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ou de leurs désirs. Mais les missionnaires s'estimoient récompensés de leurs peines s'ils avoient durant leurs longues souffrances acquis une âme à Dieu, ouvert le ciel à un enfant, soulagé un malade, essuyé les pleurs d'un infortuné. Nous avons déjà vu que la patrie n'avoit point de citoyens plus fidèles; l'honneur d'être François leur valut souvent la persécution et la mort; les sauvages les reconnoissoient pour être de la chair blanche de Québec,, à l'intrépidité avec laquelle ils supportoient les plus affreux supplices.
Le ciel, touché de leurs vertus, accorda à plusieurs d'entre eux cette palme qu'ils avoient tant désirée et qui les a fait monter au rang des premiers apôtres. La bourgade huronne où le père Daniel1 étoit missionnaire fut surprise par les Iroquois au matin du 4 juillet \ 648 ; les jeunes guerriers étoient absents. Le Jésuite, dans ce moment même, disoit la messe à ses néophytes. Il n'eut que le temps d'achever la consécration et de courir à l'endroit d'où partoient les cris. Une scène lamentable s'offrit à ses yeux : femmes, enfants, vieillards, gisoient pêlemêle expirants. Tout ce qui vivoit encore tombe à ses pieds et lui démande le baptême. Le père trempe un voile dans l'eau , et, le secouant sur la foule à genoux, procure la vie des cieux à ceux qu'il ne pouvoit arracher à la mort temporelle. Il se ressouvint alors d'avoir laissé dans les cabanes quelques malades qui n'avoient point encore reçu le sceau du christianisme; il y vole, les met au nombre des rachetés, retourne à la chapelle, cache les vases sacrés, donne une absolution générale aux Hurons qui s'étoient réfugiés à l'autel, les presse de fuir, et, pour leur en laisser le temps, marche à la rencontre des ennemis. A la vue de ce prêtre, qui s'avançoit seul contre une armée, les barbares, étonnés, s'arrêtent et reculent quelques pas; n'osant approcher du saint, ils le percent de loin avec leurs flèches. « Il en étoit tout hérissé, dit Charlevoix, qu'il parloit encore avec une action surprenante, tantôt à Dieu, à qui il offroit son sang pour le troupeau, tantôt à ses meurtriers, qu'il menaçoit de la colère du ciel, en les assurant néanmoins qu'ils trouveroient toujours le Seigneur disposé à les recevoir