AVANT-PROPOS XIII
certaines conditions essentielles qu'il faut connaître et bon gré mal gré reconnaître. Ce volume débute par une étude du métier de Corneille, où l'on a essayé d'expliquer le Cid et Pohjeucte et autres œuvres estimables, par ces considérations -subalternes.
Oui, j'entends bien qu'aujourd'hui la question est plus haute, même lorsqu'elle est agitée par des dramaturges que le public ne gâte point. Je ne méprise pas le bon vaudeville, ayant pour maxime de ne rien mépriser de ce qui est bon. Mais il faut avouer que depuis Beaumarchais et Scribe, à proportion que la peinture des mœurs a pris une place prépondérante sur la scène, celle des caractères a été souvent trop effacée dans la complication de l'intrigue. Des hommes de talent, trop sûrs de leur adresse, ont glissé sur la pente d'une habileté frivole et des tours de passe-passe. Il est vrai qu'un écrivain fait, à peu près toujours, ce qu'il peut faire, et que ceux qui ont abusé du métier, ils n'avaient point de génie. Les autres en ont usé parce qu'il s'en faut servir, et que de l'illusion théâtrale, qui est le mensonge nécessaire et doux de la vie réelle, dépend le succès des idées, qui est à ce prix. C'est qu'au théâtre l'ennui ne pardonne point. Il y est la pire des invraisemblances. Mais