‹ Génie du dix-neuvième siècle: ou Esquisse des progrès de l'esprit humainChapitre 35 sur 88 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Géographie et voyages.

L'exactitude introduite dans la constructi<m des cartes terrestres et marines par lalliance de la géométrie et de l'astronomie; les progrès delà science géodésique, Faddition d'une ordonnée nouvelle , savoir la hauteur de tous les points observés au-dessus du niveau de la mer; la perfection des instrument3 à l'aide desquels le navigateur détermine chaque jour la position du vaisseau qui le transporte et celle de toutes les terre» qu'il rencontre; les relations commerciales qui, établies aujourd'hui entre tous les pays , répan-dent avec une admirable vitesse la moindre obseiTation utile à la navigation; la formation desociétés spéciales pour l'encouragement des travaux géographiques; les nombreux voyages autour du monde entrepris dans un objet tout; scientifique par l'ordre des divers gouverne-, ments, la création d'une science nouvelle, de la< Géographie comparée , tout semble promettre au; xix« siècle une connaissance exacte et de plu&ep^ plus détaillée de toutes les parji^s cl« TUnivers* \

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Le Gouvernement impérial avait donné une grande impulsion à la géographie par Textrême sollicitude avec laquelle il faisait lever les plans et dresser les cartes de Timmense territoire de Tempire. La plupart des états de FEurope ont au* jourd'hui, à l'imitation de la France, des écoles d'état-major, des dépôts d'hydrographie et un bureau des longitudes. Parmi les cartes qui sont le plus propres à attesterles progrès de la géographie , nous citerons la grande carte du territoire français commencée; par l'ordre de Louis XVIII sous la direction de l'illustre Laplace; celles des botes occidentales de la France entreprises en 1816 par M. Beautemps-Beaupré , ingénieur en chef de la marine; les belles cartes publiées par Tétat-major autrichien, par le bureau topographique de Munich, l'état-major russe et l'étatmajor napolitain ; celles des Pays-Bas , de plusieurs portions de la Prusse ; enfin les cartes maritimes publiées par l'amirauté anglaise, et la carte de la Grande-Bretagne publiée et dressée, en ce moment, sous la direction du bureau de Tartillerie.

L'Afrique, étant la partie du monde la moins explorée, a excité dans ce siècle le zèle et l'émulation des voyageurs. Une partie de la Barbarie nous est aujourd'hui bien connue ; l'Egypte a été parcourue en tous sens. Les voyages de Thomas Legh et de Burckhardt dans la Nubie en 181 3 et 181 7; ceux de Henry Light,Belzoni et Caillaud, en i8i4i ï8i6, 1817 et 1821, ont fourni à la science de précieux renseignements sur les différentes races qui habitent la Nubie, sur les rives du Nil, et sur les beaux monuments de sculpture et d'architecture qui appartiennent aux siècles glorieux des Egyptiens^ et dont les ruines bordent ce fleuve*

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L'Abyssinie a été visitée et décrite en 1804 et i8o5 par Henry Sait, qui, profitant de sa qualité d'envoyé delà Grande-Bretagne, donna la carte du Habech. Ce travail rectifia beaucoup d'errenrs commises par Fintrépide Bruce. L'Abyssinie a été visitée depuis par MM. Pearce et Brovni, autres voyageurs anglais, et par deux jeunes Français , MM. Combes et Tamisier, qui ont publié en i838 la relation de leur voyage. Ces différents observateurs de TAbyssinie ont fait connaître les bautes chaînes de montagnes qui s'élèvent sur le plateau du Habech. Cette terrasse, haute de huit mille pieds, s'étend du io« degré au i3« degré lat. N., et jouit d un printemps étemel. En observant les Abyssiniens, qui ont les mêmes traits que les Européens , on a été induit à penser que ce peuple primitif ne peut être confondu avec les Arabes et qu'il a formé la tige éthiopique des anciens Egyptiens qui descendirent dans la vallée du Nil, 65o ans avant J.-C., par Méroé, Eléphantine et Thébes.

La géographie de l'Afrique a fait de grands progrès par la connaissance de l'intérieur des terres qui sont au-delà de la côte de Guinée. Un royaume appelé Bornou, au milieu de l'Afrique centrale, a été visité en i823 et 1824 par Clapperton et Denham; ils l'ont fait connaître comme l'un des plus riches pays du Soudan. Le Bornou, compris entre les io<* et i5*^lat. N. et entre les 12® et i5® longit. E. deGreenwich, possède treize villes principales. On doit à ces deux Anglais la connaissance du Tchad , lac remarquable situé au centre de l'Afrique septentrionale.

