CHAPITRE VI
Dernier mot sur le xix* siècle.
Le xvi<î siècle a été grand par les beaux-arts , le xviie par les lettres , le xviu" par les sciences : le XIX" le sera par Tindustrie.
Dans ce siècle on n invente pas, mais on perfectionne : on fait peu de théories, mais beaucoup d'applications : on est plus impatient de posséder que de découvrir. Au lieu de procurera quel-
PROGRÈS FUTURS DES SClENCliS ET ARTS. a4i
ques rares génies de sublimes contemplations, les sciences servent à adoucir et à orner la vie du plus grand nombre. L'utile domine sur le beau.
Tandis que les grandes âmes s'effacent, le niveau universel paraît s'élever. Ce ne sont plus les liommes qui par leurs passions ou leur volonté changent le monde: les événements sont l'œuvre de trop de monde pour Tétre de personne ; ils écrasent Findividu. Aussi les esprits, que n'éclaire pas la foi , adorent-ils une force mystérieuse qui pour les chrétiens n est que la Providence travaillant [dus à découvert.
La destinée de ce siècle est de faire participer un plus grand nombre d'hommes dans un même pays au bien-être et à l'instruction , et un plus grand nombre de peuples, sur l'échelle des nations, à la civilisation et au commerce. Une fusion entre l'Europe et l'Asie se prépare , et la domination bienfaisante de l'esprit chrétien sur l'Orient barbare sera un des grands traits de notre époque.
Enfin, les effets de la découverte de la vapeur dans les relations internationales , la décadence des aristocraties européennes au-dedans des sociétés , et le déclin de la philosophie anti-chrétienne dans l'ordre moral, donnerontà notre siècle sa figure, son esprit et ses mœurs.
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