Les, Pasteurs de Genève en jurant d ’ob
server la: Constitution ont juré par cela même de précher, la. Religion réformée, (qui est établie par
la,Constitution comme Religion de l'Etat, ) ei de se, conformer aux ordonnances ecclésiastiques qui n’avoient. point été. abolies., WT fait observer
qu'il ne s’agit pas vaguement de la Bible et
dé.sa doctrine; qu'on.veut faire passer pour obscure sur les points en litige; mais de la Re-
Hgion réformée , qui; aux yeux de. la Loi sur-
( 76 ) tout, doit se chercher, non plus dans la Bible ; mais dans-les Confessions de foi réformées qui sont précises, et qui n’ont Jess été ‘abolies . unè Loi.
° Or la plupart des Pasteurs ne préchent plus la: Religion réformée : (dans' plusieurs de ses dogmes capitaux :} ef ils enfreignent presque toutes les anciennes Ordonnances ecclésiastiques: Il prouve cetté assértion par différentes considérations ; ; Où plutôt mt met en évidence ce fait
avéré. er 28 son ‘3° Donc ces Pasteurs enfreignent! ta Constitution elle-méme'‘sur lé point de la Religion nationale , manquent à leur serment et à la fidélité qu'on doit attendre des Pasteurs, et doivent, ou revenir à d’autres doctrines ; ou quiüter des places qu’ils ne remplissent plus‘dans le but A dequel ‘elles leur ont été confiées. . ER Voilà le raisonnement de M.' Grenus. Cette cause considérée dans les räpports de l’homme: avec l'éternité, et comme tenant à des révéla= tions que le Créateur à données’ aux hommes:
dans son amour pour les amenér au salut, offre: un singulier spectacle. Des hommes qui tien-: nent la clef de la science, n’y entrant pas euxmémes et empéthant les autres d’y'entrer , repris par un avocat , et cela parce qu'ils enfreignent le code des lois civiles... 11 y a lieu de s’éton-
(7) nér des voiés inattendues par lesquelles la rs ‘videnee conduit son Eglise. |
"Quoiqu'il en soit; 4 me paroît que la Comagité attaquée sur ce terrain étoit prise en flagrant délit, et n’avoit aucune bonne réponse à faire: Si ; je puis dire ici mon avis, je pensé qu’elle ne devoit pas s’astreindre à EU une doctrine qu’elle ne croyoit pas; elle pou-* voit et elle devoit déclarer publiquement sa doctrine au peuple; et' au gouvernement (puisqu’ enfin elle avoit à faire avec le gouver: némént ); il falloit, et c’est toujours là qu’elle se trouvera foible, il falloit une marche droite, franché , découverte; mais puisqu” elle n'a pas ragi de cette manière, je ne vois pas comment elle auroit pu répondre avec succès.
M: Grénus étoit pressant , ilinsistoit sur ses conclusions, et il términoit son ouvrage par des réproches amers faits aux Pasteurs et aux Professeurs de Genève, sur leur intolérance . et leur amour du monde , comme sur des dispositions absolument incompatibles avec les sentimens d’un chrétien.
? C'estsur cés entrefaites qu'ilsurvint à laCompagmie de la part du Conseil d'Etat l’ordre dé né répondre à toutes lés attaques dirigées contre elle , que par le silence * ordre que la Com | pagüié' a observé jusqu'à la publication de l’ou-
vrage de M" Heyer, et du discours de M De Fernex. .