Les voyageurs qui avaient pénétré dans l'Afrique centrale n'avaient jamais pu arriver jus-

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qu'à la ville de Timbouctou. La plus vive curiosité s'attachait à cette cité inconnue : Pimagination prêtait une importance singulière à sa civilisation, à son commerce et à sa population. Caillié, voyageur français, est le premier Européen qui ait surmonté les obstacles qui défendirent si longtemps l'accès de cette ville : il entra dans Timbouctou en 1827, et ne trouva quun amas de maisons en terre, mal construites, dans une immense plaine de sable blanc et mouvant. Cette ville, qui peut contenir au plus 10 à 1 2,000 habitants, est peuplée par les nègres de la nation Kissour, zélés mahométans, n'ayant d'autre commerce que celui du sel. Timbouctou est situé à trois journées au sud de la frontière du Sahara, et à deux ou trois milles géographiques au nord du Niger. Ainsi cette ville, placée près du fleuve le plus important de l'Afrique, forme un centre entre les royaumes de Fezzan, de Tripoli, de Maroc, et peut, au moyen des caravanes, communiquer avec trois mers, la Méditerranée, le golfe de Guinée et l'Océan Atlantitique j mais Caillié a révélé l'importance et la richesse d'une ville nommée Jenné, qui surpasse Timbouctou par le mouvement de son commerce : située à l'Ouest de cette dernière ville, sur une grande île que forme un bras du Niger, elle peut avoir deux milles et demi de tour et 8 oi| 10,000 habitants.

Le célèbre Mungo-Park donna le premier une idée des montagnes d'où sortent les eaux de la Gambie, et qui forment la saillie Nord-Ouest de la Haute-Afrique. Des informations prises sur les lieux lui révélèrent la situation de la source du Sénégal, qui serait placée sur la terrasse de Mandingo, sous le ii'^lat.N.

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Un voyageur français , MoUien , a publié en 1820 ses importantes découvertes sur le cx)urs du Niger, dont il place Torigine entre les monts Soliman et CourancOy à onze journées de marche au S.-E. des sources du Sénégal. 11 était réservé aux deux frères Lander, Anglais, de trouver l'embouchure du Niger. Osant s'embarquer sur ce fleuve mystérieux et se laissant aller au gré de ses eaux , ils le forcèrent tandis qu'il entraînait leur barque , à leur révéler le secret de sa fuite, vers la mer : ils le surprirent donc se perdant dans TAtlantique, au fond du golfe de Guinée, par une embouchure située dans la baie de Biafra.

Une partie de la Guinée septentrionale a été visitée en 18 19 par M. Edw.Bov^rdich, envoyé par le Gouvernement anglais à la cour d'Ashanti. Jl a donné de précieux renseignements sur Tethnographie de cette partie de TAfrique et sur les mœurs et la puissance des Ajihantis, peuple puissant et belliqueux, supérieur à tous les autres nègres de la côte de Guinée.

La côte d'Or a été parfaitement étudiée par M. Henry Mérédith, qui y a résidé en qualité de gouverneur de Winnebah. Cet officier fait commencer cette côte à 20 milles à FOuest du cap Apollonia, et la regarde comme se prolongeant à TEst jusqu'à Akrah, entre le 4** 4^' et le 5° 4o' latitude Nord : il lui assigne ainsi une longueur de 52 milles géographiques.

Le bord occidental de l'Afrique a été décrit par le capitaine Tuckey, qui a exploré en 1816 les bords du fleuve Congo et a rectifié le tracé des côtes depuis ce fleuve jusqu'au cap Lopez. Ce voyageur a reconnu le Congo, autrement appelé Iç 2^aïrc, se jetaot dans la mer sous le 6" la«

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titude Sud et le iT longitude Est du méridien de Paris. Il pense que les habitants du Congo sont un peuple mélangé , et qu'un grand nombre â^entre eux descendent probablement des Portugais.

Prise à son extrémité vers le cap de Bonne- Espérance, l'Afrique n'a pu défendre ses secrets contre des voyageurs , parmi lesquels ou remarque des missionnaires protestants de Paris.

Une expédition anglaise , commandée par le capitaine Harris, est partie de Tadjourn, situé en face d'Aden, et se prépare à traverser l'Afrique du Nord au Sud.

