait quelque chose des splendeurs du monde invisible.

Un trait emprunté à ces mêmes Lettres à Eugène par lequel nous terminerons ce chapitre, confirmera ce que nous venons de dire sur l'affectueuse piété du P. de Géramb envers l'Eucharistie.

Un jour de fête, revenant de la sainte Table, pour retourner à sa place au choeur, le P. de Géramb remarqua à la grille qu'une personne désirait recevoir la sainte communion, a Accompagner le saint Sacrement... ne me parait pas seulement un devoir, mais un délice et je quitterais tout au monde pour me procurer ce bonheur ineffable. Je pris donc un des cierges, donnai l'autre à un religieux du chœxrr et prosterné devant le grand autel, j'attendis que Dom Armand notre prieur qui célébrait la grand'- "messe se mit en marche afin de l'accompagner... Arrivés à la grille, je me mets à genoux, baissant les yeux, et ne doutant aucunement que la personne qui allait communier avec cet appareil ne fut d'une grande distinction, l'usage n'étant pas de porter la sainte communion durant la grand 'messe... Quelle ne fut pas ma surprise, en reconnaissant un pauvre vieux monsieur que le P. Armand avait converti et qu'il instruisait depuis quelques mois !

« Oui, mon cher Eugène, c'était à un pauvre qu'on présentait avec cet appareil, le Fils de Marie qui d'une parole créa l'univers et d'un regard pourrait l'anéantir. Ce bon vieillard tremblait et pouvait à peine tenir la nappe de communion. Dans ce moment la grandeur de Dieu et sa bonté plus grande

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encore s'il est possible, frappèrent tellement mon imagination, en me ressouvenant surtout de ces piétendus grands du monde qui oseraient à peine jeter un regard sur un être pareil à celui que je voyais devant moi et à qui Dieu se donnait tout entier, que je crus apercevoir visiblement Jésus-Christ dans la personne de ce vieux pauvre, mais si visiblement que je m'approchai pour lui baiser les pieds... Je me rappelle que je versais des larmes et que je ne revins bien à moi que longtemps après être retourné à ma place au chœur (42). »

(42) p. 98. (De la 4" édition que j'ai sous les yeux.)

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