En général on pourra toujours faire à ,ce corps ce juste reproche. Autrefois nous ayions une confession de foi, déclarée celle. de lEglise; autrefois nous avions des Ordonnances qui déterminoient, pareillement la. doctrine ; #autrefois on astreignoit les Pasteurs par un serment à prècher | la doctrine recue. Maintenant il n'existe plus rien de toutes ces choses. Quand est-ce qu’elles ont été abolies ? Il faut qu'il y ait eu là un passage: et ce passage a été illicite, puisqu'il n’a jamais été notifié à l'Eglise ni ratifié par l'Eglise, qui seule a le droit de faire et de défaire , et qui n'a Jamais transmis ce droit à ses serviteurs. Voilà d'où il est impossible de sortir;ilne faut qu ‘être honnête homme pour en convenir. Le plan secret dont nous, avons parlé dans le commencement de cet ouvrage nous, donne seul une solution : on avoue le fait. A
\TE Les Catholiqués:
On ne sera probablement pas étonné que je les distingue comme tous les autres hommes, en chrétiens.et non-chrétiens: car personne , je pense, ne prétendra qu'un catholique qui passe sa vie dans l’endurcissement et
( 79 ) qui - meurt: ‘ans en re hi foi ; soit un chrétien. . ) ®
Les Catholiques chrétiens: donc: Péltégent à la vue du mouvement rehgieux actuel Ies sentiments qui animent tous les autres chté:
tiens : de la joie et de la tristesse.
‘De la joie : parce que ce mouvement, quelque accompagné ( de trouble qu ’lsoit , et quoiqu'il force bien des dispositions eoupables à à paroître ‘au grand jour, est un grand bien, une grande bénédiction, puisque c’est celui qui se manifeste toujours quand l'Evangile est annoncé avec force ; ; puisqu'il tend à réveiller un grand nombres à âmes , une ville toute entière, du sommeïl de l'indifférence et: d’une secrette incrédulité ; puisqu'il consiste dans la séparation même de la lumière d'avec les ténè: bres qui menaçoient de tout envahir ; puisque les heureux fruits s’en voient déjà, et que de nombreuses conversions ont eu lieu depuis sa naissance ; puisqu’enfin il donne des espérances éncore plus ‘grandes pour lavenir. Cette lutte donc, si affligeante d’un côté, puisqu'elle suppose Ta puissance du mal résistant à celle du bien, est d'un autre côté'un grand sujet de joie, puisqu'elle suppose aussi Ja puissance du bien s’élevant contre celle du mal. Et sous ce dernier rapport ‘ellé devient pour le chrétien ,
comme. le crépuscule du matin qui annoñée l'arrivée du jour , un sujet d'actions de grâces:
De la tristesse : parce que l'endurcissement qui se manifeste chez un si grand nombre; l'incrédulité et la dureté de tant d’âmes, en un mot tant de diverses passions mises en jeu avec plus de force dans ce moment que dans d’auires, offrent un spectacle quine es qu AE Tâme, du, chrétien: . sf
Ceux des catholiques qui n’ont pas l'esprit de Christ , et qui font consister toute la réconciliation de l’homme avec Dieu dans l’adhésion extérieure à leur Eglise, toute‘ leur joïe à augmenter le nombre de leurs partisans ; ceux-là, dis-je , ne voient dans tout ceci qu'un sujet de se réjouir; et comme orthodoxes dans les points capitaux du Christianisme ils ont bonne prise sur une Compagnie qui transpire le Néologisme par. tous les pôres. Tout, ceci n’est pourteux qu'un moyen d'attaquer avec avantage leurs antagonistes ; une occasion de faire quelques prosélytes, une large plaie:que se fait, selon eux, à lui-même le Protestantisme..
Quant à cette dernière Opinion, je suis Join de la partager, si par ce mot on entend la vraie doctrine des Chrétiens réformés. Je, pense : au contraire que le Protestantisme , comme Aussi le Catholicisme , subit de nos jours une grande
( Sr }) révolution : qu'il se divise. en deux parts bien . tranchées :. d’un côté, le Christianisme évangé: lique, pur et sain , tel que l'ont exposé. Fe leurs livres les Réformateurs et les premiers Chrétiens : de l’autre le Néologisme, ou l'incrédulité absolue , le Déisme. Je pense que cette dernière division n’aura bientôt plus rien de commun avec la première, qu’elle s’en écartera autant que de quelque autre système d'opinions que ce soit, qu’elle abandonnera même le nom du Protestantisme comme cela s’est fait déjà en plusieurs endroits , et comme cela $e fera probablement aussi de-l'autre part; et qu'elle laissera reparoître dans sa pureté primitive la Religion une et sainte de Jésus et -des.Apôtres , qui commence à se montrer, pour la première fois visiblement, dans toutes les -communions :… sans confession de foi, et cependant avec une même foi.
