SIGEFROI PART POUR LA GUERRE
de départ, à expédier des courriers pour rassembler ses soldats, et à régler toutes choses pour le temps de son absence. Les chevaliers du voisinage furent bientôt réunis au château qui retentissait du cliquetis des armes,
Le château du comte s'élevait sur un rocher. (P. 9.)
du bruit des éperons, et du mouvement de ces guerriers bardés de fer. Pendant ce temps, la comtesse s'occupait à disposer tout ce dont le comte avait besoin pour l'expédition projetée. Dès le point du jour, tous les chevaliers,
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revêtus de leurs armures, se trouvaient dans la salle d'armes. Au milieu d'eux, on remarquait le vaillant Sigefroi, armé de pied en cap. Son panache ondoyant le distinguait de tous ces braves guerriers. Les cavaliers et les fantassins étaient rangés en bataille dans la cour d'honneur, et attendaient le moment du départ.
Geneviève entra en ce moment dans la salle, et présenta à son époux, selon les lois de la chevalerie, l'épée et la lance.
— Servez-vous de ces armes, lui dit-elle, pour la gloire de Dieu et celle de la patrie, pour protéger le faible, défendre l'innocent et punir le coupable !
En achevant ces mots, elle tomba dans les bras du comte. Son visage se couvrit d'une pâleur mortelle. Un sinistre pressentiment des malheurs qui devaient fondre sur elle remplissait son cœur d'anxiété et d'alarmes.
— Ah! cher Sigefroi, s'écria-t-elle, si vous n'alliez pas revenir! si mes yeux ne devaient plus...
Elle ne put achever, les sanglots étouffèrent sa voix, et des pleurs inondèrent son visage.
— Prenez courage, ma chère Geneviève, dit le comte ; aucun trait ne pourra m'atteindre sans la permission de Dieu. Il protège ceux qui le servent, et celui qui lo craint n'a rien à redouter. Nous sommes, dans ce manoir, aussi près de la mort que sur un champ de bataille. Le bras du Tout-Puissant peut seul nous préserver. Rassurezvous donc, chère épouse; espérons tout de la bonté divine. J'ai confié lo soin de votre personne, de ce château, et de mon comté à notre fidèle intendant. Il est, dès ce moment, l'administrateur de tous mes biens. Il ne me reste plus qu'à vous mettre sous la protection du Ciel. Adieu, Geneviève, ne m'oubliez jamais, et priez le Seigneur de protégez mes jours.
Geneviève accompagna son époux jusqu'au bas de