‹ Génie du dix-neuvième siècle: ou Esquisse des progrès de l'esprit humainChapitre 9 sur 88 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De Vastrcmomie,

Laplace a décrit en peu de mots les progrès de Tastronomie : » U y a extrêmement loin^ dit-il, de la première vue du ciel à la vue générale par laquelle on embrasse auiourd'hui les état» passés et futurs du système du monde. Pour y parvenir, il a fallu observer les astres, pendant un grand nombre de siècles, reconnaître dans leurs^ apparences les mouvements réels de la terre, s'élever aux lois des mouvements planétaires, et de ces lois au principe de la pesanteur universelle y redescendre enfin de ce principe à leyplicatio» complète de tous les phénomènes célestes jusque dans leurs moindres détails r Voilà ce que Tesprit humain a fait dans Fastronomie. »

Les Ghaldéens, les Egyptiens et les Persans avaient connu Fastronomie; mais elle ne devint réellement une science que chez les Grecs.

Thaïes découvrit la cause de Finégalité des jours et des nuits, et soupçonna la théorie des éclipses; Anaximandre eut Fidée de la rondeur de la terre. Les Grecs empruntèrent des Égyptiens* le zodiaque, divisé en douze constellations

PftOGRËS HE LESimiT HCMAIlM. i^

|xlac^es sur les chemins du soleil et de la luoe; Pythagore devina le mouvement de la terre au^ tour du soleil; Cléostrate concilia les mouvements du soleil et de la lune. Le premier catalogue d'étoiles (Jui ait été dressé est Touvrage de deux astronomes de Téeole d'Alexandrie f Âristylle et Timocbaris. Plus tard^ Aristarque de Samos trouva approximativement la distance du soleil et de la lune à la terre; Ératosthène me* sura un degré du méridien.

Hipparcfue de Rhodes découvrit Texcentricité de Técliptique et la précession des équinoxes^ c'est-à-dire Tanticipation du mouvement annuel du soleil, par rapport aux équinoxes et aux sol^ stices, sur le mouvement par rapport aux étoiles. Hipparque fit en outre le dénombrement de toutes les étoiles visibles dans le pays qu'il habitait, et perfectionna la méthode de déterminer la position des objets terrestres par la latitude et Isk longitude. Ces travaux l'ont fait regarder comme le plus grand astronome de l'antiquité, et lui ont valu cet éloge de Pline, « qu'il laissa le ciel en héritage à ceux qui seraient dignes d'en profiter. »

Le célèbre Ptolémée exposa, i4o ans aprè»

J.-C, le système du monde qui porte son nom^ et qui consiste à faire tourner autour de la terre immobile, d'Occident en Orient, toute la sphère céleste^ Les Ai^es mesurèrent avec plus de pré" cision que les Grecs le degré terrestre. Albaté^ nius, qui vivait dans le ix*^ siècle de l'ère chrétienne, détermina, à peu de chose près, le mouvement des étoiles en longitude, et très*exactement l'excentricité de lorbite solaire. 11 découvrit que l'apogée du soleil, regardé avant lui comme immobile^ a un petit mouvement qui sur^

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passe un peu celui des étoiles. Arsaciiel perfectionna la théorie du soleil; Alhazen entrevit la théorie des réfractions- astronomiques et indiqua la véritable cause des crépuscules.

Copernic remit en honneur, dans le xvi® siècle , lancien système dePythagore sur le double mouvement de la terre, et devint le fondateur de la véritable mécanique céleste en plaçant le soleil au centre de notre monde planétaire, et en faisant tourner autour de cet astre, d'Occident eu- Orient, Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter et Saturne. Tycho-Brahé, surnommé le grand observateur^ rejeta en partie le système de Co-

Eernic; sa gloire est principalement fondée sur I découverte des inégalités dans le mouvement de la lune et sur Finvention de la théorie des comètes, qu'il démontra être des corps solides comme les planètes, et soumis aux mêmes mouvements autour du soleil. Kepler, son disciple, posa les bases scientifiques de l'astronomie. Après avoir vérifié que les planètes décrivaient non de véritables cercles, mais des ellipses, dont le soleil occupe F un des foyers, il établit les deux lois immortelles qui portent son nom, et qui servent de baee à tous les calculs astronomiques du mouvement des planètes.

Il était réservé à Galilée de profiter d'une découverte quiabaissa, pour ainsi dire, le firmament vers la terre: je veux parler de l'invention du télescc^^an commencement du xvii® 'siècle. 11 reconnmlear taches de la lune et un nombre immense <le petites étoiles ; les satellites de Jupiter se révélèreiit à ses yeux, et il soupçonna l'existence de Tanneau de Saturne. On sait qu'il se prononça ouvertement pour le système de Copernic. Le perfectionnement du télescope permit

PROGRES DE L'ESPRIT HUMAIN. i5

& Huygens d'apercevoir un satellite de Saturne, et Panneau plat et circulaire qui environne cette planète.

