LES CENTRES CÉRÉBRAUX
Nous avons vu que lorsqu'un membre ou un organe recouvrait sa sensibilité normale, les points hyperesthésiques, douloureux pour mieux dire, hystérogènes ou frénateurs, peu importe, siégeant sur ce membre ou cet organe, disparaissaient. Ce que l'on constate du côté des membres ou des viscères s'observe également du côté de la tête. Quand la cénesthésie cérébrale reparaît, les points de la tête disparaissent. Je fus donc amené à considérer ces points comme des signes non douteux de la diminution de la sensibilité des organes où ils siégeaient. Mais d'autre part je constatai, en procédant à la restauration de la sensibilité céphalique, que certains de ces points occupaient une place très déterminée, et que leur persistance était en rapport avec l'anesthésie de certaines parties périphériques.
On sait combien sont constants les points, les plaques douloureuses de la tête. Il n'est pas une hystérique qui n'éprouve d'une façon en quelque sorte permanente de la gêne, de la douleur de la tête, et quand elle est assez fortement hystérique avec de nombreux stigmates, des points plus particulièrement désignés, tels que le clou hystérique. Cette sensation de clou est bien caractéristique et nous voyons par exemple Jeanne (X) avoir toute jeune, avant qu'on ait songé à de l'hystérie et qu'on ait pu lui donner une comparaison aux douleurs qu'elle éprouve, la sensation que des clous « rouilles » lui pénètrent dans la tête. C'est, en effet, au sommet que siège le plus fréquemment ce point douloureux qui irradie plus ou moins dans le reste du crâne. Mais il en est un autre non moins constant, non moins étendu, non moins tenace, qui occupe toute la région occipitale. Celui-là persiste le dernier dans le réveil de la sensibilité, et c'est à lui que je dois d'avoir pu mettre en lumière les faits que' je vais maintenant rapporter.
Mon attention avait été attirée sur ces points douloureux, que personne n'a jamais expliqués, par leur localisation même. Il est en effet exceptionnel de les voir siéger sur le front, dans toute la partie correspondant aux lobes frontaux du cerveau, dans cette région qu'on attribue aux fonctions intellectuelles. Au contraire, la zone