‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 200 sur 322 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

sera la despartie, dont me poise qu'il convient qu'elle soit. Lors le baisa Bertrand et tous ses compagnons aussi : moult fut piteuse la despartie1. »

Ce désintéressement des chevaliers, cette élévation d'âme,

qui mérita à quelques-uns le glorieux surnom de sans reproche, couronnera le tableau de leurs vertus chrétiennes. Ce môme Du Guesclin, la fleur et l'honneur de la chevalerie, étant prisonnier du prince Noir, égala la magnanimité de Porus entre les mains d'Alexandre. Le prince l'ayant rendu maître de sa rançon, Bertrand la porta à une somme excessive. « Où prendrez-vous tout cet or? dit le héros anglois, étonné. Chez mes amis, repartit le fier connétable : il n'y a pas de fileresse en France qui ne filât sa quenouille pour me tirer de vos mains. »

La reine d'Angleterre, touchée des vertus de Du Guesclin, fut la première a donner une grosse somme pour hâter la liberté du plus redoutable ennemi de sa patrie. » Ah! madame! s'écria le chevalier breton en se jetant à ses pieds, j'avois cru jusque ici estre le plus laid homme de France, mais je commence à n'avoir pas si mauvaise opinion de moi , puisque les dames me font de tels présents. »

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