USAGE DES AIDES
chaque leçon pour être bien exécutée demandera un temps variant de huit à quinze jours.
Je ne fais jamais passer à un exercice avant que le précédent ne soit parfaitement appris.
J'exige ce travail dix minutes au commencement de la reprise et dix autres avant la fin.
Le reste du temps sera employé à trotter, à galoper ou à marcher au pas autour du manège le cheval étant en bridon.
L'élève devra commencer à se rendre compte sur quel pied il trotte ; le moyen le plus simple pour lui de le reconnaître est de regarder. Il trottera à droite, quand il sera élevé de sa selle en même temps que la jambe droite de sa monture sera au soutien, et qu'il rencontrera la selle en même temps que ce membre reprendra l'appui. Pendant le trot à droite le cavalier sentira plus fortement l'appui de l'étrier gauche. En effet, la détente du postérieur gauche produit sa réaction sur le genou droit du cavalier ; il en résulte que l'appui sur l'étrier droit est irrégulier. Le genou gauche n'ayant pas de réaction à supporter se maintiendra plus fixe, permettant ainsi au pied l'appui constant.
Je préfère enseigner l'emploi des aides pendant l'arrêt, carie cavalier étant à ma portée est obligé de m'obéir et il m'est facile de le guider dès qu'il ne réussit pas ; de plus n'étant préoccupé ni parle mouvement, ni par la direction, il aura plus de facilité pour combiner ses effets de mains et de jambes ; et enfin mon cheval ne recevra pas de saccades et ne subira pas l'application nuisible d'impulsions contradictoires.
Le lecteur voudra bien remarquer que ce n'est pas le cheval que j'éduque pendant ces leçons, mais bien le cavalier. Le dressage de l'animal se produit au contraire toujours dans le mouvement (i).
(i) Dans la figure 2 l'extrémité des rênes gauches ressort de la main entre rindez et le médius. Cette tenue me fut enseignée par mon premier maître, M. £. Lalanne; elle permet aussi bien que la précédente de tendre, en employant une seule main, indifféremment les rênes droites ou les rênes gauches.
Impulsion et direction, — L'élève est maintenant maître de son corps et de ses aides ; il pourra, sans danger, employer les rênes de bride pendant le mouvement.
Je l'envoie rejoindre la piste et je lui demande de partir au trot cadencé en lui commandant de maintenir la flexion directe.
Il agira de la même façon qu'à l'arrêt, en augmentant la sévérité de ses jambes et en diminuant celle de ses doigts.
Il devra rester assis, le corps vertical, les coudes aux hanches, les mains ne se déplaceront qu'imperceptiblement, en restant à hauteur de la ceinture, les doigts se serreront avec plus ou moins de force suivant que les flexions seront plus ou moins difficiles.
Je ne prolonge le trot que pendant vingt ou trente mètres, après lesquels je fais passer au pas, la flexion étant toujours maintenue.
Le pas obtenu, je fais abandonner presque complètement les rênes pour permettre à Tencolure de se détendre.
Suivant la rapidité des progrès, j'exige le trot cadencé avec les deux autres flexions.
L'élève est alors prêt pour les contre-changements de main sur deux pistes, que je demande toujours avant tout autre mouvement ; car je puis en réduire l'étendue à quelques pas seulement, ce qui est impossible dans le doubler ou dans le changement de main. Ce mouvement s'exécute aussi dans les trois flexions, et est de la plus grande utilité dans le dressage.
Le cavalier n'a pas encore dirigé son cheval à l'intérieur de la piste du manège, mais il y est parfaitement préparé.
Je lui fais exécuter les changements de main et les doublers au trot cadencé et dans les trois positions de tête. Tous les mouvements d'ailleurs s'exécutent ainsi ; c'est la seule façon d'apprendre rapidement à l'élève l'emploi exact des aides. J'insiste sur ce point parce qu'un grand nombre d'amateurs n'ont aucune notion sur ce sujet, et qu'en conséquence, il leur est impossible de rendre un cheval soumis, souple, agréable.
Ce chapitre est intimement lié à celui du dressage auquel le lecteur voudra bien se reporter.
Rêne droite tendue Fig. III.
Rêne gauche tendue Fig. IV.
MOUVEMENTS TOURNANTS i2x
Mouvements tournants. — L*élève abordera les mouvements tournants.
Il exécutera d'abord des voltes; je surveillerai s'il ne laisse pas
déborder les hanches du cheval, ou si. au contraire, il ne les jette pas à l'intérieur du cercle.
Les pieds de derrière doivent suivre exactement la même courbe que les antérieurs.
Quand la volte s'exécute d'une façon impeccable avec les trois positions de tête, je la demande sur deux pistes > d'abord la croupe en dedans ; puis la croupe en dehors et toujours dans les trois flexions.
Si tous ces mouvements s'exécutent bien, les autres ne sont que jeux d'enfants ; je les énumère pourtant :
Changements de main sur deux pistes ;
Doublers dans la largeur sur deux pistes ;
Demi-volte également sur deux pistes ;
Tête au mur, croupe au mur, pirouette, pirouette renversée, etc.
Pousser plus loin l'étude du trot serait aborder l'équitation savante, qui ne saurait trouver sa place dans ce volume.
Quand le cavalier est ainsi maître de son cheval dans l'allure du trot il galopera facilement. La seule difficulté qu'il éprouvera sera de ne pas se laisser emporter par le poids de la masse ; il lui serait alors impossible de demander les flexions et tout contrôle sur son cheval lui deviendrait impossible.
Je traiterai de cette allure dans le chapitre du galop ; en parler ici ferait double emploi.
Avant d'aborder le travail à cette allure, le cavalier devra être habitué à s'y maintenir très assis, tout en conservant le haut du corps légèrement en avant et la jambe plutôt en arrière.
De la bonne tenue. — Le gentleman doit se tenir à cheval aussi correctement que lorsqu'il est à table ; il évitera les grands gestes de bras, de jambes et de corps. Un peu de raideur est préférable à un trop grand laisser- aller.
Il verra tout ce qui se passe autour de lui; mais s'il seretouoie de tous côtés et à chaque instant, il aura l'air d'un vulgaire badaud,