‹ Génie et métierChapitre 42 sur 64 · Frères Parfaict, XIV · texte numérisé non relu

Frères Parfaict, XIV

il a des quiproquos en réserve, travestissements, batailles de dames, leçons de danse et d'italien, et de la verve, et du panache, et tout ce qui secoue les entrailles des hommes amusables. Enfin si, à la sortie, vous hochez la tête, c'est peut-être qu'on vous a trop dit que Regnard est notre second poêle comique, au lieu de vous apprendre qu'il est notre premier vaudevilliste, — le vaudeville même avant la lettre.

Sans doute la structure, la partie technique de ce vaudeville en cinq actes et en vers est rudimentaire encore, inspirée de la comédie à tiroirs et de l'imbroglio italien. Une faudrarienmoinsqu'unBeaumarchais pour ouvrir les voies à Scribe et à Labiche. Certains critiques, ennemis patentés du vaudeville, n'ont pas l'air de se douter qu'un homme de génie et une révolution sociale furent nécessaires pour atteindre à cette forme déprisée de l'art dramatique. Et Regnard n'imagine pas non plus ce que peut devenir le métier du théâtre entre les mains de l'auteur des Pattes de mouche. Mais il a autre chose, des à-côté de génie, que M. Sardou et consorts ne soupçonnèrent jamais. Or, j'y arrive enfin avec joie. « Cela n'empêche pas, disait le Mercure, qu'on ne doive rendre à M. Regnard la justice qui lui est due, c'est que personne n'a possédé mieux que lui le talent de faire rire, et c'est par là que ses pièces de théâtre sont plus aimées qu'elles ne sont estimées '. » — Pourquoi donc, à cette heure, ce jugement si précis et mesuré en ses termes, et auquel la raison souscrit, me paraît-il sévère et un peu sec, et d'où vient que du bilan de Regnard j'ai

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