CHAPITRE IV
Anaiomie et physiologie.
L'anatomie et la physiologie sont liées par des rapports intimes : celle-ci fait connaître les fonctions des organes étudiés par celle-là. Haller a traité à la fois de ces deux sciences dans son immortel ouvrage. Les plus célèbres anatomistes de
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notte siècle, et entre autres , M. Sœmmering , ont suivi cet exemple. Nons ne parlons ici que des progrès de Fanatomie et de la physiologie envisagées dans leurs relations avec la médecine. Les anatomistes anglais se sont particulièrement occupes du système lymphatique. Mascagni , savant Italien, n'a rien laissé à cfésirer dans ses patientes recherches sur tous les mouvements du chyle et du sang. Bichat a découvert, grâce à la hardiesse de ses expériences sur les animaux vivants, les différences qui existent, soit dans la structure des différents organes de la vie , soit entre les tissus des diverses membranes. La structure des nerfs a été démontrée par MM. Prochaska, de Vienne , et Reil, de Halle. Charles Bell et M. Magendie ont établi, par de mémorables recherches , une distinction entre les nerfs de la sensibilité et ceux du mouvement volontaii'e. L'étude du cerveau , qui avait déjà exercé le génie de Vicq-d'Azyr, a été essayée avec des vues assez neuves par le docteur Gall. C'est lui qui est le créateur de cette science nommée phrénologie , dont l'objet est d'étudier les penchants généraux et les instincts organiqu^ps de l'homme, à l'aide des signes extérieurs qui manifestent ces penchants et ces fins sur le crâne humain. Cette science dont les principes sont à peine posés et dont les prétentions sont quelquefois monstrueuses , a été continuée par Spurzheim. L'une des plus belles études qui aient été faites sur les propriétés du système nerveux est due à M. Flourêns : il a cherché à prouver par ses belles expériences, i* que les lobes cérébraux sont le réceptacle où se consomment les sensations de la vue et de l'ouïe, et qu'en outre ils servent de siège à la mémoire; a** que l'intégrité du cervelet
SCIENCE DE LÀ NATURE. iSg
est nécessaire à la régularité des mouvements de translation; 3^ que c'est dans le haut de la moelle allongée que doivent arriver les sensations pour être perçues, et que c'est de là que part l'éxecution des ordres de la volonté.
Les progrès de la physiologie générale ont été longtemps retardés en Allemagne par l'application aux sciences naturelles du système métaphysique introduit par Schelling et son école , sous le nom de philosophie de la nature. L'Angleterre possède dans Erasme Darwin l'un des plus profonds physiologistes de cet âge : nul n'a mieux appliqué la physiologie à la médecine, ni tracé d'une manière aussi complète la théorie des phénomènes de la vie dans les êtres organisés. Les Français se sont distingués dans la physiologie particulière de diverses fonctions. La modification que l'abstinence fait subir à la sécrétion des fluides a été démontrée par les expériences de MM. Dumas et Magendie ; ce dernier savant a feit aussi d'utiles expériences sur tous les phénomènes de la digestion , et principalement sur la nature et la destination du suc gastrique. La faculté absorbante de la peau , qui a donné naissance à la médecine iatraleptique, a été étudiée par MM. Brera, Chrestien, Chiarenti, et vérifiée par MM. Duméril et Alibert. La coloration immédiate du sang par son contact avec l'air dans le phénomène de la respiration a été démontrée par l'expérience déjà ancienne de Bichat. Cet anatomiste adapta un robinet à la trachée-artère d'un animal, et ouvrit la carotide; puis il fit voir que le sang coulait noir aussitôt que l'on bouchait la soupape. L'étude de l'organe de l'ouïe a donné lieu à de belles recherches. M. Flourens a fait de curieuses expériences sur les canaux sçmi-circu-
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lairesdeForeille. M. Savart s'est distingué par ses expériences sur le mécanisme de Paudition.
Le mécanisme de la voix a donné lieu à d'intérc séants débats entre les physiologistes. Guvier avait comparé à une flûte Forgane vocal ; M. Dutrochet refuse au larynx toute ressemblance avec un instrument quelconque de musique , et explique la production du son par Faction de Fair sur les cordes vocales. MM. Biot et Magendie ont comparé le larynx à un instrumenta anche » et attribué la vibration des anches à la colonne d'air qui se brise contre elles. Enfin , M. Savart fait ressembler le larynx à une sorte d appeau.
Une question qui a longtemps divisé et qui divisera peut-être toujours les physiologistes, je veux* dire celle de Firritabilité musculaire , a donné lieu à Fingénieuse théorie de Girtanner, qui attribue la contraction des muscles à Faction de Foxygène du sang artériel et à Finfluence d'un double courant électrique dont les nerfs sont les conducteurs. Cette théorie a été embrassée par MM. Prévost et Dumas , ainsi que par M. Dutrochet.
La découverte de Volta , par laquelle il a été démontré que deux corps hétérogènes mis en contact s'électrîsent en sens contraire , a fait une révolution dans la science de la vie. Tous les physiologistes se sont appliqués à saisir les ressemblances qui existent entre le mécanisine des appareils médullaire et nerveux et celui des appareils électro-moteurs. M. Dutrochet est Fua de ceux qui ont présenté avec le plus de succès une explication des mystères de Féconomie animale , en la tirant du phénomène de Félectricité. Les recherches des physiologistes se font aujourd'hui dans cette direction.
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