‹ Geneviève de BrabChapitre 5 sur 24 · SIQEFROI PART POUR LÀ. GUERRE · texte numérisé non relu

SIQEFROI PART POUR LÀ. GUERRE

l'escalier, et tous les chevaliers la suivirent. Dès qu'ils eurent atteint la grande porte, les trompettes sonnèrent le départ, et les épées étincelèrent au soleil. Sigefroi, pour cacher ses larmes, s'élança sur son cheval et partit à toute bride. Les chevaliers et les soldats le suivirent au galop, et traversèrent le pont-levis avec un fracas semblable à celui de l'orage, Geneviève monta au haut d'une tour, et suivit longtemps des yeux la petite armée, qui enfin disparut dans le lointain. Alors elle se retira dans son appartement pour donner un libre cours à ses larmes. Elle se tint renfermée pendant toute la journée, et sa douleur l'empêcha de prendre aucune nourriture.

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SjfPRÈS le départ de son époux, Geneviève Ir vécut dans la plus grande retraite. Le soleil I j» se levait à peine qu'on la voyait déjà assise à % la fenêtre de sa chambre, tout occupée de ^^ son travail. La pensée du comte et des périls auxquels il était exposé, faisait souvent couler ses larmes, qui, semblables à la rosée, tombaient sur les fleurs qu elle brodait. Dès que la cloche de la chapelle du château annonçait l'heure de la messe, Geneviève se rendait à la maison du Seigneur, et adressait au Ciel les prières les plus ferventes pour la conservation de son époux Jamais, pendant les offices, sa place n'était vide; et même, dans la journée, elle passait plusieurs heures à prier Dieu au pied du tabernacle.

Souvent aussi elle faisait venir les jeunes filles du village, situé au bas de la montagne, leur apprenait à filer et à coudre, et leur racontait, pendant leur travail, des histoires édifiantes. Dès son enfance, elle avait aimé les pauvres et les malades ; elle devint pour eux une mère tendre et pleine de sollicitude. Chaque nécessiteux recevait d'elle ou du travail ou des secours, et, si la maladie frappait quelqu'un de ses vassaux, elle se hâtait d'aller le visiter. Par sa douceur, par son aimable éloquence, elle savait adoucir les remèdes les plus amers, et disposer les cœurs à soufi'rir avec soumission à la volonté de Dieu.

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