PHILIPPE MONNIER
Che';^ oAlbert T>ïïrer.
C'est le soir, l'angelus tinte; Aux coins du pauvre atelier.
L'ombre met sa demi-teinte Douce au rêve familier.
Tout se calme et s'égalise Dans le silence et la nuit :
Sauf les cloches de l'église, On n'entend rien, pas un bruit.
Des cartons, des bouts d'étude, Quelques vieux meubles fourbus Peuplent cette solitude De mémoire et de rebuts.
Un chat, aux yeux d'émeraude, Glissant à pas assoupis Comme une âme en peine rôde, .
Le long des murs décrépits.
En bas la vieille servante Ecume son pot au feu ; Je suis seul dans l'épouvante Morne du temps et du lieu.
L'œil vague et les doigts aux tempes.
Près d'un vieux meneau cassé.
Je regarde des estampes Et me souviens du passé.
Sans que nulle fleur l'azuré Mon rêve émeut lentement Le profil de la masure Du naïf peintre allemand.
Le clocher se tait. Il neige.
Le soir gris s'en est allé.
Triste et las de son manège Le chat miaule au vent gelé.
Alors je crois que c'est l'âme De l'ancien maître endormi Qui revient et qui réclame, Et je le baise en ami.
Nuremberg.
Philippe Monnier.
(Rijnes d'écolier.)
"Baie de T{io.
ARMi les pays que nous avons eu le privilège de parcourir, il en est deux dans les régions les plus dissemblables, et sous des cieux différents, qui ont produit sur nous une impression ineffaçable, par la réunion et la simultanéité des mêmes caractères. Nous voulons parler des fjords de la Norvège et de la baie de Rio.
Ce qui constitue la beauté majestueuse et sévère des fjords norvégiens, c'est la fusion, dans