‹ Génie et métierChapitre 5 sur 64 · XII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XII AVANT-PROPOS

la découvrir et la produire en pleine lumière, il y faut un génie assez admirable.

Il y faut autre chose, que ce livre a pour objet d'étudier en différents écrivains et à des époques diverses. L'art dramatique est difficile, étant à la fois un art et un métier. Je sais que ce dernier mot offense ceux qui prétendent se passer de la chose. Ceux-là ne se prévalent que de leurs idées : ils sont avantageux. Ce qui m'étonne toujours dans les discussions soulevées à ce propos, c'est le hautain mépris qu'affichent pour le métier dramatique des hommes d'une incontestable originalité, qui affrontent la scène et en abhorrent les lois. Il y a pour eux comme une humiliation à se servir d'une technique nécessaire. Comme si les sculpteurs et les peintres rougissaient de faire leur apprentissage. Tous les arts pittoresques ou plastiques sont soumis à des procédés. Tout ce qui parle aux yeux et aux oreilles ne repose-t-il pas sur un fond de métier? C'est un métier de faire un livre comme de faire une pendule, disait La Bruyère. Pourquoi n'en serait-ce pas un de faire une pièce? Peintres et sculpteurs emploient couramment une expression topique pour caractériser leurs ouvrages : « Ça y est », ou : « Ça n'y est pas. » Au théâtre, ça n'y est jamais, hors de

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