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DE LA BONNE TENUE

et de plus, sa monture butera. L^homme de cheval remarque tout sur la route qu'il parcourt et la plus petite pierre n'échappera pas à son attention ; c'est là une question d'habitude. S'il se promène avec des amis, il évite de les étonner en trottant ou en galopant toujours devant eux; au lieu de provoquer leur admiration, il leur deviendrait un compagnon odieux en gênant leur promenade ; il est du reste plus difficile de maintenir une allure réglée au gré de chacun que de piquer des charges dans tous les sens.

Le chic à cheval est de monter un animal jeune et difficile sans que personne puisse s'en douter.

Le jeune sportsman évitera encore d'injurier sa monture ou de faire des appels de langue bruyants quand il rencontre d'autres cavaliers ; il risquerait de provoquer des accidents.

La mode est une dame charmante et agréable à suivre, à condition qu'elle ne nous fasse pas trop « marcher » . Toilettez vos chevaux à la mode, habillez-vous dans la dernier chic si cela vous plait ; mais n'adoptez pas, en équitationau moins, certains gestes inutiles ou nuisibles et toujours ridicules. Si vous dirigez votre cheval de la main gauche, ne faites pas l'aile de pigeon avec le bras droit. Ne vous croyez pas obligé de monter les mains plus basses que le pommeau de la selle, surtout si votre cheval s'enterre ; ne les tenez pas non plus trop élevées, vous auriez l'air de transporter des choses précieuses.

Il est possible que vous ayez vu de bons cavaliers monter les mains très hautes ou très basses ; mais soyez persuadé qu'ils y étaient obligés et ne les copiez pas par simple esprit d'imitation.

En résumé, ayez le corps vertical, les coudes au corps, les poignets à la hauteur de la ceinture et la jambe assez en arrière pour que vous n'aperceviez pas la pointe de votre pied ; tâchez de ne pas vous promener d'un bout à l'autre de votre selle. Si du reste vous avez fait le travail d'apprentissage que je vous ai indiqué, la bonne tenue vous sera facile.

Tout cavalier cherchant à faire des grâces est ridicule. L'homme

normalement placé et calme, s'il n'est admiré, passe au moins inaperçu et c'est beaucoup déjà, à cheval et ailleurs.

De la selle. — La selle a de l'influence sur la solidité et sur le tact du cavalier.

L'écuyer le plus solide ne résistera pas à des défenses sérieuses s*ila une selle dure, glissante et mal équilibrée.

Une selle peut être très jolie, fabriquée avec de bons matériaux et pourtant être inutilisable pour Thomme qui aime Téquitation.

Avant de chercher quelques qualités d'élégance il faut exiger le confortable; je préfère une selle très vieille mais souple, à une autre toute neuve et d'une valeur de 200 francs mais dure.

Quand vous désirez en acheter une, neuve ou d'occasion, tâtez-la avec la main ; le cuir doit être souple, je ne dirai pas comme un gant, mais comme un portefeuille.

Vos genoux doivent entrer dedans si j'ose m'exprimer ainsi. Moins elle sera rembourrée, plus vous serez près du cheval et plus vous aurez de facilité pour vous l'assimiler.

Quand votre geribu est placé normalement, le quartier doit le dépasser en avant d'au moins cinq centimètres ; sans quoi, en cas de désordre, vous passeriez sur l'encolure.

Le bourrelet est tout à fait inutile à la fixité du genou ; du reste, dans les selles bien faites, celui-ci trouve une dépression où il peut se loger.

Le quartier doit être long, de façon à ce que la botte ne se prenne pas à son bord inférieur, provoquant ainsi un pincement du mollet ou même une chute.

La selle doit être horizontale ; si elle baisse d'avant en arrière, au premier déplacement vous serez assis sur le troussequin ; si au contraire elle pique du nez vous irez facilement rejoindre les oreilles du cheval.

Lesporte-étrivières doivent être placés très en arrière; en avant ils gênent le genou ou la cuisse et forcent la jambe à se contracter pour demeurer bien placée.

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