‹ Genève litteraire contemporaineChapitre 32 sur 61 · EMILE JULLIARD · texte numérisé non relu

EMILE JULLIARD

O ma patrie,

O ma cité,

Rien n'égale

Ta beauté

Idéale:

Ta rivale

Orientale En vain m'étale Sous un ciel pâle Sa mer d'opale,

Ses langueurs,

Ses ardeurs Et ses splendeurs :

En vain, ailleurs, Bébek exhale

Les senteurs

De ses fleurs; En vain l'aurore

Colore

Et dore

Le Bosphore De son pinceau;

Ce berceau

De mollesse

Est fort beau, Je le confesse ; Mais ma tendresse, Mais mon souci N'est point ici:

Mon âme

Réclame

Son nid

Béni ;

Genève,

Où s'élève

Mon toit,

Je rêve

Sans trêve

A toi 1

Emile Julliard.

l88 GENÈVE LITTÉRAIRE

cA la Taix,

Sur l'Alpe où plane un austère silence

Que troublent seuls les orages des cieux,

D'où l'aigle altier vers l'infini s'élance,

Sondant l'azur d'un vol audacieux,

Un air plus pur gonfle notre poitrine,

La paix inspire au cœur son plus doux chant;

La rose ici ne connaît pas l'épine;

Sur les hauteurs nul homme n'est méchant.

O noble paix, la seule souveraine, Dont nos aïeux ont défendu les droits, Que nos cités soient aussi ton domaine 1 Descends des monts, où les aigles sont rois. Nous joignons tous nos mains sous ton égide. De tes bienfaits nous avons hérité, Le progrès marche, et tu lui sers de guide Sous le drapeau de ta sœur Liberté.

O ma patrie, ô Suisse bien-aimée, Humble, mais fière, au milieu des puissants; Notre union, voilà ta renommée, Rocher vainqueur des flots envahissants I Dieu te choisit, sa faveur t'environne, Devant Lui seul nos genoux fléchiront : Garde la paix, c'est la seule couronne, Qu'un peuple libre accepte sur ton front!

John Kaufmann.

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