‹ Génie du dix-neuvième siècle: ou Esquisse des progrès de l'esprit humainChapitre 13 sur 88 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Du commerce et de la navigation.

Le commerce ancien n'était, au fond, qu'un commerce de terre ; la navigation se bornait à un cabotage le long des cètes de la Méditerranée. L'Asie et l'Afrique étaient le théâtre du commerce par caravanes , dont Babylone et TEgypte furent les centres principaux. Les Phéniciens, les Thraces, les Corinthiens , les Carthaginois, sont les peuples de lantiquité qui se rendirent le plus célèbres dans la navigation. Le commerce maritime parut expirer avec Carthage détruite; il se ranima sous Marc-Aurèle: Alexandrie redevint florissante; Constantin mit en communication rOrient et TOccident. Dans le viii« siècle de Tère chrétienne, les Génois commencèrent à fréquenter la mer Noire. A la même époque, les Lombards et les Florentins inventèrent les lettres de change, La navigation prit de l'activité sous Charlemagne, qui se créa une marine redoutable. Alfred-le-Grand ouvrit des relations avec la Perse. Les Vénitiens et les Génois se disputaient déjà les profits du commerce lorsque la boussole fut trouvée à la fin du xiii^ siècle : on attribue cette merveilleuse découverte à un Napolitain nommé Flavio. La navigation des Européens avait été longtemps resserrée dans la Méditerranée et dans la Baltique. Mais les Portugais s'enhardissent les premiers et découvrent les fies de Madère, celles du Cap- Vert et la côte de Guinée; ils côtoyent l'immense continent de l'Afrique. Ve-

nise étend son commerce avec TOrient; ses flottes vont chercher dans le port d'Alexandrie les précieuses marchandises que le Soudan d^£gypte y fait venir de l'Inde par la mer Rouge.

Bientôt Christophe Colomb , né à Gênes, conçoit le projet de faire le tour de la terre. L'idée de porter l'Evangile en des contrées immenses parle à sa grande âme; il espère trouver à l'Ouest une route plus courte pour le commerce de l'Inde, et faire en même temps déchoir de leur supériorité maritime les Vénitiens , implacables ennemis de son pays. Protégé par Isabelle et Ferdinand assis sur le trône d'Espagne , il s^embarque en 149^9 cingle à TOuest^ et chemin faisant trouve dans l'Océan un Nouveau-Monde :

c'est l'Amérique .

Cinq ans après , Vasco de Gama , Portugais ^ navigue jusqu'au cap des Tourmentes , double ce cap, pénètre dans la mer du Sud et vogue vers l'Inde. Alméida et d'Albuquerque suivent ses traces et découvrent les côtes les plus éloignées de l'x^sie. Trois années s'écoulent, et dans la première du xvi« siècle, Alvarès de Cabrai, autre Portugais, découvre le Brésil, vaste portion de l'Amérique. Vingt ans après, la Chine est trouvée par ces mêmes Portugais, qui poursuivent le cours de leurs prodigieux succès dans l'exploration de nouveaux rivages. Les Espagnols s'étaient piqués d'une noblejalousie; et Magellan, se frayant un passage entre les deux grands Océans, avait découvert les Philippines.

Le tour des Anglais arrive enfin : Drake fait le tour de la terre; Raleigh trouve la Guyane; Davis, Hudson et Baffin explorent le pôle Nord; Wright améliore les cartes de géographie inventées par le prince Henri de Portugal. Les

Hollaiulais paraissent aussi sur la scène, et réu* nis aux Anglais dépossèdent les Portugais de leurs plus belles colonies ; ils forment une compagnie des Indes et accaparent le commerce des épiceries. Amsterdam et Londres deviennent, au commencement du xvii* siècle, les centres du commerce universel. Peu à peu les Anglais prévalent sur mer; ils établissent aussi une compagnie des Indes. Les presbytériens, persécutés sous Charles 1% cherchent un refuge dans le nord de l'Amérique et y jettent les fondements d'une colonie. Les Portugais sont supplantés partout; les Hollandais s'établissent au cap de Bonne-Espérance, s'emparent de Java, découvrent les terres Australes et la Nouvelle-Hollande.

Le xviii* siècle est marqué par l'accroissement de la puissance commerciale et maritime des Anglais : ils se font maîtres absolus dans l'Inde; leurs colonies dans l'Amérique du Nord deviennent tellement riches et peuplées, qu'elles for* ment une nation et rompent à la fin de ce siècle leurs liens avec la métropole. Vers la même époque, les Anglais font plusieurs tentatives in* fructueuses pour abréger la ronte des Indes, en trouvant un passage par le Nord ou par l'Ouest.

CHAPIXaE XL

Des sciences littéraires et philosophiques en Grèce,

Cette partie du tableau des sciences, envisagées dans leurs progrès antérieurs au xix' siècle, sera tracée selon la méthode synchronique , que le besoin de clarté, dans l'exposition des sciences

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