CLXXI
— Vous allez doue, nous reprendre notre enfant) «lit enfin la malheureuse Luce, en reeouvranl la parole et en serrant Bastien sur ses genoux. L'enfant se pendait à son cou, et jetait de cet asile un regard de colère et d'effroi à la supérieure, à Geneviève, à l'étrangère et aux assistants.
— Vous le voyez, il n'est pas à vous, dit sévèrement le juge de paix.
— Il n'est pas à moi! s'écria Luce en se levant comme par un ressort mécanique et en élevant le petit dans ses bras, comme pour prendre Dieu à témoin de la violence que ce rapt allait faire aux droits qu'elle se sentait dans le cœur ; il n'est pas à moi ! Qu'il me rende donc le mien, que j'ai perdu pour l'amour de celui-là! le lait dont je l'ai nourri, les pleurs de mes yeux, dont je l'ai arrosé dans ses maladies ; le sang de mon cœur, qui a passé dans le sien ! et essaye/ (loue voir de lui ôter aussi son cœur à lui de sa poitrine, pour qu'il me le reprenne, s'il peut! et qu'il le rende à celle-là, et à celle-là, ajouta-t-clle avec un air et on accent de mépris, en jetant un coup d'œil devenu presque farouche sur Geneviève et sur la dame étrangère.
— Oui, dit Bastien en montrant les poings en répétant les mots de sa mère : essayez voir de prendre mon cœur, qui est à Luce et à Jean, pour le donner à celles-là! Non,
non, non, pas même à loi, Geneviève, quoique lu sois si boune, etque lu aies guéri mon peu-.
Geneviève se sentit atteinte an cœur. La vieille dame parut surprise et déconcertée, la supérieure embarrassée. Les hommes et la religieuse échangèrent entre eui des regards d'étonnement, pour se dire : « Nous avions compté sans la nature.