PIERRE VAUCHER
dition » d'Uri, et tantôt pour demander à un écrit du commencement du xvi^ siècle, VUrnespiel de i5i2 la confirmation indirecte de ses propres conjectures. J'ai très présente à l'esprit la discussion qui s'ensuivit entre nous au lendemain du centenaire fédéral (août 1891); mais je n'insisterais pas aujourd'hui sur un pareil détail si ce débat, qui dura plusieurs semaines, ne me rappelait avec quelle longanimité M. de Wyss subit les remontrances de son « bien cher ami de Genève». Il y a des correspondants à qui Ton peut tout dire, parce qu'on les sait dégagés de toute préoccupation personnelle : l'historien zurichois était pour moi de ceux-là.
Les lettres que j'ai reçues de M. Wyss depuis sa retraite de l'Université (3i mars 1891) témoignent à la fois de la joie que lui avait fait éprouver la manifestation si flatteuse dont il fut l'objet de la part de la Faculté de philosophie (banquet du 16 juin), et des inquiétudes que lui inspirait la santé de la digne compagne avec laquelle il avait célébré, le 9 mai précédent, le cinquantième anniversaire de leur mariage. D'autres soucis encore devaient peser sur lui vers la fin de l'automne; mais, malgré le déclin déjà visible de ses forces physiques, il continuait à travailler aussi assidûment que par le passé, lorsqu'il fut atteint, le i3 décembre, d'une pneumonie qui l'emporta quatre jours plus tard, quelques heures seulement après la mort de M'"^ de Wyss,
« C'est pour de plus beaux rivages que je partirai bientôt, » m'avait-il écrit le 27 septembre, en me racontant la fête de la Société générale d'histoire suisse, et Theure de contemplation solitaire qu'il avait passée en face du lac de Lucerne. Chrétien convaincu et néanmoins tolérant, comme Louis Wulliemin, appuyé comme lui sur les « trois choses qui demeurent», il est entré à son tour dans l'éternelle paix, et, comme Louis Wulliemin, il laisse à tous ceux qui ont joui de son amitié un sentiment profond de respectueuse et filiale affection.
Pierre Vaucher.
%égates à "Brest,
gE matin, dimanche 22 juillet, le temps est moins menaçant qu'hier, et permet d'espérer bonne réussite aux régates. Dès les premières heures de la journée une foule de paysans et surtout de paysannes arrivent des environs et parcourent la ville, se mêlant à la multitude non moins grande des marins endimanchés, veston et pantalon bleu sombre, grand col rabattu en toile bleu clair, béret de laine blanche ou bleue.