‹ Génie et métierChapitre 61 sur 64 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

les mêmes; SABINE

PIERRE Le lieutenant Robert, retour de Cochinchine, qui vient nous faire hommage d'un galon.

Sabine, tendant la main à Hubert.

Le lieutenant est charmant, mais l'ami un peu rare. Y a-t-il bien dix-huit mois qu'on ne vous a vu, monsieur l'officier?

ROBERT

Ma foi, ma chère Sabine, le temps m'a para si long, loin de vous, que j'ai renoncé à compter les jours.

SABINE

Mensonge galant, qui a des prétentions au madrigal. Vous êtes pour longtemps à Paris?

Pour deux hivers au moins. J'y suis en garnison.

PIERRE

Et tu dines, n'est-ce pas? Un peu de bleu ciel, à table, n'est pas pour déplaire à Madame, qui est dans son jour de poésie, je t'en préviens.

SABINE

Est-ce ton jour de rancune, à toi?

pierre, prenant des papiers.

De travail. Je vous laisse : car je veux terminer mon chapitre, et j'y vais réfléchir dans un coin.

SABINE

Seul? Aujourd'hui, repose-toi.

PIERRE

Sur vos lauriers?

SABINE

A votre aise. (Elle prend sa ùoUe à ouvrage.)

robert, à part.

Pion!

pierre, bas à Robert.

Tu vois?

ROBERT

Oui.

PIERRE

Tu n'as pas étudié la femme, mon ami. (// sort.)

ROBERT

Non, mon ami. (A part.) Faut-il que je le sois, ton ami, pour n'être pas tenté de compléter mes études! Pourquoi pas? Jusqu'aux points suspensifs, exclusivement.

Page 1