V. ^ €a jeune mère
EPUIS plusieurs mois, Geneviève languissait t^ dans son cachot. Pendant tout ce temps, elle ne vit personne, excepté Golo, qui lui renouvelait sans cesse ses infâmes propositions, » offrant de lui rendre, à ce prix, l'honneur et la liberié. Mais la noble femme, le repoussant avec horreur, lui répondait avec fermeté :
— Je préfère le déshonneur devant les hommes, au malheur d'être déshonorée aux yeux de Dieu. Plutôt languir innocente au fond de cette tour, que de monter sur un trône ep devenant criminelle !
Ses souffrances augmentaient toujours. Peu de temps après le départ de son époux, elle avait acquis le doux espoir de devenir mère. Elle donna le jour à un fils.
— Cher enfant! dit-elle en le pressant contre son cœur, était-ce dans cet affreux séjour que tes yeux devaient s'ouvrir à la lumière? Viens, que je te réchauffe sur mon sein. Hélas ! ta pauvre mère n'a pas même des misérables langes pour te couvrir. On lui refuse à elle-même les aliments nécessaires à son éiat. Malade et sans forces, comment pourrai-je te nourrir? Tu n'auras point d'autre berceau que ces pierres glacées!... Pauvre enfant, l'humidité et le froid te feront périr.
Alors la comtessse leva vers le Ciel ses yeux voilés de larmes, et, soutenant son enfant dans ses bras amaigris :