Newton découvrit la fameuse loi de ta gravita^ tioD réciproque des astres en raison composée de la masse et du carré inverse de la distance, il chercha les dimensions du glohe terrestre en combinant la force centrifuge avec la gravitation des parties de ce globe^ et il supposa que la figure de la terre était celle d^un sphéroïde elliptique aplati. Cette théorie fut démontrée par ses suc^ cesseurs, qui rappliquèrent à la configuration du soleil et de toutes les planètes. Newton soumit à la loi de l'attraction le phénomène des marées , et prouva qu'elles étaient produites parles attractions du soleil et de la lune , combinées avec le mouvement journalier de rotation de la terre autour de son axe. Il trouva la théorie générale des perturbations célestes, et calcula en particulier Faltération que l'action du soleil fait subir à Tellipse décrite par la lune autour de la terre. Enfin, il ébaucha la théorie de la préceasion des équinoxes et celle de la libration de la lune. Ëuler, Clairaut, d'Alembert, les deux Cassini et Lagrange complétèrent les calculs de ce grand homme, et résolurent la plupart des problèmes qu'il n^avait fait qu'indiquer.

L'astronomie fut appliquée, dans le siècle dernier, à la mesure du temps, à la détermination des latitudes et des longitudes terrestres, au perfectionnement des cartes marines. Enfin, Laplace, dans sa Mécanique céleste , embrassa tons les résultats de la gravitation universelle, traita de l'équilibre et des mouvements des corps sohdes et fluides, et appliqua l'ensemble des théories astronomiques au système solaire et aux systèmes

semblables répandus dans Timmensité des cieuKr Ce beau moùument termine a%'ec gloire le xviii* siècle.

CHAPIÏRE VI.

De la phjsique.

Thaïes, Pythagore et Démocrite paraissent avoir cultivé quelques branches de la physique; on ne possède aucune donnée positive sur l'étendue de leurs découvertes* On sait seulement qu'elles portaient sur la propriété de Taimantj sur la théorie des sons et sur rindivisibilité des molécules élémentaires. Aristote n'envisagea l'étude des corps que d&ns ses rapports avecla métaphysique; Archimède est vraiment le fon-* dateur de cette science dans Fantiquité. Qui n'a entendu parler de ses expériences sur l'équilibre des fluides , de la manière ingénieuse dont il ré' solut le problème de la couronne d'Hiéron, de sa machine hydraulique et des miroirs ardents avec lesquels il embrasa la flotte des Romains au siège de Syracuse ?

La physique fut complètement abandonnée durant tout l'intervalle qui sépare du xvii^siècltr l'époque à laquelle vivait ce grand homme ; et pour renouer, dans cette science, la chaîne des^ découvertes, il faut rapprocher, au-dessus d'un si grand laps de siècles, le nom d' Archimède de ceux du chancelier Bacon et de Galilée. Il y eut cependant un éclair pour sillonner cette nuit profonde : c'est celui que fit luire, dans le xni* siècle, l'esprit inventeur du moine Roger Bacon, qui

composa un traité d'optique, signala les imper' factions du calendrier, et découvrit, dit*on, la poudre à canon.

Galilée ttouve la mécanique du mouTement, la loi de laccélération des corps graves et la mesure du temps par le pendule. Son disciple Toricelli agrandit la théorie du mouvement des eaux, découvre la pesanteur de Tair et invente le baromètre.

Les progrès des sciences physiques sont accélérés par la fondation de la Société royale de Londres et de l'Académie des Sciences de Paris. Descartes cherche les lois générales des mondes; mais voulant tout expliquer par la matière et le mouvement , il admet dans la constitution des corps des configurations et des grandeurs arbi traires, et s'égare jusqu'à feindre ces fameux cou-* rants de matière éthérée, les tourbillons par les^ quels il £ait emporter les planètes. Newton paraît, et les prestiges de l'imagination sont bannis du domaine de la physique ; la grande loi dû monde est trouvée : c'est la gravitation universelle et réciproque des corps. Newton étudie la contexture intime de la lumière, dissèque, pour ainsi dire, le rayon de soleil , et pénètre le secret des couleurs. Il opère ainsi dans l'optique la même révolution qu'il avait faite dans l'astronomie physique.

Otto de Guericke, qui avait inventé la machine «neumatique, observe les étincelles que donnent es corps électrisés. Au commencement du xviii^ siècle , Gray imagine une machine qui met en évidence les phénomènes de l'électricité, et à l'aide de laquelle il recueille et fixe sur des conducteurs isolés ce fluide impondérable. Plus tard, Dufay découvre les principef de rélectri-

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cité accumulée; Muschenbroeck invente la bou* teille de Leyde; Franklin donne la théorie de.<^ deux états électriques et fait descendre la foudre- Tel était l'état de la physique lorsque s'ouvrit le xixe siècle.

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