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LA SORCELLERIE

Car, 0, de meme que lou mèje Souvènt tiro low bon dou pièje, Pèr la vertu di sourtilège Fourçan, nautre, lou mau à coungreia Tou bèn:

Mireille. Chant VI.

Nogs considérons ici les pratiques magiques ‘pour lesquelles un intermédiaire est nécessaire entre le malade ct les forces occultes. Notons que dans le cas de la magie comme dans celui de la religion nous trouvons ces deux procédés : le malade peut agir lui-même ou par lintermédiaire d’un individu qualifié pour le représenter. Cette

comparaison entre le prêtre et le sorcier paraît toute na

turelle quand on songe que, dans les sociétés primitives, le même individu jouait les deux rôles, ce que nous pouvons encore voir chez les féticheurs de nos villages africains.

La sorcellerie est également très ancienne. Magitiennes de Thessalie et sagae romaines mélaient à des pratiques médicales d’autres activités moins recommandables. En France, le nombre des sorciers va en augmentant progressivement jusqu’au xvI° siècle. où ils pullulent, Mais les

puissances spirituelles et temporelles ont déjà fait en, :

tendre leur condamnation, et l’on peut voir prononcer contre eux des peines sévères. Grégoire de Tours (Histoire de France, Livre IV) raconte que Mummel, général de

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Chilpérie 1°, ayant eu dent de dire ii connais-

sait une herbe d’une efficacité absolue contre la dysen-

terie fut accusé de sortilège à l'égard d’un fils de Fré-

dégonde qui mourut de cette maladie, et périt à la suite des tortures qui lui furent infligées. Au Moyen-Age, les

. procès de sorcellerie ne sont pas chose rare, non plus que

pendant la Renaissance, et les bons bourgeois peuvent de temps à autre se divertir en allant voir griller l’un de ces

n'étaient que de pauvres diables atteints de « maladie hypochondriaque >» en raison de leur mauvaise alimentation. Il raconte comment son père sauva du bûcher un paysan nommé Bernard en le mettant à un régime approprié. La procédure en matière de sorcellerie était parfois bien sommaire et il suffisait souvent de l’existence de la

fameuse « tache insensible », marque diabolique, pour

faire envoyer son porteur au bûcher. On peut se demander si des lépreux ne furent pas mis à mort pour cette seule cause et même si, au fond, ce n’était pas une méthode rationnelle employée par les juristes de l’époque pour se débarrasser de malades réputés dangereux. Au xvirr siè-

cle les sorcières pullulent encore et l’Affaire des Poisons : 2e:

en fut une preuve retentissante. D’ailleurs certaines en-

quêtes parues dans la presse ne concluent-ellés pas à la persistance d’une sorcellerie demeurée dans sa forme originelle et pratiquée par d’authentiques démonologues ?

Dans nos campagnes nombreux sont encore les guéris-

seurs qui utilisent des procédés dérivés de la sorcellerie. En Provence ce sont les müsques, dans d’autres régions les rebouteux, les rhabilleurs. Les bergers sont souvent

suppots de Satan. Cardan pense que beaucoup de sorciers:

es | 55 considérés comme sorciers, de ‘même les fruitiers qui font. le beurre dans les Alpes ou le Jura.

Le bourreaufétait considéré autrefois comme capable de guérir certaines maladies par attouchement, lorsqu'il revenait d’une exécution capitale. D'ailleurs la graisse de supplicié, surtout de pendu, était renommée comme une véritable panacée et serait enocre employée contre les rhumatismes et les écrouelles. Balzac rapporte que de nombreuses personnes venaient en acheter ‘au bourreau Sanson, léquel leur vendait du Saindoux dans des pots : recouverts de papier rouge.

En Provènce ce sont de vieilles femmes qui « lèvent le soleil > avec un simple verre d’eau, ou font disparaître les taies de la cornée avec un signe du pouce sur le globe oculaire,

Quant au « don » qui rend les individus aptes À guérir leurs semblables, nous venons de voir qu’il peut provenir de la fonction sociale. Dans d’autres cas il résulte d’une particularité de la naissance : enfants nés le Vendredi- Saint qui guérissent les fièvres, ou septième garçon sans interposition de filles qui guérit en outre les écrouelles. Dans certaines régions on appelle « vartaupier > un « toucheur » qui a la spécialité de guérir le vartaupe ou furoncle. I1 faut qu'il ait, étant enfant, étouffé sept taupes dans sa main avant d’avoir mangé de la graisse. Le mot vartaupe viendrait dé taupe, « tumeur qui contient un pus blanc, épais et pituiteux » selon M. Le Clerc (La Chirurgie complète par demandes et réponses, 1614),

Dans une légende intitulée Le Berger de Brie, Edouard d’Anglemont décrivait ainsi le sorcier de campagne :

Mais s'ils étaient connus par de noirs maléfices

Ils rendaient quelquefois aussi de bons offices.

Souvent avec une herbe, un signe, quelques mots, Mieux questout l’art d’un mire ils guérissaient les maux.

I1 porte sur son front et verveine et selage...

Un sarrau de lin gris couvre ses reins pressés .

De rameaux de fougère en ceinture tressés ;

T1 tient dans la main droite une baguette blanche;

Un coffret de fer blanc qui sonne sur sa hanche

Contient l’herbe qui tue et l’herbe qui guérit,

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