L'Asie n'a pas cessé d'être explorée dans le cours des vingt dernières années. Elle a été mieux 4:onnue, grâce à l'étude des langues orientales, à la découverte et à la publication de plusieurs ouvrages jusqu'alors ignorés^ et aux événements politiques de TEurope et de Flnde. Le Gouvernement russe a donné une grande impulsion à des travaux géographiques qui ont fait connaître le Nord de l'Asie, et une portion de l'Asie centrale. L'un des plus intéressants voyages qui aient été entrepris dans l'Asie septentrionale est celui de MM. Hausteende Christiania et Adolphe Ermann de Berlin. Leur but était de déterminer les deux lignes magnétiques depuis Pétersbourg jusqu'au Kamchatka. Ces voyageurs ont constaté que Tune de ces deux lignes passait entre Mouram et Nijnéi- Nowgorod, et la seconde quelques degrés à j'Est d'Irkoutsk, entre Parchinskaïa et Jarbinsk. Ces recherches avaient d'autant plus d'importance pour les progrès de l'histoire pnysique de notre globe et pour ceux de Fart nautique, que les deux lignes magnétiques observées par MM.Hausteen et Ërmaiyoïsoiic^aus déclinaison, c'est-à-dire quau-

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dessus d'elles Taiguille est dirigée vers les pAles de la terre; et la Russie est le seul pays où ait lieu ce phénomène, qui doit servir de base, comme Ta fait remarquer M. de Humboldt, à une théorie fiiture du magnétisme terrestre. L'un des plus beaux fruits de ce voyage a été la carte du KaxDr chatka publiée par M. Ermann.

Le gouvernement Russe a fait étudier la régioit du Caucase et quelques portions de la Tartarie et de l'Arménie. Des voyages assez récents ont jeté une intéressante lumière sur la configuration de cette partie de l'Asie. Sous ce rapport l'année 1829 a été mémorable: M. Parrot fils a gravi l'Ararat, dont il a trouvé la hauteur surpassant de 452 mètres celle du Mont Blanc; M. Kupfet a visité «la montagne Trachytique d'Elbrouz ^ et observé les hauteurs de la chaîne du Caucase.

Des voyageurs nous ont donné sur l'Asie-Mineure et la Syrie des notions assez neuves. On sait aujourd'hui que la dépression de la mer Morte au dessous de la Méditerranée est de 4o8 mètres.

L'intérieur de l'Arabie est encore inconnu; mais les côtes de la mer Rouge et celles du golfe Persique sont explorées par le Gouvernement anglais; rien ne sert mieux la géographie que la cupidité commerciale ou l'esprit de conquête.

Un voyage du professeur Schultz, a fourni d'utiles renseignements sur l'état actuel de la Perse. Nous devons à l'Anglais Burnes la meilleure carte de ce pays.

L^Asie centrale est l'objet des études d'un grand nombre de savants et de voyageurs. Il faut bien qu'on y pénètre. On a pour guides l'Atlas de Berghaus, les cartes de Klaproth, les voyages du baron de Hagel dans le Cachemire, l'Himalaya et le royaume des Seiks. M. de Humboldt, après

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avoir fait en 1829, sous lesauspices de Tempereur de Russie, conjointement avec MM. Ehrenberg et G ustave Rose, un important voyage aux mines de rOural a poussé jusqu'aux frontières de la Dzoungarie chinoise et vers la mer Caspienne. 11 a publié, en i83o, des observations recueillies sur les chaînes de montagnes et les volcans de TAsie intérieure, et en particulier sur le système deTAltaï.

La géographie de Flnde s'est enrichie par toutes les cartes relevées dans les régions qui appartiennent à la compagnie anglaise; par le voyage de M. Heber, évêque de Calcutta , dans les provinces supérieures ; par les lettres de M. James Hough de Madras sur les montagnes Bleues du Coïmbetour, dans Tlndoustan méridional; par les explorations entreprises dans le Maïssour, le pays de Courgh, le Canara et le Malabar, par M. le lieutenant-colonel William Lambton, directeur-général des travaux géographiques de rindoustan.

Voilà le céleste empire visité par l'Angleterre . la Chine n'a pu se défendre contre l'invasion : se défendra-t-elle contre la science ? Cette immense contrée est connue seulement avec quelques détails par la carte que les missionnaires ont dressée au XV!!*^ siècle et qui a été imprimée et gravée en Chine sous les auspices de Tempereur lui-même (a). Une description de Pékin a été traduite, il y a quelques an-

(a) M. Barbie du Bocage, chef du bureau topographique au département des Affaires étrangères, à qui je dois pour quelques portions de ce chapitre un précieux secours, m*a fait voir cette carte intéressante, dont le dépôt géographique de ce Ministère possède un exemplaire, envoyé à Paris vers la fin du xviii* siècle par Timpératrice Catherine.

