XIV AVANT-PROPOS
j'ajoute aussitôt que combiner n'est pas composer, et que la mise en œuvre de l'observation profonde demande un autre effort de conception que le jeu des subtiles équivoques ou des quiproquos dextrement filés. On lira plus loin une étude critique des manuscrits originaux de Diane de Lys et du Demi-Monde. On assistera, dans l'intimité de l'écriture première, au labeur opiniâtre d'un dramaturge. Peut-être aurai-je réussi à marquer la différence entre les lois générales de la composition dramatique et les exigences d'une teclmique spéciale, qui en est le point de départ. Je soubaiterais avoir fixé le terme précis, où le métier confine à l'art, à un art scabreux, hérissé d'écueils.
Notre théâtre est en voie de transformation. Plusieurs espèrent que les jeunes écrivains vont rentrer en eux-mêmes, se tourner vers la psychologie et les idées, qui, au fond, sont le tout de l'homme, et se déprendre du spectacle des mœurs changeantes et superficielles, accidents d'un jour, décevantes réalités, qui nous a beaucoup absorbés depuis 1850. Nous avons coutume en France, environ tous les cinquante ans, lorsqu'une période dramatique est terminée, de faire appel à Shakespeare pour condamner l'ouvrage d'hier et célébrer celui du lendemain, et tantôt pour