‹ Génie du dix-neuvième siècle: ou Esquisse des progrès de l'esprit humainChapitre 14 sur 88 · UVRE PREM1£P · texte numérisé non relu

UVRE PREM1£P

physiques et sociales , m'avait empêché d'adopter.

Je place le point de départ du développiement du génie de Thomme dans les beaux temps de la Grèce, et je partage toute Fhistoire de la civilisation profane de Thumanilé en deux périodes : celle qui s^est écoulée depuis le temps où florissait Homère jusqu'à la venue de J.-C, et celle

3ui comprend tout Tintervalle mesuré par levS ix-huit siècles qui nous séparent de Fère chrétienne.

Ce qui devait faire la gloire de Fantiquité, c'était Finvention. Tout homme qui a pu attacher le preipier son nom à Fune des découvertes où reluit la grandeur de la raison ou de Fimaginatiou humaine, acquiert une renommée que le temps ne fait que rendre de plus en plus majestueuse, h' épopée fut cféée par Homère, dont le génie a paru trop élevé pour que son existence nait pas rencontré des incrédules comme celle de la divinité même. Eschyle, Sophocle et Euripide inventèrent la tragédie^ qui dut au premier Fénergie et la terreur, au second, la majesté des caractères, au troisième, le secret du pathétique. Aristophane s'essaya dans la comédie politique; Vode erotique s'éveilla sur la lyre d'Anacréon; ïode héroïque inspira les accords de Pindare et de Tyrtée; Vidylle fut trouvée par Théocrite, Bion et Moscbus; V histoire prit cinq formes diverses et devint tour à tour descriptive, philosophique, morale, politique et biographique sous la plume d'Hérodote, plein d'imagination dans ses tableaux; de Thucydide, admirable dans son style mâle et concis; de Xénophon, éloquent par le naïf et noble langage de la modestie unie à Fhéroïsme; de Polybe, qui semble avoir reçu les

PAOGRÈS DE L'ESPRIT HUMAIN. ay

confideDces de la fortune, tant il réussit à démêler les causes de ses caprices; et enfin de Plutarque^ qui raconte les Vies des hommes illustres.

La philosophie^ après avoir été réunie à la physique par Thaiès, Anaxagoras et Diogène d'Apollonie, qui fondèrent Fécole dlonie, fit alliance avec les mathématiques dans Fécole d^Italie, qui eut pour chef Pythagore. Xénophane, dans lécole d'Élée, combina ensemble les principes de ces deux sectes. Bientôt, toutes les doctrines auxquelles peut donner lieu Tétude de Tesprit humain et de ses rapports avec le monde sont ensergnées dans les différentes écoles qui se succèdent les unes aux autres. Leucippe professe que Fâme n'est qu'une agrégation d atomes matériels ; Théodore nie l'existence d'un Dieu ; Socrate meurt pour l'avoir proclamé; Platon fait remonter jusqu'au ciel la source des idées; Aristote voit dans les sensations l'origine de toutes les connaissances; Zenon place le but de la vie dans la pratique du devoir; Epicure, dans la recherche au plaisir; Pyrrhon fait du doute même le fond de la philosophie.

kocrate, Ëschine et Démosthènes portent 1'^loquence politique jusqu'à la perfectioui

Les beaux-arts sont favorisés par la beauté d'un climat qui excite l'enthousiasme et aiguise les organes, et par des institutions qui développaient l'amour et l'étude du beau, en faisant des avantages mêmes du corps une prééminence sociale. La statuaire doit Tidéal de la beauté divine aux statues de Phidias; le charme et Fbarmonte des proportions au ciseau de Praxitèle: l'un trouve le style sublime dans Fimage de Pa^^^^^ l'autre le style gracieux dans celle de Vér^^§. V^

a8 UVRE PR£MI£B.

peinture suk tour à cour les mêmes phase»

de force et de pureté sous ia touche élevée de Zeuxis, et par le dessin suave d'Apelles'; V architecture se développe au sein de la villed'Athèues après les victoires. de Théiatstocle.

Page 1