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nées, du chinois en russe par le père Hyacinthe, ancien supérieur du couvent russe à Pékin où ce religieux a fait un séjour de dix ans. Au reste, les Anglais qui ont remonté le Grand canal et braqué leurs canons contre cette ville si peu connue, pourront nous en apprendre la position.

La mer des Indes et son immense archipel, les côtes de la Chine , ont été parfaitement étudiés. L'Océanie, qui comprend la plupart des lies répandues dans le Orand-Océan, et dont la population s'élève à vingt-et-un millions d'hommes, a été Tobjet des investigations de tous les navigateurs qui ont entrepris des voyages autour du inonde ou des expéditions de découvertes dirigées vers le Grand-Océan. L'Australie a été explorée par Freycinet et Hancelin, et par Flinders, Bass, King, etc. Les archipels de Mondana, de Pomotou, desMulgraves et des Carolines, ont été visités en détail par les navigateurs russes Kroutcheff, Letke, Itchistakoff. MM. Duperrey et Dumont d'Urville ont enrichi la géographie maritime de leurs travaux hydrographiques sur la Nouvelle-Zélande, les îles Sandwich, Mariannes, etc. L'expédition du capitaine Latke a complété les renseignements déjà possédés sur retendue et la forme de Tarchipel des Carolines. Enfin, la côte occidentale de la Paponasie a été reconnue par le capitaine de Kolff.

L'Océanie était à peine connue il y a soixante ans, et aujourd'hui elle figure dans les descriptions de la terre comme une cinquième partie du monde. Des colonies commerçantes et chrétiennes s'y forment de toutes parts; la science, la civilisation et la foi commencent à fleurir dans ses îles nombreuses. Une nouvelle Europe semble sorti des eaux du Grand-Océan.

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Un voyage exécuté par M. Auguste de Saiiit- Hilaire, entre les anfiées 1816 et 1822, dans les provinces de Rio-de Janeiro et de Minas-Geraes , a fait connaître d'une manière satisfaisante l'immense chaîne de montagnes qui traverse le Brésil. Les côtes du Chili, du Pérou et du Mexique ont été décrites, en 1824, par le capitaine Basil Hall. L'intrépide capitaine Head et M. Miers ont donné une exacte description des immenses solitudes qui, sous le nom de Pampas, s^étendent de Bnénos-Ayres jusqu'au pied des Andes. Le capitaine King a exécuté récemment, par ordre de Tamirauté d'Angleterre, un voyage nydrographique dont l'objet était la reconnaissance des côtes de la Patagonie, depuis le port Sainte-Hélène, à lest, jusqu'au cap Tres-Montes, à rOuest.

liC voyage déjà] ancien , entrepris , d'après l'ordre du gouvernement des États-Unis, par le capitaine I^ewis dans le but de reconnaître le cours du Missouri, a fait faire des progrès à la science géographique. Il nous serait impossible de rendre compte de toutes les observations successivement recueillies sur les diverses parties de l'Amérique Septentrionale; mais nous allons parler en détail des recherches faites vers le pôle pour trouver une communication au Nord- Ouest de l'Amérique entre l'Océan Atlantique et le Grand-Océan.

L'Anglais Baffin avait découvert, vers i6t6, la mer qui porte son nom. Le Suédois Behring trouva, en 1722, que le continent américain était séparé de celui de l'Asie. Ce n'est qu'au bout d*un siècle que les voyages dans les régions arctiques reprirent leur cours. L'amirauté anglaise organisa en, 18 189 une double expédition dans le but

de vérifier s'il existait une mer continue au nord de rAmérique : Tune, confiée au capitaine John Ross , devait entrer dans la baie deBaffin et pousser aussi avant que possible vers l'Ouest; l'autre, placée sous le commandement de MM. Buchmann et Franklin, avait pour but de se frayer une route plus au nord en doublant le Spitzberg; mais ces deux expéditions ne produisirent aucun résultat.

Le capitaine Parry, envoyé vers le pôle en 1819, remarqua, en s'avançant dans le détroit de Lancastre, au fond de la mer de Baffin, une vaste ouverture qu'il regarda comme pouvamt communiquer avec la baie d'Hudson, qui est au sud de cette mer. Les dangers qu'il avait courus dans cette expédition, une captivité de dix mois et demi au milieu des glaces , ne lempéchèrent pas de tenter un nouveau voyage pour vérifier la comnciunication qu'il avait soupçonnée. Les glaces s'opposèrent à ce qu'il traversât l'ouverture qu'il avait découverte ; mais il acquit à peu près la certitude qu'il existait un détroit réel entre les mers d'Hudson et de Baffin. Un troisième voyage entrepris par le capitaine Parry pour forcer la passe qu'il avait reconnue, et qui a été nommée le détroit du Prince-Régent , n eut aucun succès par suite du naufrage de l'un de ses bâtiments.

