Tass., cant. i, ott. 62. 3. Vie de Duguesclin
2. Sainte-Palaye, t. I, ire part. 4. Sainte-Palaye, t. I, p. 7.
exercices qui lui ouvroient la route de l'honneur. Sur un coursier indompté il lançoit, dans l'épaisseur des bois, les bêtes sauvages, ou, rappelant le faucon du haut des cieux, il forçoit le tyran des airs à venir, timide et soumis, se poser sur sa main assurée. Tantôt, comme Achille enfant, il faisoit voler des chevaux sur la plaine, s'élançant de l'un à l'autre, d'un saut franchissant leur croupe ou s'asseyant sur leur dos; tantôt il montoit tout armé jusqu'au haut d'une tremblante échelle, et se croyoit déjà sur la brèche, criant : Mont joie et Saint- Denis M Dans la cour de son baron, il recevoit les instructions et les exemples propres à former sa vie. Là se rendoient sans cesse des chevaliers connus ou inconnus, qui s'étoient voués à des aventures périlleuses, qui revenoient seuls des royaumes du Gathay, des confins de l'Asie et de tous ces lieux incroyables où ils redressoient les torts et combattoient les infidèles.
ff On veoit, dit Froissart parlant de la maison du duc de Foix, on veoit en la salle, en la chambre, en la cour, chevaliers et escuyers d'honneur aller et marcher, et les oyoit-on parler d'armes et d'amour ; tout honneur étoit là dedans treuvé, toute nouvelle, de quelque pays ne de quelque royaume que ce fust, là dedans on y apprenoit, car de tout pays, pour la vaillance du seigneur, elles y venoient. »
Au sortir de page on devenoit écuyer, et la religion présidoit toujours à ces changements. De puissants parrains ou de belles marraines promettoient à l'autel pour le héros futur religion, fidélité et amour. Le service de l'écuyer consistoit, en paix, à trancher à table, à servir lui-même les viandes, comme les guerriers d'Homère, à donner à laver aux convives. Les plus grands seigneurs ne rougissoient point de remplir ces offices. « A une table devant le roi, dit le sire de Joinville, mangeoit le roi de Navarre, qui moult estoit paré et aourné de drap d'or, en cotte et mantel, la ceinture, le fermait et chapel d'or fin, devant lequel je tranchoys. »
L'écuyer suivoit le chevalier à la guerre, portoit sa lance et son heaume élevé sur le pommeau de la selle, et conduisoit ses chevaux en les tenant par la droite. « Quand il entra dans