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DES DÉPARTS DIFFICILES

nement passager, vous éprouverez dans la suite une satisfaction de longue durée.

Vous pouvez ainsi facilement appuyer votre cheval avec une égalité parfaite sur chaque barre, et perdre ou reprendre le contact avec rapidité.

Le lecteur nous pardonnera cette longue digression sur le ménage ; elle nous a détourné pour un instant du dressage auquel nous revenons dans le chapitre suivant.

Des départs difficiles. — Nous n'avons pas encore parlé du cheval qui, ayant été attelé à deux, hésite à partir quand il est seul.

Ne le pressez pas, ne faites pas sentir la main et surtout n'attaquez pas; quelques appels de langue espacés doivent vous suffire pour Pinstant.

L'homme qui tient la longe doit se mettre un peu en avant de cdté et tirer à Im le cheval sans, bien entendu, le regarder dans les yeux.

Ne faites jamais tirer sur les guides en avant, vous seriez certain de déterminer le recul. Ne faites pas non plus pousser aux roues, vous obtiendriez un résultat identique.

Si l'animal se porte de droite à gauche, l'aide maintiendra autant que possible les brancards dans la bonne direction ; mais il ne devra jamais aider au démarrage. Plus un cheval se sent poussé par derrière, plus il résiste.

Si, après une attente raisonnable, le départ ne s'est pas produit, faites reculer à la main et par le licol sur une dizaine de mètres environ; cessez et recommencez.

Pendant tout ce temps, surveillez avec soin les moindres tentatives de démarrage, et si elles se manifestent, ne les contrariez pas, même si vous vous en allez dans une direction opposée à celle que vous eussiez choisie. Le principal est de partir sans en arriver aux coups; nous avons quelquefois attendu une demiheure avant d'obtenir un résultat, et la persévérance nous a le plus souvent réussi.

io8 GÉNÉRALITÉS HIPPIQUES

Nous préférons dételer et ratteler aussitôt à deux, que d'user des coups dont l'effet le plus habituel est de faire coucher le cheval, ou de le faire renverser.

L'emploi de la longe est, nous l'avons dit bien des fois, indispensable; nous conterons à ce sujet le fait suivant dont nous avons été témoin : Un cheval partait très bien quand il y était aidé par la longe, mais dès que celle-ci était supprimée il était impossible de le décider à faire im seul pas. Un piqueur eut l'idée de supprimer le licol et de passer la longe dans la sousgorge; les départs demeurèrent parfaits. Au bout d'un certain temps, la longe fut remplacée par un cordon blanc, auquel il fut enfin substitué un brin de laine blanche; le cheval s'habitua facilement à cette supercherie, mais jamais à la suppression complète de toute apparence de longe. Un badaud, se trouvant présent un jour d'attelage, demanda au piqueur à quoi servait ce bout de laine ; et celui-ci de répondre avec un imperturbable sangfroid qu'un cheval pouvait reculer avec un caveçon, avec une longe, avec les enrênements les plus compliqués, mais que jamais l'animal le plus rétif ne refusait de se porter en avant quand on avait soin de lui passer un brin de laine dans le cou. Nous ignorons quelle réflexion se fit le curieux, mais peut-être pensa-t-il, et avec raison, qu'il lui vaudrait mieux ne pas pousser plus loin son interrogatoire.

Ce qui précède n'a été dit que pour prouver combien l'effet moral était puissant chez le cheval, et combien celui-ci se laisse prendre facilement aux supercheries les plus grossières. L'homme, du reste, ne laisse pas de lui ressembler quelquefois sur ce point.

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