LEÇON DE MONTOIR
rênes comme je l'ai indiqué dans le chapitre « Usage des aides »; les quatre rênes dans la main gauche et bien égales entre elles ; assez courtes pour qu'elles soient tendues quand je saisirai de la main qui les tient une mèche de crins au milieu de Tencolure.
Je ne prends pas les crins trop près de leur racine et je les fais passer sous le petit doigt; je pourrai ainsi varier mes effets de rênes en les tendant plus ou moins.
Je possède la direction de Pavant-main, car je puis tendre la rêne droite en plaçant mes ongles en dessous.
Je tendrai au contraire la rêne gauche en tournant ma main les ongles en dessus. La façon dont j'ai pris les crins me facilite grandement ces mouvements.
Si le cheval porte ses hanches vers moi, c'est-à-dire vers sa gauche, je tends la rêne gauche et j'arrête le mouvement.
Si, au contraire, les hanches s'échappent vers la droite, je les immobilise en tendant la rêne droite. Mon cheval ne recule plus, parce que s'il a jamais manifesté le désir de le faire, je l'en ai corrigé en lui donnant la leçon de longe décrite dans le chapitre « Premières séances » .
Étant au niveau de l'épaule, j'engage mon pied gauche à fond dans l'étrier en m'aidant de la main droite; je suis sûr, en prenant cette précaution, de ne pas heurter mon cheval de la pointe de mon pied.
Je fléchis complètement la jambe gauche de façon que mon genou touche la selle, ou s'en rapproche au moins le plus possible ; je saisis le pommeau de la main droite et je me mets en selle sans secousse après avoir opéré un quart de tour sur moimême en m'élevant de terre.
J'ai, dans ce mouvement, évité avec le plus grand soin de chatouiller le ventre de mon animal avec le pied gauche ; c'est là le secret pour rendre en peu de temps le montoir facile. Cette précaution est fréquemment négligée, aussi la plupart des chevaux remuent-ils, dès que le cavalier met le pied à l'étrier.
Je me place près de l'épaule parce que, de là, je surveille les postérieurs, qui ne pourront chercher à me frapper sans que je les prévienne par une tension des rênes gauches.
Étant pour ainsi dire collé à l'antérieur gauche, ce membre ne pourra me frapper. Si le cheval se porte en avant, je m'y oppose avec avantage, et même s'il se produit un pas ou 'deux pendant que je m'élève, ils n'auront fait que d'amener ma selle sous moi et m'aïu-ont plutôt aidé que nui.
Si le cheval se tourmente ou avance sans cesse, je le force à reculer régulièrement et continuellement et je monte pendant la marche rétrograde; cela m'est facile puisque je marche devant moi quand, au contraire, l'animal recule.
Aussitôt en selle, mon unique préoccupation est d'obtenir l'arrêt parfait. Je caresse et je ne fais aucun mouvement de jambes,, tant que l'immobilité n'est pas absolue. Alors seulement je recherche avec précaution mon étrier et je ne me mets en marche qu'une minute ou deux après l'avoir rencontré et m'être confortablement installé sur ma selle.
Le calme du cavalier et celui du cheval sont aussi indispensables l'un que l'autre au bon résultat du dressage.
Marcher droit. — Si mon cheval n'a jamais été ni monté ni attelé, il est certain qu'il ne saura pas marcher, même à côté d'un camarade. Il aura l'encolure flottante de droite à gauche et de bas en haut ; ses épaules seront inégalement chargées ; il buttera, se cognera les membres, ou même les croisera.
Le caractère variant avec chaque animal, il m'est impossible de dire, une fois pour toutes, ce que l'écuyer doit faire, mais le but unique est actuellement de décider le poulain à se porter franchement en avant à l'indication des jambes.
Je ferme donc celles-ci lorsque je veux augmenter l'allure, et si leur effet n'est pas compris, j'use de la cravache, non comme d'instrument de coercition, mais comme d'aide.
Dès que j'obtiens facilement le mouvement en avant, je