.: : Pour juger à quel point le vrai Protestantisme .se relève et fleurit en nos jours , il ne faut que lobserver en Angleterre, en Allemagne, partout où il s’est séparé des perfides doctrines . duNéologisme, et remarquer le succès immense - et-vraiment'inoui avec lequel il répand l'Evangile, c'est-à-dire sa doctrine même, chez toutes les nations de la terre. Je reviens à mon sujet.
‘Un: premier; écrit de controverse a paru: …:
(286: °) MM. Cellérier et Gaussen avoient accompagné leur’éonfession de foi de quelques: notes :qui ont offensé les Catholiques. On y'a répondu de leur côté. Il faut espérer que des discussions sur des sujets qui ne toûchént pas immédiatemeñt à l'esprit de Ja Religionine feront pas oubliér la seule chose nécessaire à tous et én tout temps: d& réconciliation de: l’homme avec
” Dieu par J. C. ; et la régénération par son Saint-.
Esprit. res % . 32 -@is fur daEE … Une discussion sage , forte et sérieuse ; mais
par cela même aussi ; grave; charitable et dé-
sireuse de trouver la vérité, voilà ce qu'il faudroit parmi les hommes. Mais Satan qui fait.
aussi bien son œuvre dans l'Eglise que hors.de
l'Eglise, suscite des questions secondaires , les
embrouille par l’'équivoque des mots et la:mauvaise volonté de ceux qui discutent, les envenime par diverses passions : «et ou n’argumente le plus souvent que pour balise san adversaire, et non pour le convaincre. : 13 vyÉlaee
-X. Speciateurs, neutres.
On sera étonié au premier moment. de voir que dans cette, classe,iet',parmi céux:que. je prétends qui sont. favorables à la bunne cause;
F Lqmoique ‘indirectement, .jeplace: des per-
ae (:85 y -éonnes ‘qui ne: croient: ni à l'un ni à l'autre des systèmes opposés, ... dés’ incrédules.
Mais. j'en fais mention ici, parce: qu’on:ttouve souvent chez quelques - uns d’entr'eux: de : la bonne foi et de la droitu e. Ils voient le tort de la mauvaise cause : ils jugent quelques fois plus sainement, parce qu'ils jugent :säns passion : et plus d'une fois:nous les avons entendus:dire : « Je ne crois à rien: mais:je vois bien que la Bible parle comme vous parlez, qu'elle dit ce que vous dites; et si: j’embrassois une croyance ce seroit:la vôtre ». Ah !
-sans doute il: vaut mieux être :frôid -ou: bouil- - lant que d’embrasser un coupable milieu! Et dans ce-cas encore il seroit bien possible qu'on vit se vérifier cette parole que le Seigneur . adressoit déjà aux Pasteurs d'Israël : Je vous assure que les péagers et les gens de mauvaise, vie vous devanceront dans le royaume des cleux ! Peut-être n’aurois-je pas tort de mettre encore dans le nombre des écrits qui favorisent les progrès de, la bonne cause , ceux qui ont paru pour l’attaquer, ou pour défendre la mauvaise. Il ne faudroitgpour cela que voir le ton indignement.volage avec lequel, dans le commMencement surtout ; quelques-uns des amis de
la: Compagnie ont* écrit pour elle. Bon Dieu!
