‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 179 sur 322 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

d"aller partager avec lui des croix auxquelles le Seigneur attachoit tant d'onction l. »

Voilà de ces joies et de ces larmes telles que Jésus-Christ les a véritablement promises à ses élus.

Écoutons encore l'historien de la Nouvelle-France :

« Rien n'étoit plus apostolique que la vie qu'ils menoient (les missionnaires chez les Hurons). Tous leurs moments étoient comptés par quelque action héroïque, par des conversions ou par des souffrances, qu'ils regardoient comme de vrais dédommagements, lorsque leurs travaux n'avoient pas produit tout le fruit dont ils s'étoient flattés. Depuis quatre heures du matin qu'ils se levoient, lorsqu'ils n'étoient pas en course, jusqu'à huit, ils demeuroient ordinairement renfermés : c'étoit le temps de la prière et le seul qu'ils eussent de libre pour leurs exercices de piété. A huit heures chacun alloit où son devoir l'appeloit : les uns visitoient les malades, les autres sui voient, dans les campagnes, ceux qui travailloient à cultiver la terre; d'autres se transportoient dans les bourgades voisines qui étoient destituées de pasteurs. Ces causes produisoient plusieurs bons effets, car, en premier lieu, il ne mouroit point ou il mouroit bien peu d'enfants sans baptême ; des adultes même, qui avoient refusé de se faire inscrire tandis qu'ils étoient en santé, se rendoient dès qu'ils étoient malades; ils ne { ouvoient tenir contre l'industrieuse et constante charité de leurs médecins -. »

Si l'on trouvoit de pareiffes descriptions dans le Télëmaque, on se récrieroit sur le goût simple et touchant de ces choses; on loueroit avec transport la fiction du poëte, et l'on est insensible à la vérité présentée avec les mômes attraits.

Ce n'étoit là que les moindres travaux de ces hommes évangéliques : tantôt ils suivoient les sauvages dans des chasses qui duroient plusieurs années, et pendant lesquelles ils se trouvoient obligés de manger jusqu'à leur vêtement. Tantôt ils étoient exposés aux caprices de ces Indiens, qui, comme des enfants, ne savent jamais résister à un mouvement de leur imagination

1. Charlevoix, Hist. de la Nouv.-France, in-4°, t. I, liv. v, p. 200.

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