‹ Genèse et nature de l'hystérie (volume 2)Chapitre 10 sur 23 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les attaques. — Les idées fixes. — Les somnambulismes. Les délires.

Nous venons de voir que tous les accidents somatiques sont intimement liés à des troubles de la sensibilité. Nous allons essayer de démontrer qu'il en est absolument de même des accidents mentaux. Par une sorte de tendance atavique, ceux même qui s'intitulent physio-psychologues ne peuvent se débarrasser de la vieille conception spiritualiste qui fait de la pensée un phénomène d'ordre à part, se déterminant lui-même, et se manifestant presque en dehors de l'organisme.

Sous prétexte que la pensée est un phénomène très spécial, qui n'a pas d'analogue dans le reste de l'économie, on n'est pas éloigné d'en faire quelque chose d'étranger à l'organisme ou n'ayant avec lui que des rapports très éloignés. Mais il en est de même de toutes les autres fonctions de l'organisme : il n'en est pas deux qui se ressemblent : le foie a une fonction absolument spéciale et qui ne saurait pas plus être comparée à celle du corps thyroïde que celle-ci à la fonction cérébrale. On ne peut que difficilement arriver à aborder franchement le problème de la pensée comme celui d'une fonction organique, et à considérer la psychologie comme la physiologie du cerveau. Le parallélisme du développement cérébral et de l'évolution mentale, les localisations cérébrales, les troubles démentiels, etc., ne suffisent pas pour déraciner cette vieille superstition de la dualité de l'âme et du corps. J'espère y contribuer par ces recherches, en démontrant que les phénomènes psychologiques sont liés à l'état de sensibilité, c'est-à-dire de fonctionnement physique plus ou moins parfait des centres cérébraux. Je commencerai cette étude par les attaques qui, présentant à la fois des phénomènes somatiques et des phénomènes psychologiques, constituent une transition naturelle entre les accidents de ces deux ordres.

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