‹ Génie et métierChapitre 38 sur 64 · Sérénade, XII · texte numérisé non relu

Sérénade, XII

la Foire il ne se dépensât point d'esprit. Arlequin en a, Dieu merci, et il y joint d'assez jolis talents. « Après avoir eu l'honneur de servir le roi sur les galères, il n'a pas plutôt quitté la rame qu'il se jette dans les médailles; c'est-à-dire que, quand il n'a rien à faire, pour se désennuyer, il s'amuse à mettre le portrait du roi sur des pièces de cuivre, qu'il couvre d'argent, et qu'il donne à ses amis pour du pain, du vin, de la viande et autres choses nécessaires l. » Voilà l'original des Valentin, des Pasquin, des Carlin et des Crispin. (Les lundistes de l'époque, les devanciers des Sarcey, Lemaître, Faguet, Doumic, les frères Parfaict écrivent dans le Mercure de 170S à propos d'une scène connue du Légataire universel : « Crispin prend d'abord le nom et la qualité de ce neveu, et par ses manières hautes, brusques et impertinentes, et tirées, d'après les scènes italiennes... 2 ») L'un dicte un faux testament, et, au besoin, met la maison à sac; l'autre en un tournemain soulage un coche embourbé; celuici aide adroitement un oncle à trépasser.

Par trois fois de ma main il a pris l'émétique, Et je n'en donnais pas une dose modique. J'y mettais double charge, afin que par mes soins Le pauvre agonisant en languît un peu moins.

Ils empruntent d'Arlequin son génie; mais ils ont hérité de Pierrot, dans les occasions décisives, je ne sais quel tremblement nerveux qui prête toujours à rire. Ils escomptent le mariage de leur maître; l'heure

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