CHAPITRE Xlï
Des mêmes sciences durant la période latine^
Nous arrivons à la période de la littérature latine dont le caractère est Timitatiou presque g«> nérale du génie de la Grèce, et dont le mérite consiste dans radoucissement souvent heureux de Tinergie primitive du modèle. La muse de Virgile s éclaire et s'échauffe aux rayons de la poésie d'Homère; le soleil de llliade a coloré rÉnéide de ses rayons vivifiants; mais le style enchanteur de Virgile n'appartient qu'à lui seul.
Les Romains ont créé lu satire^ qui n'existait pas chez les Grecs: ce genre fait leur principale gloire. On pourrait ajouter qu^ils sont les pères de la vraie comédie : car Aristophane , chez les Grecs, n'avait trouvé que la comédie d'allusions. lu ode philosophif/ue d'Horace est aussi un beau fleuron de leur couronne. Dans le genre historique, Tacite,, qui , selon le mot de Montesquieu, «abrège tout, parce qu'il voit tout, » perfectionne la manière philosophique de Thucydide. Dans l'art oratoire, Cicéron esta Démosthènesce que, dans l'épopée, Virgile est à Homère. Il imite la force de l'orateur athénien sans l'égaler; mais une ahondance et une variété qui manquent à son
modèle communiquent à son éloquence une majesté particulière.
En résumé , les Romains ont complété les Grecs. La littérature de lantiquité, inspirée par le paganisme, avait fourni, après les siècles de Périclès et d'Auguste , les deux phases qui marquent le progrès et la limite d'une idée ou d'un art: savoir la sublimité et la grâce,