: Qui croiroitiqu'un se 6 de ce genre; et. dans
( 3% ) | une telle-cause, fût défendu par des quolibetsét par des farces ! Il paroît encore , à ce qu'on dit, de temps à autre dans une feuille périodique, d'ici quelques articles particulièrement dirigés contre la,Noüvelle Eglise. Mais l’auteur ne fait pas d'attaques sérieuses. En général, on n'a
guère vu dans les écrits qui-ont paru jusqu'à
ce moment pour la défense des fausses doctrines.que de la légéreté, ou un esprit de haine, ou une extrême 'foiblesse dans les raisonnements. Ilne peut en-effet y avoir de bonnes armes pour attaquer l'Evangile.
Voilà le tableau de Genève en ce moment.
Puisse le Seigneur diriger pour le plus grand bien les suites de ce mouvement qui vient d'être imprimé à notre patrie ! | 6.6. Avant d'en venir à ma conclusion, je crois devoir faire quelques réflexions sur une considération qui se sera'sans doute déjà préséntée à l'esprit de mes lecteurs. Comment arrive-t-il, se demandera-t-on, qu'il y ait une union en apparence si étroite entre ceux, qui s'opposent aux progrès de l'Evangile, tandis qué ceux qui travaillent à le ramener : for-
ment un si grand nombre de corps séparés ?
Je ‘réponds qu'il ne manque-entre les différents corps bienpensants que l'union extérieure et matérielle, tandis: qu'il règne, déjà
nu ne.
| € 2 ) éntr'eux tous une étroite union de ceeur. Île travaillént à un même but, quoique: de — Fents côtés: = ie 1: Bis Dr - Qu'il w’est pas étonnant que dans un mou yement qui-consiste à se séparer d’un corps auquel on étoit: primitivement uni, leé pièces détachées n'aient pas encore eu le temps se: joindre : :: ns “est "ei
| Que cette diversité même > des actions’, €k leur direction sur unè multitude de points différents, forme, contre la supposition qu'on seroit tenté de faire d’abord, une des plus grandes: forces: de là bonne ‘cause :
Que la Compagnie ; à la prendre dans son ‘ensemble, etmalgré son apparence d’unité , est encore bien plus désunie dans le fait, que ceux qui s'opposent à sa marche , comme on a pu:le voir dans le tableau que j'en ai tracé selon l’exacte vérité : et qu'il faut bien y voir cette. .désunion pour s'expliquer la foiblesse ‘avec laquelle:elle se défend:
. Que: le. Seigneur :a sûrement ses vues en ‘permeitant.que pendant un certain espace de temps encore, les. différents corps qui -trayaillent au ‘retour. de: la saine doctrine ‘le fassent à part, et soient: désunis au dehors : le:mouvement-qui-a déjà produit tant de conversions.en'si:peu ide temps en devient plus
‘grand :-l’activité de chacun s FU de cellé des autres : |
Enfin, que la Providence, se proposant, à ce qu'il. paroît, deproduire dans Genève une grande rénaissance religieuse, veut encore ; pendant .quélque temps , détacher de l’ancien édifice. un .plus: grand nombre de matériaux , avant de les ce pe à en reconstruire un nouveau. |
Quoiqu'il ‘en soit, les Chrétiens sont un ; et pleins’ du désir d'aller toujours plus avant
dans la confession publique de'leur foi, afin
d'amener, s'il est possible ,: un bien grand nombre d'’âmes à la connoïssance de ce salut
si précieux et si peu SA et di a nous pre” Œ
sente l'Evangile. .
-Je me proposois de donner à mes lecteurs
et surtout à mes compatriotes , qui sont res:
tés jusqu'ici dans ‘une si grande’ ignorance des choses qui se passent actuellement dans le règne de Dieu , un rapide exposé de la grande renaissance religieuse qui ‘s'étend sur tout le monde. Mais je renvoie de le faire à une
autre occasion. Pour le moment je me bor-
nerai à dire :: que les Sociétés de Bibles et de missions :se: multiplient ‘sur toute la sur-
face du moüde connu : que lés'Païens ctles Mahométans embrassent: l'Evangile par mil:
lers , en esprit et en vérité ; que lès J uifs même
CDS QT CRT