‹ Geneviève de BrabChapitre 17 sur 24 · GENEVIÈVE REVOIT SES PARENTS · texte numérisé non relu

GENEVIÈVE REVOIT SES PARENTS

fllle chérie, le duc et la duchesse en avaient fait célébrer annuellement l'anniversaire dans la chapelle du château ; il devait être célébré ce jour-là même. Assis dans leur appartement, tous deux étaient plongés dans la plus profonde affliction. Ils avaient beaucoup vieilli, leurs cheveux avaient blanchi avant le temps. Ils étaient vêtus de deuil, et la duchesse, depuis la mort de sa fille, n'avait même jamais quitté ses lugubres habillements. Leur cour, autrefois si brillante, était devenue silencieuse. L'heure approchait et ils n'attendaient plus que l'évéque, chargé de célébrer le service funèbre, au même autel où autrefois il avait béni l'union de Geneviève avec Sigefroi. Le duc gardait le silence.

— Quelle honte, pensait-il, de voir notre famille, une maison ducale, s'éteindre de cette manière!... cependant. Seigneur, que votre volonté soit faite!

La duchesse se disait en soupirant :

— Hélas ! notre fille unique, une enfant digne d'être aimée, mourir par les mainsdu bourreau! c'est trop affreux! 0 Geneviève ! nous espérions te voir comme un ange consolateur près de notre lit de mort pour nous fermer les yeux... Mais, Seigneur, ajoutait-elle aussitôt, que votre volonté soit faite!

Le vénérable évêque entrait en ce moment ; son visage brillait d'une joie céleste.

— Plus de tristesse ! s'écria-t-il ; réjouissez- vous dans le Seigneur.

Puis il leur parla des voies admirables de la Providence : il compara la douleur de Jacob pleurant la perte de Joseph, à leur afiUction; il peignit ensuite. la félicité de Jacob retrouvant son fils. La douce éloquence de l'évoque fit sur eux une vive impression.

— Ah ! dit la duchesse, si une semblable joie nous arrivait, que nous serions heureux!

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