SOINS NÉCESSAIRES AUX JEUNES CHEVAUX
Quand les jambes auront été douchées ou lavées, Thomme devra les sécher, surtout au pli du paturon, pour éviter les crevasses; mais qu'il ne s'avise pas de prendre son torchon par les deux bouts et de s'en servir comme d'une scie; au lieu de prévenir le mal, il le ferait naître rapidement; cette partie du membre doit être séchée par tamponnement et non en l'essuyant.
A moins d'avoir un homme très sûr et une écurie très chaude, nous ne conseillons pas l'emploi exagéré de l'eau. Nous avons cependant vu, dans des écuries admirablement tenues, les palefreniers laver le corps des hunters à grande eau au retour de la chasse, mais le cheval était aussitôt massé et séché par deux paires de bras vigoureux surveillés par un piqueur savant. Ce travail est long et pénible, un cocher seul ne peut le faire.
Voici ce que nous conseillons si l'animal rentre en sueur : faites-le aussitôt couvrir d'une couverture de laine et d'un camail ; tâchez qu'il soit à l'abri des courants d'air. Le lavage des membres sera fait en quatre ou cinq minutes au plus; les hommes qui y passent plus de temps ne le font pas mieux pour cela. Le séchage se fera à l'écurie.
Un lavage fait dans ces conditions sera salutaire; mais si l'homme attache son cheval à une boucle, qu'il aille se déshabiller, qu'il revienne tranquillement en roulant une cigarette, qu'il lave le ventre et le poitrail, il eût bien mieux fait de rentrer la bète à l'écurie et de la laisser sans soins.
Le mauvais cocher aime à ôter la boue à grand renfort d'eau ; il s'évite ainsi un pansage difficile pour le lendemain.
Faites bouchonner avec de la paille, surtout autour des oreilles et au poitrail; puis un bon coup de bouchon ou de brosse en chiendent, et de bonnes couvertures.
Cockers et palefreniers , — Nous avons parlé pour les gens qui disposent seulement d'un personnel inexpérimenté, et c'est le plus grand nombre.
Vous voulez une écurie bien tenue. Faites en sorte pour cela
que vos hommes, si rompus puissent-ils être au métier, soient persuadés que vous leur êtes très supérieur et que vous vous y connaissez mieux qu^eux. C'est un principe reconnu nécessaire depuis bien des siècles.
Socrate, d*après Xénophon, parlait ainsi au maître de la cavalerie : « Dis-moi d'abord ce que tu penses faire pour améliorer les chevaux. — Cela ne me regarde pas, répondit l'hipparque, c'est à chaque cavalier de prendre soin de sa monture. — Le philosophe lui démontra au contraire qu'il devait s'occuper de ses chevaux et ne pas les abandonner aux hommes. » Plus loin, l'officier de demander au philosophe par quel moyen il devait plier ses sous-ordres à l'obéissance et l'illustre Athénien de répondre : c Tu as remarqué sans doute, qu'en toute occasion, les hommes se soumettent le plus volontiers à ceux en qui ils reconnaissent de la supériorité : le malade obéit à celui qui passe pour connaître le mieux la médecine ; dans une traversée on écoute le meilleur pilote; en agriculture, on se soumet au plus habile laboureur. Eh bien ! de même les hommes obéiront à celui qui réunira le plus de connaissances nécessaires à la cavalerie. »
Dans les plus grandes maisons que nous avons connues, et où le. maître ne s'occupait pas de son écurie, le service s'en ressentait et les chevaux, continuellement hors de service, tournaient généralement mal.
Vous devez toujours conserver la haute main sur votre personnel et votre « manière » doit prévaloir, quels que soient le ou les hommes qui vous servent.
Quand un cheval rentre mouillé, quelques cochers lui mettent de la paille sur le dos avant de placer la couverture. Nous ne les approuvons pas; il se forme un courant d'air autour du corps, et le refroidissement est rapide. Il faut mettre la couverture comme à l'habitude, et si au bout d'un certain temps elle est trop mouillée de sueur, la remplacer par une autre.
Si nous recommandons d'éviter le froid et le vent pour l'animal rentrant du travail, nous préconisons au contraire le pansage