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MISE EN TRAVAIL DU JEUNE CHEVAL

Nous subordonnons le travail à Tétat des jambes, et voici ce que nous recommandons de faire :

Emploi des guêtres marchandes, même si le cheval ne se coupe pas.

Emploi des flanelles et d'ouate aux membres antérieurs pendant le travail ; les poulains ne savent pas marcher et se cognent les canons avec leurs pieds; il en résulte la naissance de petits suros qui peuvent entraîner une boiterie passagère ; le bandage amortit les chocs et les rend inoffensifs.

Au moindre signe de fatigue ou de mollesse, nous donnons au jeune cheval du glycéro-phosphate de chaux, des ferrugineux, de larséniate de soude et quelques spécialités dont M. le capitaine Bausil, dans son livre (i), préconise avec raison l'emploi.

L'usage de cette médication a un effet incontestable sur les tares osseuses et particulièrement sur les suros dont la disparition est souvent aussi rapide que leur poussée fut soudaine.

Si les boulets postérieurs s'arrondissent, soignez-les par des douches et des compresses. Vous pouvez mettre des flanelles simples derrière et à l'écurie; mais ne les faites jamais placer aux antérieurs sans interposer une couche d'ouate; les tendons sont si fragiles, que la gêne apportée par un cordon trop serré les fait enfler et paraître claqués. Nous avons vu ces accidents se produire fréquemment, chez les jeunes chevaux surtout; accidents, en vérité peu graves, mais fort inquiétants quand on en ignore la cause.

Si vous distinguez un commencement de molettes, faites de fréquents badigeonnages d'iode.

Généralement vous ne serez pas obligé d'employer tous ces soins pendant longtemps ; une période de deux mois suffit pour permettre aux tissus de se fortifier.

Pendant cette période, soyez d'une sévérité extrême pour vousmême, et si le cheval vous ennuie par son caractère, ne vous laissez

(i) Paris-Rouen-Deauville .

pas aller à lui donner une bonne poussée ; vous risqueriez de le perdre irrémédiablement ou tout au moins de le retarder d*un an.

Ne vous dites jamais : tant pis; je suis pressé, je vais aller un peu plus vite ; mais en revanche, je laisserai mon animal deux jours à récurie. Ce système de compensation n'existe malheureusement pas.

Les personnes qui tiennent de tels raisonnements sont certaines de ne pas réussir dans leurs essais; si, une première fois, elles n'ont pas éprouvé de dommage à la suite d'une course longue et rapide, elles sont pleines d'une confiance prématurée : nous avons une bête excellente, pensent-elles; et elles recommencent. Après quelque temps de semblable entraînement, elles n'ont plus qu'un invalide bon à envoyer au pré pendant un an; et elles iront grossir le nombre des gens q«i proclament le jeune cheval inutilisable.

Alimentation du cheval. — D'après les tableaux qui suivent (i) le lecteur se rendra compte de la quantité de nourriture strictement nécessaire à chaque genre de cheval. Je ferai remarquer que toutes les personnes ayant pratiqué le cheval considèrent ces rations comme insuffisantes. Les chasseurs, les loueurs et tous les gens qui se servent sévèrement de leurs chevaux, doublent presque ces quantités.

Les amateurs désireux de se renseigner, pourront puiser des indications précieuses dans les études de MM. Lavalard, Sanson, Baron, Jacouletet Chomel, etc.

L'alimentation sucrée a de nombreux partisans, au nombre desquels je me suis rangé du jour où j'ai constaté les effets bienfaisants d'un tel régime.

Voici comment je nourris mes chevaux :

Chevaux genre cavalerie légère (en plein \ ^

service) )

(I) Page 88.

Avoine 4

Aliment sucré. 4 litres.

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