CONSERVATION DES SIROPS
Nous avons indiqué, en même temps que les altérations des sirops par les substances chimiques,lès essais faits pour y remédier. Il nous reste à parler de la manière dont on peut prévenir l’action des ferments. Un grand nombre do procédés divers ont été proposés pour empêcher la fermentation des sirops. Les uns consistent a tuer le ferment; les autres ne le tuent pas toujours, mais lui rendent la vie active impossible. La méthode d’Appert a été employée avec succès pour les sirops. Mialhc a proposé une simplification avantageuse en conseillant l’embouteillage des sirops bouillants, dans des bouteilles sèches et chaudes. On ferme avec des boulons paraffinés on goudronés, et il ne faut pas oublier d’agiter les bouteilles après refroidissement complet, afin de mélanger l’eau condensée dans le col et sur le bouchon. Par l’un ou l’autre de ces procédés, les sirops se conservent très bien, car toute vie a été détruite à l’intérieur des récipients par l’action de la chaleur.
Dans les procédés suivants, on a employé des substances qui empêchaient les êtres vivants de se développer. Y'irey a conseillé d’ajouter une petite quantité d’alcool aux sirops, et M. Viol considère que cette addition donne d’excellents résultats pour les sirops éminemment fermentescibles, tels
que les sirops d’iacodc, d'ipéca, de quinquina, etc. Gcltc addition d’alcool doit être évitée pour les sirops de gomme, de guimauve, et en général pour tous les sirops où l'alcool pourrait précipiter des principes inucilagineux ou muqueux. Descliamps d’Avallon (1) a proposé de généraliser l'emploi de l’alcool comme agent conservateur des sirops.
Celte méthode n’a pas été adoptée dans sa généralité, mais cependant il existe manifestement une tendance de plus en plus grande a introduire de l'alcool dans beaucoup de sirops; il est vrai que souvent celte addition a surtout pour but de faciliter la dissolution des substances actives contenues dans les matières premières servant a la préparation du sirop. Diverses pharmacopées étrangères permettent l’addition de l'alcool aux sirops dans le seul but d’assurer leur conservation. La pharmacopée belge admet une addition de 5 0/0.
Quelques auteurs ont proposé d’ajouter de la glycérine aux sirops. M. Guichard (2) a même proposé la suppression radicale des sirops et leur remplacement par la glycérine ; cette substitution serait surtout utile, d’après fauteur,pour les sirops d’un usage courant et éminemment fermentescibles, tels que les sirops de chicorée et d’Ipécacuanha.
Je ne puis que citer les méthodes qui consistent a verser un peu d’huile, d’alcool, de sucre en poudre, en sirop de gomme, de sulite de soude, etc., a la surface du sirop. Ces méthodes ont cela de commun qu’elles tendent a fer-