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L'ÉQUITATION

salle d'armes pour prétendre une telle chose. M. le chevalier Pini est un athlète admirable et prodigieusement musclé, M. Thomeguex, son adversaire amateur, est un colosse, et si vous êtes à même de regarder les avant-bras de ces hommes d'épée, vous serez convaincu qu'ils développent une grande force. Tous les bons tireurs que j'ai connus étaient énergiques et vigoureux, particulièrement de l'avant-bras et des doigfts; il est vrai qu'en même temps ils étaient souples*

Les gymnasiarques les plus élégants et les plus légers à la barre fixe possèdent des bras d'acier.

Le cavalier le plus puissant des jambes sera le plus élégant, et la fixité de la base sur laquelle il repose — les fesses maintenues par les fémurs et les genoux — lui permettra une indépendance absolue du corps, des bras et de la tête.

La position du cavalier variera suivant sa conformation.

S'il est court de jambes, il devra monter assez long; ses genoux n'en porteront pas moins sur la selle ; il enveloppera mieux son cheval et ses talons rencontreront le ventre sans être obligés de se porter en arrière; sa solidité et sa puissance d'action n'en seront que meilleures.

L'homme le plus petit de buste et possédant des jambes moyennement longues et minces est le mieux conformé pour devenir un bon cavalier. Plus le buste est long, plus l'équilibre devient difficile à maintenir; et si en même temps, les jambes sont longues aussi, les genoux ne porteront plus sur la selle. Plus que jamais les fémurs devront se fermer avec énergie.

Le cavalier qui a la cuisse ronde éprouve une grande difficulté à devenir solide ; il devra monter un peu court et tourner sa cuisse le plus en dedans possible.

Celui qui a les jambes démesurément longues devra monter court; sa solidité n'y perdra guère et il pourra se servir normalement de ses talons.

Je ne demande au jeune cavalier rien d'autre que de rechercher la solidité sans étriers.

ii6 GÉNÉRALITÉS HIPPIQUES

Quand il tourne sans peine autour du manège, au trot assis ou enlevé et au galop, je mets le cheval à la longe sur un cercle restreint. La difficulté augmente; au moindre déplacement le cavalier doit réagir en tournant la cuisse droite en dedans s'il se sent tomber à gauche et inversement.

Je fais tourner dans les deux sens.

Tant que Télève n'est pas solide, je ne lui fais prendre que les rênes de filet, et encore les lui fais-je abandonner fréquemment.

Je n'ai pas inventé ce mode d'instruction, mais j'affirme qu'on l'abandonne beaucoup trop tôt. Il faut l'appliquer pendant plusieurs mois; et même quand l'élève sera de bonne force, il faudra le reprendre à chaque leçon (i).

J'habitue aussi le cavalier à trotter le corps en arrière, les genoux étant soulevés, de façon à ce que seules les pointes des fesses portent sur la selle ; je fais redresser après quelques pas et reprendre aussitôt l'anglaise.

Quand l'élève exécute ces mouvements avec facilité, je lui fais prendre les étriers; comme il a acquis l'indépendance des tibias, il sera rapidement maître de son pied.

L'étrier doit être à demi chaussé et le talon bas. L'élève n'aura qu'à faire passer la moitié de la force de ses genoux dans ses chevilles, et le poids de son corps fera fléchir celles-ci, amenant forcément ainsi la descente des talons. .

L'étrier déchaussé doit arriver au-dessous de la cheville (2). Je le fai$ chausser ou déchausser sans permettre l'usage des yeux ou des mains. Pour réussir, le cavalier frappera de la pointe du pied la branche postérieure et il profitera de l'instant où l'étrier se présentera de face pour le chausser.

Je perfectionne la solidité en faisant monter des chevaux à réactions très dures et en faisant sauter.

Pour éviter les saccades sur la bouche pendant le saut, je mets

(i) Cette leçon remplace le sauteur aux piliers et est à la portée de tout le monde.

(2) Il peut être raccourci mais jamais allongé.

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