Le capitaine Ross tenta, en 1829, une nouvelle expédition, dont un Anglais généreux, M. Félix Bootb, consentit à supporter les frais. Il reconnut le côté occidentalejdu détroit du Prince-Régent, et découvrit une terre qu'il appela Boothia-Felùc , du nom de son protecteur , et de l'autre côté de laquelle il retrouva la mer. Mais cette terre, qu'il avait traversée en traîneau, lui parut se prolonger indéfiniment vers le sud. Toute la question dont

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ces hardis navigateurs cherchaient avec tant de courage la périlleuse solution se trouvait donc ramenée à celle-ci : laterreBoothia-Felix ferme* t-elle la communication de TKst àTOuestyOu n'est-elle qu'une île ?

Le capitaine Ross , emprisonné par les glaces au milieu desquelles il passa deux hivers, ne put atteindre le but qu'il avait cherché avec tant de patience et d'héroïsme. Cependant il eut la double j;lpire-4€ réduire la difficulté à ses moindres termes, et de découvrir le pôle magnétique, c'est-à-dire le point où l'aiguille aimantée tend à se tenir dans une situation verticale, et où elle n'obéit plus au magnétisme terrestre, si on ne la maintient dans la position horizontale.

La compagnie delaBaied'Hudson, ne recevant plus de nouvelles dujcapitaipe Ross, organisa, de concert avec le Gouvernement, une expédition de recherches. Le commandement en fut confié ail capitaine Back, qui reçut Tordre de se rendre à Montréal , dans le Bas-Canada , pour gagner le lac de l'Esclave, arriver à la mer, longer le littoral, et traverser en canot jusqu'au cap Garry. Le capitaine Back retira de cette expédition le soupçon assez fondé que la terre de Boothia-Felix n'interceptait pas toute communication entre l'Est et l'Ouest. La société de géographie d'Angleterre voulut vérifier ce dernier renseignement, et envoya en i836 le capitaine Back pour entrer de nouveau dans la baie d'Hudson , se diriger vers celle de la Répulsion, traverser Tisthme que Ton suppose placé entre ce point et la mer Arctique; mais une série d'accidents éprouvés par l'expédition sous le choc des glaces accumulées dans ces affreux parages, ont rendu ce dernier voyage complètement infructueux.

SaENCE DE LA SOCIÉTÉ. i4<

M. Dumont-d'Urville , dans son voyage à Fautre extrémité du globe, a découvert en 1 840 une terre antarctique, située par 66** 3o' lat. S. et i38*» ai' lat. O. Il a exploité une étendue considérable de sa côte nora, et lui a donné le nom de Terre Adélie.

Le lieutenant Wilkes, de la marine des Etats Unis, qui dans la même année a commandé une expédition de découverte au pôle Austral , a atteint le 67*» 4' de Jat. S. et le. 147° 3o' de long. E. De ce point il a entrevu une terre qu'il a nommée Continent antarctique.

Enfin le capitaine Ross a trouvé réellement le pôle austral , dont il a eu la gloire de déterminer la position ; aussi cet illustre marin a découvert successivement les deux pôles de la terre.

Les voyages autour du monde se sont tellement multipliés depuis une trentaine d^années , que nous nous bornerons à donner l'indication sommaire des principales expéditions de cette nature. Le voyage du capitaine russe Krusenstem doit ouvrir cette liste : il servit à reconnaître plusieurs points douteux des côtes du Japon. Vint ensuite celui du lieutenant russe Kotzebue , qui avait pour objet de doubler le cap Horn et de chercher un passage par le Kamtchatka au pôle arctique. Le capitaine français Freycinet, chargé de rechercher la figure du globe et ses courants magnétiques, fit, entre les années 1 8 1 7 et 1 820, un beau voyage de plus de vingt-trois mille lieues. La France a envoyé spccessivement, pour naviguer autour du globe, les capitaines Duperrey; Dumont d'UrvilIe, qui fit quelques découvertes dans le Grand Océan; de Bougainville , qui reconnut la partie Sud de la terre Van-Diemen; de Laplace

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