‹ Généralités sur les sirops et les mellitesChapitre 13 sur 42 · J. ph., 1884.X · texte numérisé non relu

J. ph., 1884.X

0,03. Si le poids de la liqueur est 25 kilogr., il faudra ajouter au sirop 25 x 0,03-X 2= 0,500 d’eau pour le ramener à 55° Baume.

Dissolution du sucra. — La dissolution peut être laite à froid ou à chaud. À froid, le résultat obtenu est toujours meilleur, mais malheureusement la dissolution s’opère très lentement. Cet effet tient à la grande viscosité des solutions sucrées concentrées ; chaque fragment de sucre se trouve imbibé d’un liquide très peu lluide et dès lors c'est par l’extérieur seulement que s’opère la dissolution. Il faut du reste, agiter souvent pour favoriser le renouvellement des couches liquides non saturées. Peut-être la lixiviation appliquée au sucre concassé en fragments très-menus permettrait-elle d’obtenir rapidement des sirops préparés à froid et d’une •concentration suffisante.

Je dois ici réagir contre une opinion trop accréditée qui fait croire bien souvent que la solution des J 80 parties de sucre dans 100 parties d’eau est toujours possible même a la température ordinaire. Celle assertion n’est vraie que si l’on •cçnsidèrc une température moyenne de 20 k 25°, c’est-kdire celle de l’été. Elle est erronée si l’on opère en hiver, car alors la dissolution ne peut se faire entièrement. Du reste, il est reconnu que la dissolution du sucre, faite k froid, doit presque toujours être terminée par une légère élévation de température qui augmente le pouvoir dissolvant de l’eau pour le sucre.

On peut s’aider de la chaleur pour dissoudre le sucre très •rapidement. Il serait utile de ne faire jamais agir qu’une température atteignant tout au plus 50 ou 60". Mais l’habitude

que l’on a prise au temps ou le pharmacien se servait de sucres peu raffinés, de faite bouillir la solution pour la clarifier à l'albumine, est restée dans nos laboratoires au grand détriment de la qualité des produits obtenus. On gagne il est vrai du temps. Mais il est bien rare que le sirop ne présente pas quelqu’allération plus ou moins grave. Les matières médicamenteuses sont le plus souvent altérées, ou même précipitées. En même temps le sucre lui-même peut être attaqué si la liqueur contient des acides (inversion). Du reste nous verrons que l’ébullition suffit il elle seule pour déterminer lentement une acidité du sirop, acidité qui suffit ensuite pour l’intervertir. Le miel est encore plus altéré par l’ébullition.

Dissolution de la substance médicamenteuse. — On incorpore la substance médicamenteuse soit avant, soit après le sucre. On l'incorpore avant le sucre toutes les fois qu’on se sert du suc des plantes (infusés, décodés ou macérés divers). On l’incorpore après le sucre toutes les fois que la masse de la substance active est assez faible pour ne pas modifier sensiblement la concentration du sirop : c’est ce qui a lieu lorsqu’on emploie des extraits, des alcaloïdes, etc. Parfois on emploie une méthode mixte, c’est-à-dire que le sucre est dissous à froid ou à chaud dans une liqueur contenant une portion de la substance médicamenteuse,et qu’on ajoute ensuite au sirop le reste des substances actives mises sous un petit volume.

Le seul caractère général que nous puissions indiquer comme nécessaire aux liquides destinés à la confection des sirops, est la limpidité. Pour les autres caractères je suis

obligé de renvoyer à l’histoire particulière de chaque sirop médicamenteux, c'est-à-dire aux traités pratiques de pharmacie.

C’est surtout pour cette question de l’incorporation du médicament au sirop, que la recherche des meilleures méthodes à suivre présente une grande importance. C’est de ce côté que se portent de plus en plus les efforts du praticien, et c’est seulement par des expériences scientifiquement conduites qu’il peut espérer obtenir de lions résultats. Les difficultés de toutes sortes encombrent cette étude, car les matières à dissoudre ne sont bien souvent que des mélanges complexes de substances instables et mal définies, variables avec le lieu de récolte des matières premières et avec la saison, et pourtant il faut obtenir un produit dont l’activité soit en quelque sorte dosée d’une manière constante.

Selon qu’on adoptera tel mode de préparation ou tel autre, les résultats seront absolument différents: Prenons des exemples. Autrefois presque tous les sirops n’étaient autre chose que les infusés ou les décodés de substances pharmaceutiques, additionnés d’une grande quantité de sucre. C’étaient de véritables conserves de tisanes. Les auteurs ont discuté et discutent encore sur la méthode qui serait préférable de la décoction, de la macération ou de l'infusion, ou bien encore de l’emploi du suc de plantes fraîches. Mais de nouveaux praticiens sont venus préconiser la supériorité incontestable des solutions alcooliques : l’alcool dilué, dit M. Mouchon (1), est le dissolvant par excellence de

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