‹ Génie du dix-neuvième siècle: ou Esquisse des progrès de l'esprit humainChapitre 34 sur 88 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Commerce et navigation.

Le commerce a pour but de faire jouir chaque pays de la terre des productions du reste du inonde; il atteindra donc le but qui lui est assigné avec d'autant plus d'étendue et de facilité ue les communications entre toutes les parties e l'univers seront plus sûres , plus fréquentes et plus rapides. Aussi n est-ce que depuis une vingtaine d'années, période qui mesure Tintervalle écoulé depuis l'affermissement de la pacification universelle, que les peuples ont pu s unir de tous côtés par des relations commerciales.

Pour que chaque nation participe à des échanges avec toutes les autres, il faut d'abord

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qu'elle ait elle-même des productions à livrer contre celles qu'on lui propose ; ensuite, qu'elle ouvre l'accps de son territoire aux denrées étrangères. Ici se présente une question difficile à résoudre. Une nation, à moins de se borner à échanger les matières premières qu'elle tire de son sol contre les produits manufacturés des autres pays, peut-elle parvenir à exceller dans quelque genre d'industrie que ce sojt, sans prohiber pendant longtemps les produits de toute industrie rivale? Tel est le problème agité par les économistes modernes, qui se sont divisés en deux écoles. Tune demandant le maintien des restrictions commerciales , l'autre sollicitant leur complète abolition.

Il y a deux points sur lesquels s'accordent aujourd'hui les esprits les plus distingués de ces deux écoles, c'est: i** qu'il importe que l'importation des matières premières soit en chaque pays exempte de tout droit d'entrée; 2* que les taxes imposées sur les objets manufacturés doivent égaler ou du moins excéder de bien peu Fimpôt payé par les producteurs nationaux.

11 est difficile de s'occuper du commerce sans dire quelques mots des ligues commerciales. Celle des villes anséatiquès n'existe plus; mais depuis dix ans , la plupart des Etats germaniques en ont formé une autre qui porte le nom de ligue prussienne ou association des douanes allemandes. Les péages qui divisaient ces Etats et la perception des droits ont été reportés à la frontière extrême 4es pays associés. Par-là, le commerce germanique a été délivré des embarras sans nombre qui résultaient de la multiplicité des douanes. Les Etats de l'association forment en Allemagne une étendue de i6,5o4 lieues carrées, peuplée

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de a5,i 53,847 âmes. Les principaux sont les royaumes de Prusse, de Bavière ^ de Wurtemberg et de Saxe , Télectorat de Hesse, les grandsdnchés de Bade, de Hesse et de Saxe-Weimar, etc. Cette association jette les fondements de la nationalité allemande.

De grandes vicissitudes ont changé , depuis louverture du xix' siècle, les rapports de plusieurs nations européennes avec les colonies placées sous leur dépendance. UEspagne, qui étendait sa domination sur Fespace immense compHs entre les frontières des Etats-Unis du nord de l'Amérique et le détroit de Magellan , est dépossédée de cette vaste partie du Nouveau- Monde. Toutes ses colonies sur le continent américain ont recouvré leur indépendance; mais elle jpossède Cuba , la plus belle des iles de l'Amérique , et Porto-Rico ; aux Indes-Orientales, elle est restée maitresse des îles Philippines, de sorte qu'elle est encore la seconde puissance coloniale du monde.

Le Brésil s'est séparé du Portugal.

La France n'a gardé de ses antiques possessions que les trois iles de la Martinique, de la Guadeloupe et de Bourbon, la Guyane, Pondichéry et l'établissement du Sénégal ; mais elle a conquis Alger, qui peut lui rendre un jour le rang qu elle tenait comme puissance coloniale.

L'Angleterre surpasse toutes les autres puissances parle nombre et l'importance de ses colonies. Les provinces du haut et du bas Canada , de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick lui appartiennent dans l'Amérique du Nord. Aux Indes-Occidentales , elle possède la Jamaïque, la Barbade, Sainte-Lucie, Antigue , la Grenade, la Dominique , la Trinité ; et les possessions an

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glaises dansTInde se sont immensément accrues, au commencement de ce siècle, par la conquête de tout Fempire de Tîppo-Saïb , par la prise de Dehly, capitale de l'empire du Mogol , et par d'autres acquisitions considérables. Les contrées de rinde subissant la loi de FAngleterre présentent une superficie de 553,ooo mètres carrés, et une population de 83,ooo,ooo d'habitant<i. Une guerre avec la Chine a poussé les Anglais à franchir la grande muraille du céleste empire; et la paix qu'ils viennent de contraindre l'Empereur à signer sous les murs de Pékin, livre au commerce britannique une position qu'il a su choisir.

Ce siècle a vu la ruine de l'ancien système colonial qui enchaînait par des liens si étroits les colonies à leur métropole. Les colons ont été affranchis presque partout des restrictions qui étaient aussi ruineuses pour eux que pour la mère-patrie.

L'émancipation des colonies espagnoles, l'érection du Brésil en empire indépendant , la formation d'un royaume de Grèce , l'importance acquise par l'Egypte sous le gouvernement de Méhémet-Ali, Tabolition de la piraterie dans la Méditerranée par la conquête d'Alger, la colonisation française dans le nord de l'Afrique ; l'application gigantesque de la vapeur au transport des hommes et des marchandises par terre et par eau; les rapides communications établies par ce moyen entre le centre et les ports de la plupart des empires, entre l'Amérique et l'Europe par l'Océan Atlantique, entre l'Inde et l'Egypte par la mer Bouge, entre l'Orient et l'Occident par la Méditerranée et le Danube; Finvasion des armes et du commerce de FAngleterre en Chine ; la

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suppression entière de la traite des noirs et Tabolition déjà commencée de Tesclavage; la chute graduelle et de plus en plus imminente du système prohibitif en matière de douanes: tels sont les principaux événements et le? tendances les plus décisives qu'il importe de signaler dans Pesquisse des progrès du commerce et de la navigation générale au xix* siècle.

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