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MARCHER DROIT

cherche à relever légèrement Tencolure en donnant un point d'appui.

. Si le cheval est vigoureux, j'obtiens ce résultat très rapidement. Si, au contraire, il est [mou, aussitôt qu'il sent là main, il cesse d'obéir aux jambes, ralentit l'allure et se fait porter par les rênes; j'use de la cravache avec assez d'énergie pour que le poulain devienne sensible au simple contact des jambes et j'utilise aussi les coups de talons jamais en aucun cas je ne mets d'éperons.

Plus l'animal estjparesseux, plus je lui demande des allures énergiques; si je le mets au trot, je n'exige de lui que cent ou cent cinquante mètres mais à une allure franche; et j'agis de la cravache jusqu'à ce qu'il soit très animé et qu'il marche la tête haute.

Au contraire, avec un sujet nerveux, je ne vais qu'aux allures lentes, en recherchant le calme.

Je ne demande jamais d'effort soutenu et je rentre avant que la fatigue se fasse sentir; je ménage ainsi les jambes et je suis bien plus maître de l'équilibre et de la bouche. Un animal fatigué baisse la tête, s'appuie sur la main, n'engage plus les postérieurs, et les progrès dans ces conditions deviennent impossibles.

Chevaux de selle de travers, — Il est très fréquent que le jeune cheval'lse tienne de préférence d'un même côté du chemin et refuse de se porter vers l'autre; cela provient du mauvais emploi des aides.

Voici ce qui [se produit ; l'animal se trouve sur la droite, par exemple; le cavalier, voulant aller sur la gauche, tire sur la rêne gauche et ferme la jambe droite.

L'animal non dressé porte sa bouche à gauche et le haut de la tête à droite ; il courbe son encolure à gauche, tout en en repor » tant le poids à droite. L'épaule droite est ainsi chargée d'un poids appréciable, elle entame le terrain moins franchement que la gauche, et la progression se produit en obliquant à droite. Plus la rêne gauche sera tendue, plus l'encolure se reportera à droite, et plus la direction déviera.

Mais ce n'est pas tout; le cheval ne connaît pas les jambes, et instinctivement, il vient sur ce qui le gêne. Les hanches s'égareront à droite d'autant que la jambe droite du cavalier sera énergique ; ce mouvement est encore encouragé par la tension de la rêne gauche.

L'animal finira par marcher dans le plus grand désordre et toujours vers la droite; j'en ai vu qui arrivaient à amener leur croupe à la hauteur des épaules. Ils marchaient donc, leur axe étant perpendiculaire à la normale, c'est-à-dire complètement traversés ; ils risquaient de se blesser ou de tomber.

Je crois avoir démontré que le cheval n'agit ainsi que par ignorance, conformément aux lois de l'équilibre et non par mauvaise volonté.

Il m'est arrivé souvent de monter un animal qu'un homme ignorant amenait dans cette posture, et j'ai toujours obtenu le redressement presque instantané.

Si la déviation se produit vers la droite, je prends les rênes dans la main gauche, comme je l'ai expliqué dans le chapitre « Du montoir »; je les tends également et je porte ma main insensiblement à gauche, tout en sentant légèrement la rêne gauche. Le cheval a ainsi le bout du nez à droite et le poids de l'encolure à gauche. L'épaule droite est dégagée, tandis que la gauche se trouve arrêtée. Restent les hanches, qui forcent sur ma jambe droite : je les redresse avec la cravacha, énergiquement employée en même temps que le mollet.

L'épaule droite étant libre, l'avant-main a tendance à obliquer à gauche ; les hanches chassées par la cravache fuient du même côté et mon cheval se trouve porté sur la gauche, son axe étant •resté parallèle à celui de la route suivie.

En quelques minutes l'animal est transformé; souvent même le résultat dépasse le but, la déviation vers la gauche devenant excessive. Je change alors mes rênes de main et je procède de façon identique et inverse à ce que je viens de dire.

La cravache doit être employée avec énergie, sans hésitation,

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