‹ Généralités sur les sirops et les mellitesChapitre 24 sur 42 · Journ. de Phnrm., V · texte numérisé non relu

Journ. de Phnrm., V

le feu et saisit le moment où l’ébullition fait monter le liquide pour y jeter un verre d’eau froide (100 gr.) ; l’ébullition cesse, mais reprend peu après, ramenant une nouvelle écume blanche qu’on enlève avec soin. On répète deux ou trois fois ces affusions, autant de fois d’ailleurs que le Codex indique d’ajouter d’eau albumineuse, et le sirop acquiert ainsi une limpidité parfaite.

Quelle que soit la valeur que l’on attribue a ce procédé il témoigne au moins qu’il reste de l’albumine dans les sirops clarifies au blanc d’œuf, ce qui est un inconvénient assez grave dans la pratique pour la conservation de ces sirops. Mais l'albumine peut avoir un inconvénient plus grave, par exemple en se combinant avec une portion de la substance médicamenteuse ; c’est ce qui a lieu avec les tannins, qui forment avec l’albumine des combinaisons insolubles. Dans ce cas l’albumine doit être absolument proscrite. Magnes Lahens qui a étudié comparativement l’emploi do l'albumine et celui du papier, reproche a l’albumine de laisser toujours dans le sirop un peu de matière azotée qui le trouble et le colore, et un peu de soude qui lui donne une saveur moins franche que dans le cas de la clarification au papier. En outre le sirop exige pour son obtention plus de temps, de soins, de dépenses et subit, a cause des écumes abondantes qui se produisent pendant sa clarification, un déchet considérable,. Ce déchet porte parfois sur la substance médicamenteuse elle-même, puisque dans le sirop de lactucarium un septième du lactucarium est rejeté avec les écumes.

La clarification a la pâte de papier parait de tous points préférable, et tend a devenir le mode général de clarification adopté pour les sirops.

Ce mode de clarification étant une simple filtration, il me paraît convenable de dire quelques mots sur celte opération appliquée aux sirops a cause du temps nécessaire pour l’accomplir. Tandis, en effet, que l’eau filtre avec une rapidité extrême.* les solutions aqueuses de sucre concentrées filtrent avec une lenteur considérable. Cette différence essentielle est due a la grande viscosité dont nous avons parlé précédemment. Il est,eu effet,démontré que la durée de filtration est proportionnelle a la viscosité. Les physiciens ont reconnu qu’il n’existe en réalité aucun liquide parfait , c’est-à-dire dans lequel aucun froUement sensible ne se produise entre les molécules roulant les unes sur les autres. Ce frottement intérieur ou viscosité est mesuré à l’aide de coefficients spéciaux, et pour la glycérine le coefficient de viscosité est environ 2000 fois plus grand que dans l’eau ordinaire (Ij. Si nous admettons (pie le sirop de sucre possède à peu près la même viscosité, on voit que la solution de ISO gr. de sucre dans 100 gr. d’eau multiplie par 2000 les frottements internes qu’éprouvent les molécules en mouvement. Kien d’étonnaut alors à ce que la filtration d’un tel liquide soit si notablement ralentie. (2) Seulement, comme la rapidité de la filtration est, toutes choses égales d’ailleurs, proportionnelle aux surfaces filtrantes et à la pression, il y aura toujours avantage dans la pratique h employer des filtres profonds et très plissés ; c’est pour cela que les filtres Taylor débitent beaucoup et sont employés dans la grande industrie.

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